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Le 24 janvier, les avocat·e·s spécialistes des droits humains Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha ont été condamnés à des peines de 10 ans d’emprisonnement pour des accusations de «cyberterrorisme» et diffusion de «fausses informations», en raison de leurs publications sur la plateforme de réseaux sociaux X, au motif qu’ils ont exprimé leur solidarité avec des militant·e·s baoutches et pachtounes et critiqué l’armée pakistanaise. Arrêtés le 23 janvier, ils sont toujours incarcérés à la prison d’Adila, à Rawalpindi. Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha sont des avocats renommés qui ont défendu les droits de très nombreuses personnes et sont ciblés uniquement parce qu’ils promeuvent et œuvrent en faveur des droits humains au Pakistan.
Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha ont été soumis à une détention arbitraire et ont fait l’objet de poursuites pénales à de multiples reprises ces dernières années en raison de leur travail en faveur des droits humains. Imaan a été arrêtée pour des accusations de terrorisme après avoir pris la parole lors d’un rassemblement du Mouvement de protection pachtoune (PTM), en août 2023. Elle a été libérée sous caution une semaine plus tard. En octobre 2024, Imaan et Hadi ont été arrêtés pour des accusations de terrorisme, pour avoir enlevé des barrages érigés par la police lors d’une visite de l’équipe internationale de cricket à Islamabad. Ils ont été relâchés quelques jours plus tard. Une plainte a été déposée à leur encontre en août 2025 en vertu de la Loi relative à la prévention de la cybercriminalité, pour des tweets soi-disant «hostiles à l’État»; des mandats d’arrêt ont alors été décernés à leur encontre. Tous deux se sont vus accorder une libération sous caution dans l’attente de leur arrestation, mais Hadi Ali Chattha a été brièvement arrêté le 29 octobre 2025 dans le cadre de cette affaire. Le 15 janvier 2026, le tribunal a annulé la libération sous caution d’Imaan et de Hadi, Imaan ayant présenté une demande d'excuse pour son absence à l'audience, due à une maladie. Le 16 janvier, il a ordonné leur interpellation dans les 24 heures. Ils se sont vus accorder une libération sous caution le 19 janvier, mais d’autres chefs d’inclupation ont été portés à leur encontre par le biais d’un procès-verbal introductif inconnu jusqu'alors, en date de juillet 2025, en lien avec une manifestation organisée par le Comité Baloch Yakjehti (BYC), à Islamabad. Ils ont bénéficié d’une liberté sous caution avant leur arrestation le 21 janvier. Cependant, ils ont été arrêtés alors qu’ils se rendaient au tribunal le 23 janvier pour une affaire liée à une manifestation d’avocats en septembre 2025. Juste avant leur condamnation le 24 janvier, Imaan a informé le tribunal par visioconférence qu’elle était privée de nourriture et d’eau, et avait boycotté les audiences en raison des mauvais traitements subis en détention. Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha ont été condamnés à cinq ans de prison pour «glorification d’une infraction», 10 ans pour «cyberterrorisme» et deux ans pour diffusion d’«informations fausses et mensongères» en vertu de la Loi relative à la prévention de la cybercriminalité.
Tous deux sont avocats spécialistes des droits humains : Imaan Mazari a 32 ans et est originaire d’Islamabad, tandis que Hadi Ali Chattha a 33 ans et est originaire de Multan. Ils se sont mariés en 2023. Imaan et Hadi défendent des victimes de la répression étatique depuis des années, en particulier des journalistes ciblés en vertu des lois pakistanaises relatives à la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité, des victimes accusées au titre des lois sur le blasphème et des victimes de disparitions forcées. En juin 2025, Imaan a reçu le prix «Jeune Inspiration» du Forum mondial de l'expression.
Les autorités pakistanaises mènent une vaste répression de la liberté d’expression. Depuis l’adoption de la Loi relative à la prévention de la cybercriminalité en 2016, de très nombreux journalistes, défenseur·e·s des droits humains et membres et sympathisant·e·s de partis d’opposition sont arrêtés et harcelés en vertu de ce texte de loi. En janvier 2025, il a été modifié afin de restreindre encore davantage la liberté de parole et d’ajouter l’article 26-A, qui prévoit une peine maximale de trois ans d’emprisonnement pour «informations fausses ou mensongères». Ces derniers mois, Amnesty International a également recueilli des informations sur un système de surveillance et de censure au Pakistan, qui sert à cibler les journalistes et les avocat·e·s spécialistes des droits humains. Les autorités bloquent et ralentissent de plus en plus fréquemment l’accès à Internet afin d’entraver la tenue de manifestations et la circulation des informations. Les militant·e·s, en particulier ceux qui appartiennent aux identités ethniques baloutches et pachtounes, sont pris pour cibles par le biais des lois antiterroristes et soumis à des disparitions forcées.
• Passez à l'action !
Défendez les droits de Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha et envoyez une lettre d'appel → par courrier, e-mail, X/Twitter / Facebook ou Instagram (cibles/adresses voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX). Postez dans les réseaux sociaux.
→ Délai pour prendre action: 29 juillet 2026.
→ Veuillez écrire en anglais, ourdou ou dans votre propre langue.
Veuillez ajouter votre nom (ou vos initiales) à la fin du message. Vous pouvez également adapter le message et/ou mettre p.ex. en évidence les revendications et le nom.
Pour éviter que les emails ne finissent dans les spams, il est conseillé de changer le titre du sujet.
Si l'envoi ne fonctionne pas: remplacez la virgule (,) entre les adresses email par un point-virgule (;) ou prenez une adresse par ligne à la fois.
Modèle de lettre - français ›
Monsieur le Premier ministre,
Je souhaite exprimer ma profonde inquiétude concernant la condamnation inique des avocat·e·s spécialistes des droits humains Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha.
Le 23 janvier, tous deux ont été arrêtés alors qu’ils se rendaient au tribunal où ils devaient comparaître dans le cadre d’une plainte déposée contre eux. Ils ont été interpellés alors qu’ils avaient bénéficié d’une liberté sous caution dans l’attente de leur arrestation le 21 janvier. Selon des témoins oculaires, les forces de l’ordre ont fait un usage excessif de la force lors de leur interpellation. Conduits à la prison d’Adiala, à Rawalpindi, près d’Islamabad, la capitale du Pakistan, ils y sont toujours incarcérés.
Le 24 janvier, un tribunal de district et de grande instance d’Islamabad a condamné Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha à 10 ans de prison chacun en vertu des articles 9 (glorification d’une infraction), 10 (cyberterrorisme) et 26 A (informations fausses ou mensongères) de la Loi relative à la prévention de la cybercriminalité, en raison de leurs messages postés sur X exprimant principalement leur solidarité avec les militant·e·s baloutches et pachtounes et critiquant la politique de l’armée pakistanaise. Hadi Ali Chattha a été inculpé d’avoir partagé les publications d’Imaan Mazari. Tous deux sont pris pour cibles uniquement parce qu’ils promeuvent et œuvrent en faveur des droits humains au Pakistan.
Leur procès a été mené avec une hâte inhabituelle et ils ont été privés du droit de procéder au contre-interrogatoire des témoins et de présenter des éléments de preuve contre eux. En outre, leur condamnation a été annoncée alors qu’une demande de transfert était en instance auprès du juge présidant le tribunal, qu’Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha avaient accusé de partialité.
Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha sont des avocat·e·s renommés qui ont défendu les droits de très nombreuses personnes et sont ciblés uniquement parce qu’ils promeuvent et œuvrent en faveur des droits humains au Pakistan. Leur incarcération nuit à nombre de ces personnes, qui ont le droit d’être représentées par leurs avocats. Le recours à des lois telles que la Loi relative à la prévention de la cybercriminalité dans le but de bâillonner et de criminaliser la dissidence pacifique est très préoccupant et constitue une violation flagrante des obligations qui incombent au Pakistan au titre du droit international relatif aux droits humains.
Je prie votre gouvernement de libérer immédiatement et sans condition Imaan Mazari et Hadi Ali Chattha et d’annuler leurs condamnations. Je vous demande également de cesser d’instrumentaliser le système de justice pénale, notamment les lois sur la cybercriminalité, dans le but de s’en prendre aux défenseur·e·s des droits humains.
Je suis convaincu·e que votre engagement envers la justice et les droits humains guidera vos actions en vue de répondre à ces graves préoccupations.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.
Model letter - english ›
Hon. Prime Minister Shehbaz Sharif,
I am writing to express my concern regarding the unjust sentencing and conviction of human rights lawyers Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha.
On 23 January, the two lawyers were arrested whilst travelling to court where they were due to appear in relation to a case filed against them. They were arrested despite being granted pre-arrest bail on 21 January. Eyewitnesses reported use of unnecessary force by law enforcement during their arrest. They were detained in Adiala Jail, Rawalpindi near Islamabad, the capital of Pakistan, and remain imprisoned there.
On 24 January, an Islamabad district and sessions court sentenced Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha to ten years each in prison under the Prevention of Electronic Crimes Act (PECA), sections 9 (glorification of an offence), 10 (cyber terrorism), and 26 A (false or fake information), based on their posts on X primarily expressing solidarity with Baloch and Pashtun activists and criticizing the Pakistan military’s policies. Hadi Ali Chattha was charged with resharing Imaan Mazari’s posts. Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha are being targeted solely for their advocacy and work defending human rights in the country.
The trial of the two lawyers was conducted with unusual haste, and they were consistently denied the right to cross-examine witnesses and bring evidence against them. Furthermore, their conviction was announced while a transfer application was still pending against the presiding judge, who Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha had accused of bias.
Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha are lawyers who have defended the rights of countless people and are currently representing journalists, activists and victims of enforced disappearances and blasphemy allegations. Their imprisonment impacts many of these people who deserve the right be represented by their lawyers. The use of laws such as PECA to silence and criminalize peaceful dissent is a matter of grave concern and a clear violation of Pakistan’s obligations under international human rights law.
I urge your government to immediately and unconditionally release Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha and quash their convictions. I also call on you to end the misuse of the criminal justice system, including cybercrime laws, to target human rights defenders.
I trust your commitment to justice and human rights will guide your actions to address these grave concerns.
Yours sincerely,
Guide Réseaux sociaux (Social Media) ›
Targets:
Prime Minister Shehbaz Sharif:
Twitter/X: @CMShehbaz
Facebook: https://www.facebook.com/ShehbazSharif/
Instagram: https://www.instagram.com/shehbazsharif/
Prime Minister Office:
Twitter/X: @ThePMOPAK
Prime Minister spokesperson:
Twitter/X: @mosharrafzaidi
President:
Twitter/X:
@PresOfPakistan
@AAliZardari
-
X accounts of Imaan and Hadi:
Imaan Mazri: @ImaanZHazir
Hadi Ali Chattha: @AdvHadiali
→ Please make sure to tag the targets in your posts, share, or retweet.
Hashtag:
#ReleaseImaanAndHadi
Suggested message 1:
Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha have been given a ten-year prison sentence under the draconian Prevention of Electronic Crimes Act for merely posting on social media. @CMShehbaz must end this injustice and ensure their immediate release. #ReleaseImaanAndHadi
Suggested message 2:
Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha have been targeted merely for their human rights advocacy and work as lawyers. Their imprisonment is politically motivated and a result of trial lacking fair trial safeguards. They must be released immediately.
Suggested message 3:
Imaan and Hadi’s ten-year prison sentence not only violates their right to liberty and freedom of expression, it impacts the right of all the victims of disappearances, arbitrary detention and blasphemy allegations they were representing pro bono. This injustice must end!
Grafic:
Adresses ›
Premier ministre:
Prime Minister Shehbaz Sharif
Prime Minister’s Office
Constitution Avenue
G-5/2 Islamabad
Pakistan
E-mail: info@pmo.gov.pk
Twitter/X:
- Personal account: @CMShehbaz Official
- Account of PM office: @ThePMOPAK
- Account of PM’s spokesperson for foreign media: @mosharrafzaidi
COPIES À
President of Pakistan
Asif Ali Zardari Aiwan-e-Sadr
Constitution Avenue
G-5/2 Islamabad
Pakistan
E-mail: dg_coord2@president.gov.pk ; presswing@president.gov.pk
Twitter/X:
- @PresOfPakistan
- @AAliZardari
Ambassade de Pakistan
Bernastrasse 47
3005 Berne
Fax: 031 350 17 99
E-mail: parepbern@gmail.com
→
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(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
• UA 004/26– FRANÇAIS
• UA 004/26 – ENGLISH
→ Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
→ Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
→ Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici
English version (click on title to open):
Human rights lawyers imprisoned ›
On 24 January, human rights lawyers Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha were given ten-year prison sentences on «cyber terrorism» and «false information» charges for their posts on the social media platform, X, for expressing solidarity with Baloch and Pashtun activists and criticizing the Pakistan military. They were arrested on 23 January and remain imprisoned in Adila Jail, Rawalpindi. Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha are prominent lawyers who have defended the rights of countless people and are being targeted solely for their advocacy and work defending human rights in Pakistan.
Imaan Mazari and Hadi Ali Chattha have been subjected to arbitrary detention and criminal charges several times for their human rights work in recent years. Imaan was arrested under charges of terrorism after her speech at a Pashtun Tahafuz Movement (PTM) rally in August 2023. She was released on bail a week later. In October 2024, Imaan and Hadi were arrested under terrorism charges for removing police barricades set up in relation to an international cricket team’s visit in Islamabad. They were released days later. After a case was filed against them in August 2025 under PECA for so-called «anti-state» tweets, arrest warrants were issued. Both lawyers were granted pre-arrest bail, however, Hadi was briefly arrested on 29 October 2025 in relation to the case. On 15 January 2026, the court cancelled Imaan and Hadi’s bail after Imaan filed an application excusing non-appearance on account of illness. On 16 January, the court ordered their arrest within 24 hours. They were granted temporary bail on 19 January; however, additional charges were brought against them through a previously unknown First Information Report dated July 2025 relating to a protest by the Baloch Yakjehti Committee (BYC) in Islamabad. They secured pre-arrest bail on 21 January. However, they were arrested on their way to court on 23 January for a case relating to a lawyers protest in September 2025. Immediately before their sentencing on 24 January, Imaan informed the court via video link that she was being denied food and water in jail and boycotted court proceedings on account of mistreatment under detention. They were sentenced to five years for «glorification of an offence», ten years for «cyberterrorism», two years for spreading «fake and false information» under PECA.
Imaan Mazari is a 32-year-old human rights lawyer from Islamabad and Hadi Ali Chattha is a 33-year-old human rights lawyer from Multan. Both Imaan and Hadi got married in 2023. Imaan and Hadi have been representing victims of state oppression for years, particularly representing journalists targeted under Pakistan’s anti-terrorism and cybercrime laws, victims accused under the blasphemy laws and victims of enforced disappearances. In June 2025, Imaan was awarded the World Expression Forum’s Young Inspiration Award 2025.
Pakistani authorities have carried out a wider crackdown on freedom of expression. Since the passage of the Prevention of Electronic Crime Act in 2016, scores of journalists, human rights defenders and members and supporters of opposition parties have been detained and harassed under the law. In January 2025, the Act was amended to further restrict online speech and add section 26-A which allows for a maximum three-year prison sentence for «fake or false information». In recent months, Amnesty International has also documented a system of surveillance and censorship in Pakistan, used to target journalists and human rights lawyers. Use of internet shutdowns and slowdowns are being deployed with increased frequency to curb protests and the flow of information. Activists, particularly those belonging to Baloch and Pashtun ethnic identities, have been targeted through anti-terrorism laws and subjected to enforced disappearances.
Take action
Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
→ AKTUELLE DOKUMENTE
→ Addresses see above in ADRESSEN
Please also take action on Social Media (guide see above).
→ SOCIAL MEDIA GUIDE
→ Please take action before 29 July 2026.
→ Preferred language: English, Urdu. You can also write in your own language.