Ibtissame «Betty» Lachgar
Ibtissame «Betty» Lachgar © Droits réservés (Insta)
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Urgent Action − Maroc

Une défenseure des droits des LGBTQIA+ incarcérée pour s’être exprimée pacifiquement

La féministe et défenseure des droits des personnes LGBTQIA+ Ibtissame «Betty» Lachgar purge une peine de 30 mois d’emprisonnement après avoir été déclarée coupable d’«atteinte à l’islam», parce qu’elle a publié sur les réseaux sociaux une photo d’elle portant un T-shirt avec le slogan «Allah est lesbienne». La police marocaine a arrêté Ibtissame Lachgar le 10 août 2025 et un procureur a ordonné son placement en détention provisoire dans l’attente d’une enquête sur des accusations d’atteinte à la religion islamique ou à des symboles sacrés. Le 3 septembre, le tribunal de première instance de Rabat l’a déclarée coupable au titre de l’article 267-5 du Code pénal marocain, qui érige en infraction d’atteinte à la religion islamique ou à des symboles sacrés au moyen de publications, y compris par voie électronique. Elle a été condamnée à une peine de deux ans et demi de prison, assortie d’une amende de 50'000 dirhams (environ 4'600 euros). Le 8 octobre, la Cour d’appel de Rabat a confirmé sa déclaration de culpabilité et sa condamnation.

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Défendez les droits d'Ibtissame «Betty» Lachgar: envoyez une lettre d'appel par poste, X/Twitter ou fax.
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Agir jusqu'au 12 juin 2026

Modèles de lettre

Adresses

Chef du gouvernement Aziz Akhannouch
Palais Royal Touarga
Rabat 10070,
Maroc
Fax: +212 53 7771010
Twitter: @ChefGov_m

Copies à 

Ministre de la Justice
Abdellatif Ouahbi
E-mail: contact@justice.gov.ma

Mme Amina Bouayach
Presidente du conseil national des droit de l’homme
E-mail: CNDH@CNDH.org.ma

Ambassade du Royaume du Maroc
Helvetiastrasse 42
3005 Berne
Fax: 031 351 03 64
E-mail: ambmaroc.berne@maec.gov.ma

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Message suggéré:
Ibtissame Lachgar, condamnée à 30 mois de prison, est harcelée pour avoir simplement exercé pacifiquement sa liberté d'expression. Les autorités marocaines doivent mettre fin aux représailles et annuler sa condamnation. #SoutienBetty #Maroc #LibérezBetty #Morocco FreeBetty

Ibtissame Lachgar, sentenced to 30 months in prison, is being harassed simply for peacefully exercising her freedom of expression. Moroccan authorities must end reprisals and quash her sentence. #SoutienBetty #Morocco FreeBetty

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Plus d'info

Le 31 juillet 2025, Ibtissame Lachgar a publié sur X/Twitter une photo d’elle portant un T-shirt avec l’inscription «Allah est lesbienne». La légende accompagnant cette photo comportait des propos critiques à l’égard de l’islam et d’autres religions, les décrivant comme des systèmes qui renforcent les structures patriarcales et misogynes. Peu après, cette publication est devenue virale et Ibtissame Lachgar a déclaré recevoir des menaces de mort et de viol, et être victime de harcèlement. La campagne en ligne la ciblant a amplifié les demandes en faveur de son arrestation.

Le 10 août 2025, la police l’a interpellée à Rabat et un procureur a annoncé qu’elle était placée en garde à vue aux fins de l’enquête. Elle a alors été inculpée par le tribunal de première instance de Rabat d’«atteinte à l’islam» et placée en détention provisoire. Ses avocats ont demandé sa libération provisoire dans l’attente du procès, requête qui a été rejetée. Ibtissame Lachgar a donc été maintenue en détention.

Le 3 septembre, le tribunal de première instance de Rabat l’a déclarée coupable au titre de l’article 267-5 du Code pénal, qui érige en infraction d’atteinte à la religion islamique ou à des symboles sacrés au moyen de publications, y compris par voie électronique. Elle a été condamnée à une peine de deux ans et demi de prison, assortie d’une amende de 50'00 dirhams (environ 4'600 euros). Le 8 octobre, la Cour d’appel de Rabat a confirmé sa déclaration de culpabilité et sa sentence.

Sa condamnation s’inscrit dans le cadre d’une politique plus générale, qui consiste à invoquer l’article 267-5 pour criminaliser toute critique pacifique de la religion. Ces dispositions vagues qui criminalisent l’expression pacifique et les poursuites qui en découlent ne sont pas compatibles avec les obligations incombant au Maroc en vertu du droit international relatif aux droits humains, notamment de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a déclaré que, sauf dans des circonstances très limitées, «les interdictions des manifestations de manque de respect à l’égard d’une religion ou d’un autre système de croyance, y compris les lois sur le blasphème, sont incompatibles avec le Pacte».

Ibtissame Lachgar souffre d’un cancer des os et fait face à de graves complications de santé: elle risque notamment de perdre l’usage de son bras gauche. Elle a besoin d’urgence d’une intervention chirurgicale qui n’est pas pratiquée au Maroc. Ibtissame Lachgar vivait en France et y suivait son traitement avant d’être arrêtée au Maroc où elle séjournait au mois d’août. Les autorités ont rejeté ses multiples demandes de libération provisoire pour raisons médicales, bien que les médecins aient attesté de la gravité de son état.

Elle est actuellement incarcérée à la prison d’El Arjat, près de Rabat. Son avocat a confirmé à Amnesty International qu’elle est détenue à l’isolement depuis son arrestation, dans le cadre de ce que l’administration pénitentiaire nomme une «détention à des fins de protection». Les autorités carcérales assurent qu’Ibtissame Lachgar pourrait être prise pour cible par d’autres prisonnières susceptibles de considérer le motif de son incarcération comme offensant. Par ailleurs, son avocat a également confirmé qu’Ibtissame Lachgar et son équipe de défense n’avaient pas demandé de mesures de protection.

Ibtissame Lachgar est enfermée dans une cellule toute seule, n’a pas le droit d’interagir avec les autres prisonnières et ne peut pas sortir dans la cour en même temps que les autres. Son avocat a ajouté qu’elle souffre de cet isolement, tant sur le plan physique que psychologique, car elle a besoin d’aide pour les tâches ménagères en raison de son état de santé.

En détail

Numéro UA:
Date de parution | Actualisé le:
Index:
UA 103/25
12.12.2026 | -
MDE 29/0564/2025
Participation prévue jusqu'au: 12 juin 2026
Action urgente complète (Word): français
english
Modèle de lettre uniquement (Word): français
english

Étant donné que les situations peuvent changer, veuillez vérifier avant d'envoyer votre lettre si la campagne de lettres est toujours active.

English version

Feminist and LGBTI* rights activist imprisoned for peaceful expression

Moroccan feminist and LGBTI* rights defender, Ibtissame («Betty») Lachgar, is serving a 30-month pris-on sentence after being convicted of «causing harm to Islam» for posting on social media a photograph of herself wearing a T-shirt bearing the slogan «Allah is lesbian». Moroccan police arrested Ibtissame Lachgar on 10 August 2025 and a prosecutor ordered her pre-trial detention pending investigation on accusations of «intentional insult to Islam or sacred symbols». On 3 September 2025, the Rabat First-Instance Court found her guilty under Article 267-5 of the Moroccan Penal Code, which criminalizes «intentional insult to Islam or sacred symbols» via publications, including online. She was sentenced to two and a half years’ imprisonment and a fine of 50’000 dirhams (approximately 5’500 USD). On 8 October 2025, the Rabat Court of Appeal upheld the conviction and sentence.

On 31 July 2025, Ibtissame Lachgar posted on X a photo wearing a black T-shirt reading «Allah is lesbian». In the accompanying caption, she wrote critical remarks about Islam and other religions, describing them as systems that reinforce patriarchal and misogynistic structures. Shortly after the post went viral, Lachgar reported receiving death threats, rape threats, and harassment. An online campaign against her amplified calls for her arrest.

On 10 August 2025, police arrested Ibtissame Lachgar in Rabat, a prosecutor announced that she was placed in police custody for investigation. She was then charged by the Rabat First Instance Court with «causing harm to Islam» and was placed under pre-trial detention. Her lawyers sought her provisional release pending trial, but the authorities refused and kept her detained.

On 3 September 2025, the Rabat First-Instance Court found her guilty under Article 267-5 of the Penal Code, which criminalizes «intentional insult to Islam or sacred symbols» via publications, including online. She was sentenced to two and a half years’ imprisonment and a fine of 50’000 dirhams (approximately 5’500 USD). On 8 October 2025, the Rabat Court of Appeal upheld the conviction and sentence.

Lachgar’s conviction is part of a broader pattern in which Article 267-5 is used to criminalise peaceful criticism of religion. Such broad provisions that criminalize peaceful speech and the prosecutions that ensue from them are incompatible with Morocco’s obligations under international human rights law, namely Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR).

The United Nations Human Rights Committee stated that, except in very limited circumstances, «prohibitions of displays of lack of respect for a religion or other belief system, including blasphemy laws, are incompatible with the Covenant».

Lachgar is a bone cancer survivor and faces serious medical complications, including a risk of losing the use of her left arm. She is in urgent need of a surgery that is not available in Morocco. Lachgar used to live in France and was undergoing treatment there until her arrest during her visit to Morocco in August. Authorities have denied multiple requests for provisional release on medical grounds, despite doctors’ reports documenting the severity of her condition.

Lachgar is currently detained in El Arjat Prison, near Rabat. Her lawyer confirmed to Amnesty International that she has been held in solitary confinement since her detention under what the prison administration claims to be «protective custody». They claim that Lachgar could be targeted by other prisoners who might consider the reason for her conviction to be offensive. The lawyer also confirmed to Amnesty international that Ibtissame and her defense team did not request protection measures.

She is held in a cell by herself; she is not allowed to interact with any of the other prisoners and cannot go out to the yard at the same time as the others. Her lawyer told Amnesty that Lachgar is suffering from this isolation mentally and physically as she needs assistance with chores because of her health condition.

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Please take action before 12 June 2026.

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