Depuis le premier jour de son second mandat, le président Donald Trump a lancé une attaque implacable contre les droits humains aux États-Unis et dans le monde entier. Il gouverne avec cruauté et fait régner le chaos. Les droits humains sont démantelés, les opinions dissidentes sont réprimées.
Expulsions massives, familles séparées, restrictions en matière d’asile ou détention de migrant·e·x·s : ses décrets ont déchiré des familles et détruit nos communautés. Non seulement la politique du gouvernement viole le droit international relatif aux droits humains, mais elle a également semé la peur et l’insécurité parmi nos voisin·e·x·s, nos familles et les personnes issues de l’immigration.
La fermeture forcée par l’administration Trump des programmes fédéraux pour la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) et la menace de supprimer les fonds destinés aux écoles et universités constituent une attaque directe contre la justice raciale. Contrer ces décisions en justice n’est pas une option. Les politiques anti-transgenres – notamment les décrets exécutifs contre les athlètes – menacent la sécurité et la dignité des personnes transgenres et leur refusent le droit de vivre librement et sans discrimination.
La répression des manifestations pacifiques par l’administration Trump, en particulier dans les universités, s’est transformée en une véritable attaque contre la liberté d’expression, en particulier pour les immigrant·e·x·s. Les manifestations estudiantines contre le génocide en cours à Gaza ont été accueillies par des arrestations et des menaces d’expulsion. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Mahmoud Khalil, un jeune diplômé palestinien de l’Université Columbia. Malgré son statut de résident permanent légal, il a été emprisonné et risque désormais l’expulsion. Un précédent qui démontre que touxtes celleux qui osent exprimer leur opinion sont menacé·e·x·s.
«L’administration Trump sape les institutions et les règles mondiales créées pour protéger les personnes les plus marginalisées.»
Paul O’Brien, directeur général d’Amnesty International États-Unis
La liberté de la presse est également mise à mal : les journalistes sont persécuté·e·x·s, leur accès à la Maison-Blanche est restreint, et les médias qui ne partagent pas l’opinion de Donald Trump sont même poursuivis en justice.
Le système international des droits humains subit lui aussi une érosion et se retrouve affaibli. Lorsque les États-Unis tournent le dos aux droits humains, les répercussions se font sentir dans le monde entier. Du retrait du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à la réduction de l’aide étrangère vitale fournie par l’USAID, en passant par les sanctions contre la Cour pénale internationale, l’administration Trump sape les institutions et les règles mondiales créées pour protéger les personnes les plus marginalisées. Le retrait de l’accord de Paris sur le climat était non seulement imprudent, mais aussi un coup dur pour des millions de personnes qui souffrent déjà de la famine, de la pauvreté et des déplacements liés au climat. Le retrait de l’Organisation mondiale de la santé et la réintroduction de la « règle du bâillon mondial » – qui interdit le financement d’entités qui pratiquent l’avortement – font passer l’idéologie avant le droit humain à la santé.
Nous savons que tout cela n’a pas commencé avec Trump. Mais il est clair que son gouvernement a donné un élan à un mouvement mondial contre les droits humains en lui conférant une certaine légitimité.
Retrouvez l'entretien avec le directeur de la section américaine d'Amnesty après les 100 premiers jours de la présidence Trump dans l'épisode du 8 mai dernier du podcast canadien In Bed with the Elefant.
→ Écouter l'épisode sur Spotify (en anglais, 30 Min).
Amnesty International a toujours relevé les défis les plus importants dans le domaine des droits humains. Nous continuerons à le faire. Aucun chef d’État ni aucun gouvernement n’est au-dessus de toute critique. Aux États-Unis, nous sommes fier·ère·x·s de poursuivre notre travail pour documenter et dénoncer les abus et oeuvrer pour le changement à travers l’activisme dans la rue, la formation de coalitions et la solidarité avec nos homologues de part et d’autre du monde.
Nous avons ainsi lancé la campagne Dismantle the mass deportation machine (Démantelons la machine à expulser), dans laquelle nous appelons nos sympathisant·e·x·s à envoyer des lettres aux membres du Congrès afin qu’iels s’opposent au demi-milliard de dollars prévu pour financer la poursuite de la politique d’immigration xénophobe du président Trump.
Nous souhaitons également inonder ces mêmes boîtes aux lettres pour demander au Congrès de revenir sur la décision prise par Elon Musk de fermer l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et d’autres programmes d’aide proposés par le Ministère des affaires étrangères. La fermeture de l’USAID est non seulement préjudiciable aux populations du monde entier, mais elle est également illégale sans la validation par le Congrès.
«Le soutien et la coopération avec le mouvement mondial d’Amnesty International sont essentiels pour nous afin de protéger les droits humains aux États-Unis.»
Paul O’Brien
En outre, la section américaine a lancé en avril, en collaboration avec l’association American Civil Liberties Union, une campagne destinée aux étudiant·e·x·s des collèges et universités afin de protéger leurs campus contre les attaques du gouvernement Trump contre la liberté d’expression, la liberté académique et les environnements d’apprentissage inclusifs.
Nous défendons les immigrant·e·x·s détenu·e·x·s illégalement dans des centres de détention en vue de leur expulsion et soutenons leurs familles. Nous nous battons également pour les droits d’autres minorités, telles que les personnes LGBTQIA+. Et plus que jamais, nous nous sentons tenu·e·x·s de critiquer les conséquences de la politique étrangère américaine. Nous exigeons ainsi du gouvernement qu’il mette fin aux livraisons d’armes à Israël et qu’il assure la protection des civil·e·x·s à Gaza et au Soudan.
La tâche est immense, mais absolument nécessaire. C’est pourquoi le soutien et la coopération avec le mouvement mondial d’Amnesty International sont essentiels pour nous afin de protéger les droits humains aux États-Unis, mais aussi pour contrer les conséquences de la politique américaine dans le monde entier.
Soyons courageux. Continuons à faire entendre notre voix. Continuons à faire la lumière sur les injustices, où qu’elles se produisent. Nous sommes solidaire·x·s et uni·e·x·s avec les membres d’Amnesty International dans le monde entier. C’est ainsi que nous protégerons les droits humains pour touxtes, partout dans le monde.
Ensemble, nous pouvons y arriver.