© André Gottschalk
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Édito

Équilibre fragile

Réconcilier des personnes que des conflits ont divisées n'est pas un tâche facile. Mais elle est bien plus noble que de capitaliser sur les divisions.

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Alors que la moitié de la population mondiale s’est rendue aux urnes cette année, force est de constater que la bonne vieille recette populiste consistant à diviser pour mieux régner n’a rien perdu de son efficacité. Mais qu’en est-il des personnes qui cherchent, à l’inverse, à rassembler ? Comment les initiatives qui tentent de jeter des ponts entre des communautés déchirées aboutissent-elles ?

La Britannique Joanna Cynthia Berry n’a pas choisi de mener son combat «contre» l’assassin de son père, mais «avec» lui. De sa main tendue à l’ancien combattant de l’IRA qui avait posé la bombe sont nées non seulement une amitié, mais surtout une envie commune de s’engager en faveur de la réconciliation et de la paix. En Bosnie, les ennemi·e·x·s d’hier trouvent elleux aussi un terrain d’entente. Les maires de deux communes de part et d’autre de la ligne de démarcation entre la République serbe de Bosnie et la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine ont tenté de développer un projet touristique commun.

Pourtant, le spectre de la division n’est jamais très loin. Soit parce que certaines blessures sont trop profondes pour être guéries par un simple gage de bonne volonté, ou parce que des conflits, comme l’agression de l’Ukraine par la Russie ou l’escalade du conflit au Proche-Orient, viennent balayer les efforts patiemment mis en place.

Il est bien plus facile d’appeler à l’unité contre un ennemi commun que de rechercher les éléments sur lesquels bâtir le vivre-ensemble. N’en déplaise aux trumpistes, miléistes ou melonistes convaincu·e·x·s, qu’iels gardent en tête que leur champion·ne a choisi la solution de facilité. Car c’est au contraire parmi les personnes qui aspirent à réunir celleux que tout oppose que se trouvent les plus courageuses.

Jean-Marie Banderet, rédacteur en chef