Il est inquiétant de noter que certains États rétablissent la peine de mort au nom de la guerre contre le terrorisme. C’est le cas du Pakistan, qui a repris les exécutions suite au terrible massacre commis par les talibans dans une école de Peshawar. L’an dernier, 326 personnes ont été exécutées dans ce pays. Le Pakistan, l’Iran et l’Arabie Saoudite sont largement responsables de la hausse alarmante des exécutions l’an dernier.
Toutefois, certains États poursuivent petit à petit leur marche vers l’abolition de la peine capitale. C’est le cas des États-Unis, où 28 personnes ont été exécutées en 2015, le chiffre le plus faible depuis 1991. Le nombre de condamnations à mort (52) a également été le plus faible jamais enregistré depuis 1977. Et l’État de Pennsylvanie a imposé un moratoire sur les exécutions, portant à 18 le nombre d’États américains ayant entièrement aboli la peine de mort.
Voilà qui réjouit le dessinateur Patrick Chappatte et la journaliste Anne-Frédérique Widmann, qui ont réalisé le projet «Fenêtres sur les couloirs de la mort». Ils ont passé un an à rendre visite à des détenus condamnés à mort dans différents États américains et organisé des ateliers de dessin en lien avec ce projet. Ils en ont rapporté une exposition bouleversante, qui croise les dessins poignants des détenus avec ceux de caricaturistes célèbres. Une exposition à voir absolument, jusqu’au 8 mai, à la Maison du dessin de presse à Morges.
Lors de la présentation de leur réalisation dans le cadre du Festival du film sur les droits humains, à Genève, Patrick Chappatte et Anne-Frédérique Widmann avaient invité un homme au destin exceptionnel, Ndume Olatushani, condamné à mort pour un crime qu'il n'avait pas commis et libéré de prison après 28 ans de détention au Tenessee. Ndume parle aujourd’hui sans haine ni rancune de ce qu’il a vécu : enfermé dans une cellule minuscule, à l’isolement 23 heures sur 24, condamné parce qu’il avait le malheur d’être noir et pauvre.
Son témoignage vaut tous les discours contre la peine de mort. Il nous rappelle que des personnes innocentes sont condamnées à la peine de mort, mais aussi que personne, quel que soit le crime qu’il a commis, ne devrait subir ce châtiment cruel.