Deux tiers des Suisse·sse·x·s s’engagent bénévolement. C’est ce que révèle la cinquième mouture d'une étude de la Société suisse d’utilité publique, parue cette année. Ce sont ainsi des milliers de personnes qui mettent chaque année à disposition de leur temps, leurs compétences, leur cœur pour assurer des services indispensables à la vie collective.
Mais leur action soulève également des questions. Ne serait-ce pas à l’État d’assumer ces tâches ? Combien d’énergie et de ressources la société civile peut-elle investir pour combler les lacunes des services publics ?
La Suisse dispose pourtant d’atouts puissants. L’initiative populaire et le référendum permettent à chacun·e·x de faire entendre sa voix, de porter un sujet dans le débat public et, pour autant que suffisamment de personnes suivent, d’obliger l’État à agir. Du moins en théorie. Car transformer une idée en réalité politique demande plus qu’une « bonne cause » : il faut de la persévérance, un réseau, une véritable force de mobilisation.
Récemment, l’Initiative pour l’inclusion l’a bien montré. Des personnes en situation de handicap ont décidé de prendre les choses en main. Fortes d’un large soutien et d’une grande détermination, elles exigeaient une égalité pleine et entière. Le contreprojet du Conseil fédéral vient cruellement rappeler combien le chemin sera difficile. La question du financement suffit à éclipser le débat de fond – et risque de limiter encore des droits pourtant élémentaires.
Une société parfaitement fonctionnelle devrait pouvoir se passer des contributions de bénévoles. Mais en attendant, nous pouvons offrir à ces personnes engagées notre soutien. Ou du moins leur dire merci.
Jean-Marie Banderet, rédacteur en chef