© Amnesty International / extrait du graphique pour les réseaux sociaux (voir ci-dessous)
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Égypte – Action lettre

La militante Marwa Arafa injustement incarcéré pour de fausses accusations de terrorisme

Marwa Arafa, défenseure égyptienne des droits humains et traductrice, est détenue arbitrairement depuis près de six ans, uniquement en raison de ses activités militantes, notamment en soutien aux proches des détenu·e·s. En décembre 2024, le service du procureur général de la sûreté de l'État l’a renvoyée devant le tribunal pénal du Caire pour des accusations forgées de toutes pièces, c’est-à-dire avoir rejoint et financé une organisation terroriste. Sa santé s’est fortement dégradée en prison.

Les autorités égyptiennes doivent libérer immédiatement et sans condition Marwa Arafa, et abandonner toutes les charges retenues contre elle, car elle est détenue uniquement pour avoir exercé ses droits humains.

Le 20 avril 2020, les forces de sécurité ont arrêté Marwa Arafa dans son appartement au Caire, sans présenter de mandat d’arrêt, et l’ont ensuite soumise à une disparition forcée pendant 14 jours. Marwa Arafa a été arrêtée devant sa fille qui avait deux ans à l’époque, provoquant un grave traumatisme chez la fillette.  Malgré cela, les autorités lui refusent les soins médicaux dont elle a besoin. 

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Marwa Arafa, traductrice, est une militante des droits humains qui apportait un soutien aux proches des personnes détenues pour des raisons politiques. Son action englobait le fait d’aider les familles à prendre en charge les coûts des visites dans les prisons. Elle était également impliquée dans la défense des droits de l’enfant. Marwa Arafa a été arrêtée devant sa fille de deux ans, qui a par la suite été diagnostiquée comme souffrant de troubles du spectre autistique. Son incarcération inique prive sa fille de la présence de sa mère et de ses bons soins.

La première audience devant la chambre spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal pénal du Caire s’est déroulée le 6 juillet 2025, après plus de cinq années de détention provisoire arbitraire. Selon l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), organisation indépendante de défense des droits humains, le tribunal a reporté l’audience au 18 octobre 2025, afin de permettre aux avocats de prendre connaissance du dossier. Ses avocats n’avaient en effet pas eu accès à son dossier depuis le début de l’enquête jusqu’à la première audience. Lors de l’audience du 18 octobre, Marwa Arafa est apparue au tribunal dans un état de fatigue visible, souffrant d’une détresse respiratoire marquée. Le juge présidant le tribunal a ajourné l’audience au 20 décembre 2025, faisant droit à la demande de la défense d’interroger et de procéder au contre-interrogatoire des témoins de l’accusation. Le 20 décembre, le tribunal a interrogé les témoins de l’accusation, à savoir les policiers impliqués dans les investigations concernant son affaire. L’audience a été ajournée au 15 février 2026 afin d’interroger les derniers témoins de l’accusation. Amnesty International a fait part à plusieurs reprises de ses préoccupations quant aux violations du droit à un procès équitable dans les procédures engagées par les chambres spécialisées dans les affaires de terrorisme, notamment les violations du droit à une audience équitable et publique devant un tribunal compétent, impartial et indépendant, ainsi que du droit à une défense adéquate et du principe de l'égalité des armes.

Marwa Arafa a été incarcérée à la prison pour femmes d’Al Qanater d’avril 2020 jusqu’à son transfert à la prison du Dixième jour de ramadan en juillet 2023. Selon les informations recueillies par Amnesty International, des responsables de l'administration pénitentiaire d’Al Qanater ont refusé d’intervenir lorsqu’elle a subi des violences de la part d’autres prisonnières et ont plusieurs fois rejeté ses demandes de travailler dans les ateliers de la prison en échange d'une rémunération financière. Depuis août 2025, les autorités de la prison du Dixième jour de ramadan refusent à Marwa Arafa le droit de faire de l’exercice quotidiennement, en violation des règlementations carcérales égyptiennes et des normes internationales relatives au traitement des prisonniers. Selon le médecin indépendant consulté par sa famille, l’exercice quotidien est essentiel pour prévenir la formation de caillots de sang et une nouvelle dégradation de son état de santé.

En août 2025, Marwa Arafa a développé une embolie pulmonaire, qui n’a été résorbée que grâce à des injections d’anticoagulants. Les examens qui ont suivi ont détecté un problème cardiaque nécessitant de nouveaux tests et examens en vue de déterminer si elle a besoin d’un cathétérisme cardiaque ou d’un traitement à base de médicaments, comme l’a préconisé un médecin indépendant consulté par la famille. Les autorités carcérales continuent de refuser les demandes de sa famille concernant son transfert vers des hôpitaux extérieurs afin qu'elle puisse bénéficier du diagnostic et du traitement adéquats.

Selon les informations recueillies par Amnesty International, les autorités pénitentiaires de la prison du Dixième jour de ramadan empêchent Marwa Arafa de poursuivre ses études de troisième cycle et de passer ses examens. Depuis 2023, sa famille a déposé de multiples requêtes demandant la permission aux services du procureur et aux autorités pénitentiaires de lui permettre de les passer. Les responsables de la prison du Dixième jour de ramadan ont rejeté toutes ces demandes.

• Passez à l'action !

Défendez les droits de Marwa Arafa et envoyez une lettre d'appel → par courrier, X/Twitter / Facebook ou fax et postez dans les réseaux sociaux – à la ou aux personnes cibles désignées (= voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX).

→ Délai pour prendre action: 6 juin 2026.
→ Veuillez écrire en arabe, anglais ou dans votre propre langue.

Modèle de lettre - français ›

Monsieur le Procureur,

Je vous écris afin d’exprimer mes vives préoccupations au sujet de la détention arbitraire prolongée de la défenseure des droits humains Marwa Arafa, 33 ans, maintenue en détention provisoire depuis près de six ans, uniquement pour avoir exercé ses droits fondamentaux, notamment en apportant un soutien aux familles de personnes détenues pour des raisons politiques.

Le 20 avril 2020, les forces de sécurité ont fait une descente au domicile de Marwa Arafa, à Nasr City, au Caire, et l’ont arrêtée devant sa fille de deux ans, provoquant un grave traumatisme chez la fillette, aggravé par l’incarcération prolongée de sa mère. Les forces de sécurité ont soumis Marwa Arafa à une disparition forcée pendant 14 jours, tandis que sa famille recherchait désespérément des informations sur le lieu où elle se trouvait et le sort qui lui avait été réservé, en faisant notamment appel aux services du procureur et au ministre de l'Intérieur. Le 4 mai 2020, elle a comparu devant le service du procureur général de la sûreté de l'État, dans le cadre de l’affaire n° 570, et a été interrogée au sujet d’accusations infondées: avoir «rejoint un groupe terroriste et financé le terrorisme». Depuis, la détention provisoire de Marwa Arafa a été renouvelée en violation de la législation égyptienne, qui fixe une limite maximale de deux ans. En décembre 2024, elle a été déférée devant les tribunaux aux côtés de 38 personnes pour des accusations de terrorisme forgées de toutes pièces, découlant de ses activités militantes pacifiques. Ses droits à un procès équitable ont été bafoués, notamment son droit à une défense adéquate. Les autorités carcérales de la prison du Dixième jour de ramadan lui refusent la possibilité de communiquer avec son avocat. Sa prochaine audience a été fixée au 15 février 2026.

L’état de santé de Marwa Arafa s’est fortement détérioré à la suite de son incarcération inique. Selon sa mère, en août 2025, elle a souffert d’une embolie pulmonaire en raison de la chaleur extrême et d’une anémie sévère. Elle n’était pas en mesure de se déplacer toute seule et souffrait de difficultés respiratoires. Malgré cela, elle a été renvoyée dans sa cellule, après une seule nuit passée à la clinique de la prison, sans que son diagnostic et son traitement ne soient finalisés. Selon un médecin indépendant consulté par sa famille, Marwa Arafa a besoin d’un échodoppler cardiaque et d’une échographie, et ces examens ne peuvent pas être réalisés à la clinique de la prison. Le service du procureur général de la sûreté de l'État a rejeté les multiples demandes de sa famille et de son avocat quant à son transfert vers un établissement médical approprié en dehors de la prison.

Je vous demande de libérer immédiatement et sans condition Marwa Arafa, et d’abandonner toutes les charges retenues contre elle, car elle est détenue uniquement pour avoir exercé ses droits humains. En attendant sa libération, elle doit être détenue dans des conditions conformes aux normes internationales relatives au traitement des prisonniers et avoir accès à des soins de santé adéquats, y compris dans des hôpitaux extérieurs si nécessaire, et pouvoir s’entretenir avec sa famille et ses avocats.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de ma très haute considération.
 

Model letter - english ›

Dear Counsellor,

I write to express my grave concern over the prolonged arbitrary detention of human rights activist Marwa Arafa, aged 33, who has been in pre-trial detention for nearly six years solely for exercising her human rights, including providing support for families of individuals detained for political reasons.

On 20 April 2020, security forces raided Marwa Arafa’s house in Nasr City, Cairo, and arrested her in front of her then two-year-old daughter, causing her child significant trauma, compounded by her mother’s prolonged imprisonment. Security forces forcibly disappeared her for 14 days while her family desperately sought information about her fate and whereabouts, including by appealing to the Public Prosecutor and Minister of Interior. On 4 May 2020, she appeared before the SSSP in Case No.570 and was interrogated on unfounded accusations of «joining a terrorist group and financing terrorism». Since then, Marwa Arafa’s pre-trial detention was renewed in contravention to Egyptian law, which sets a two-year limit for pre-trial detention. In December 2024, Marwa Arafa was referred to trial along with 38 others on bogus terrorism-related charges, stemming from her peaceful activism. Her rights to a fair trial have been violated, including her right to adequate defence. Prison authorities in 10th of Ramadan prison are denying her access to her lawyer. Her next hearing is scheduled for 15 February 2026.

Marwa Arafa’s health has gravely deteriorated following her unjust imprisonment. According to her mother, in August 2025, she suffered from a pulmonary embolism due to extreme heat and severe anaemia. She was unable to move independently and was experiencing breathing difficulties. Despite this, authorities returned her to her cell after only one night at the prison hospital, without completing her diagnosis and treatment. According to an independent doctor consulted by the family, she needs a Cardiac Doppler ultrasound and contrast imaging, which are not available at the prison hospital. Multiple requests from her family and lawyer to transfer her to an appropriate medical facility outside prison were rejected by the SSSP.

I urge you to immediately and unconditionally release Marwa Arafa and drop all charges against her, as she is detained solely for exercising her human rights. Pending her release, she must be held in conditions meeting international standards for the treatment of prisoners and granted access to adequate healthcare, including in outside hospitals, if necessary, as well as her family and lawyers.

Yours sincerely,
 

Guide Réseaux sociaux (Social Media) ›

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https://x.com/AmnestyMENA/status/2009671515294384317
 
Marwa Arafa, Egyptian human rights activist and translator, has been arbitrarily detained for nearly six years solely in relation to her activism, including supporting relatives of detainees. In December 2024, the Supreme State Security Prosecution (SSSP) referred her to trial before the Cairo Criminal Court on bogus charges of joining and financing a terrorist organization. On 20 April 2020, security forces arrested Marwa Arafa from her apartment in Cairo without presenting an arrest warrant; and subsequently subjected her to enforced disappearance for 14 days. Marwa Arafa was arrested in front of her then 2-year-old daughter, causing her child significant trauma. Marwa Arafa’s health has severely deteriorated in prison. Despite this, authorities are refusing her the medical care she needs. Egyptian authorities must immediately and unconditionally release Marwa Arafa and drop all charges against her as she is detained solely for exercising her human rights.
 
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Adresses ›

Procureur:
Public Prosecutor Mohamed Shawky Ayyad
Office of the Public Prosecutor
Madinat al-Rehab
Cairo
Arab Republic of Egypt
Fax: +202 2577 4716
Twitter/X: @EgyptianPPO
Facebook: https://www.facebook.com/ppo.gov.eg

COPIES À

Ambassade de la République Arabe d’Egypte
Elfenauweg 61
3006 Berne
Fax: 031 352 06 25
E-mail: eg.emb.bern@gmail.com
Facebook: https://www.facebook.com/eg.bern.embassy/



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CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (WORD):
(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
•  UA 001/26 – FRANÇAIS
•  UA 001/26 – ENGLISH


→ Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
→ Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici


English version (click on title to open):

Unjustly jailed activist tried on bogus terrorism charges ›

Marwa Arafa, Egyptian human rights activist and translator, has been arbitrarily detained for nearly six years solely in relation to her activism, including supporting relatives of detainees. In December 2024, the Supreme State Security Prosecution (SSSP) referred her to trial before the Cairo Criminal Court on bogus charges of joining and financing a terrorist organization. On 20 April 2020, security forces arrested Marwa Arafa from her apartment in Cairo without presenting an arrest warrant; and subsequently subjected her to enforced disappearance for 14 days. Marwa Arafa was arrested in front of her then 2-year-old daughter, causing her child significant trauma. Marwa Arafa’s health has severely deteriorated in prison. Despite this, authorities are refusing her the medical care she needs. Egyptian authorities must immediately and unconditionally release Marwa Arafa and drop all charges against her as she is detained solely for exercising her human rights.

Marwa Arafa is a translator and human rights defender who provided support for family members of individuals detained for political reasons. Her assistance encompassed helping families with the costs of prison visits. She was also involved in advocating for children’s rights. She was arrested in front of her then two-year-old daughter who was later diagnosed with being on the autism spectrum. Marwa Arafa unjust imprisonment deprives her daughter of her mother’s presence and care.

Marwa Arafa’s first trial session in front of the terrorism circuit of the Cairo Criminal Court was held on 6 July 2025 after over five years of pre-trial arbitrary detention. According to the Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR), an independent human rights organization, the court postponed the hearing to 18 October 2025 to enable the lawyers to review the casefile. Her lawyers had been denied access to her casefile from the investigation stage until after the first court hearing. During the hearing on 18 October 2025, Marwa Arafa appeared in court in a state of visible fatigue with marked respiratory distress. The presiding judge adjourned the hearing to 20 December 2025 based on the defence’s request to question and cross examine prosecution witnesses. On 20 December 2025, the court questioned prosecution witnesses namely policemen involved in investigations in her case. The session was adjourned to 15 February 2026 to question the remaining prosecution witnesses. Amnesty International has repeatedly raised concerns about fair trial violations in proceedings by terrorism circuits, including violations to the right to a fair and public hearing by a competent, impartial and independent tribunal and the right to adequate defence and equality of arms.

Marwa Arafa was detained in Al-Qanater women’s prison from April 2020 until her transfer to 10th of Ramadan prison in July 2023. According to information gathered by Amnesty International, Al-Qanater prison officials refused to intervene when she was subjected to abuse by other prisoners and repeatedly denied her requests to work in prison workshops in return for financial remuneration. Since August 2025, 10th of Ramadan prison authorities have been denying Marwa Arafa her right to daily exercise, in contravention to Egyptian prison regulations and international standards on the treatment of prisoners. According to an independent doctor consulted by her family, daily exercise is critical for her to prevent future blood clots and a further degradation of her health.

In August 2025, Marwa Arafa suffered from pulmonary embolism, which was resolved after anticoagulant injections. Subsequent examinations revealed a heart condition requiring further diagnostic tests to determine whether she requires cardiac catheterization or medication-based treatment as assessed by an independent doctor consulted by her family. Prison authorities continue to deny her family’s requests to transfer her to outside hospitals to complete the necessary diagnosis and treatment.

According to information gathered by Amnesty International, 10th of Ramadan prison authorities have also been preventing Marwa Arafa from continuing her postgraduate studies and sitting her exams. Since 2023, her family has filed repeated petitions requesting permission from the Public Prosecution and prison authorities for her to sit the exams. All requests were rejected by officials at 10th of Ramadan Prison.

 

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Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
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→ Please take action before 6 June 2026.
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