La Cour suprême de Floride a confirmé la condamnation à mort de Billy Kearse par quatre voix contre trois en 2000. Dans leur avis, les trois juges minoritaires ont écrit: «Cet homicide a été le résultat de l’acte impulsif d’une personne de 18 ans qui présente un niveau d’intelligence inférieur à la moyenne et des antécédents bien établis de problèmes émotionnels. De manière importante, rien n’indique que Billy Kearse est sorti ce soir-là en ayant l’intention de commettre une quelconque infraction, encore moins un meurtre. Force est de constater qu’il ne s’agit manifestement pas d’un cas relevant de la peine de mort». Deux d’entre eux ont formé un recours en grâce en 2025 et, dans un article publié le 17 février 2026, l’un des deux a déclaré que cette affaire «illustrait le caractère arbitraire du système de la peine capitale en Floride».
Parmi les questions soulevées lors des derniers recours après que le gouverneur eut fixé la date de l'exécution figurait une nouvelle évaluation selon laquelle Billy Kearse souffrait d'une déficience intellectuelle, ce qui rendrait son exécution contraire à la Constitution. À la suite d’un examen de ses antécédents et de tests réalisés au début de l’année 2026, un neuropsychologue a conclu: «M. Kearse présente clairement une intelligence diminuée tout au long de sa vie (attestée par un niveau de QI qui a toujours correspondu à un handicap mental) et des troubles cognitifs liés qui sont présents depuis son enfance». Il a également souligné qu’au moment du crime, Billy Kearse «n’avait pas atteint sa pleine maturité neurodéveloppementale, ce qui compromettait encore plus ses actions en présence d’un niveau intellectuel diminué».
Par ailleurs, les derniers recours ont posé l'argument selon lequel il avait été privé d'une nouvelle condamnation équitable en 1996 à la suite de nouvelles preuves d'influence indue sur le jury. La Cour suprême des États-Unis reconnaît depuis longtemps «la menace que peut représenter une salle remplie de policiers en uniforme et armés pour les chances d'un accusé de bénéficier d’un procès équitable». Le 3 février 2026, peu après la date prévue pour l'exécution, une jurée ayant participé à la nouvelle condamnation a indiqué dans un message publié sur les réseaux sociaux que «quelle que soit la durée du procès, le fond de la salle d'audience était rempli [d’agents des forces de l'ordre] venus de toutes les villes et de tous les comtés de l'État», précisant qu'ils étaient restés debout pendant des heures «sans jamais vaciller», témoignant ainsi «tout leur respect et leur soutien» à la victime de la part de ses collègues. Les avocats de Billy Kearse ont demandé à pouvoir interroger la jurée afin d'établir les faits sous-tendant sa publication et les circonstances dans lesquelles celle-ci a ensuite été supprimée.
Le 14 février 2026, une cour de circuit de comté a rejeté sommairement les deux requêtes et, le 25 février, la Cour suprême de l’État a confirmé cette décision, estimant que l’allégation de déficience intellectuelle était «hors délai, irrecevable sur le plan procédural et insuffisante sur le plan juridique» et que la question relative au jury était irrecevable d’un point de vue procédural. Le 3 mars, la Cour suprême des États-Unis, sans aucun commentaire, a refusé d’intervenir.
Dans sa déclaration finale, Billy Kearse a présenté ses excuses à la famille de la victime: «À sa famille, je veux présenter mes sincères excuses pour ce que j’ai fait. Il n'y a aucun moyen pour moi de rembourser cela avec cette mort, cela ne suffira jamais.» L’injection de trois produits létaux a eu lieu à 18 heures et la mort de Billy Kearse a été prononcée à 18h24. Lors d'une conférence de presse après l'exécution, la veuve de la victime a remercié la police et les autres autorités pour leur soutien «dans cette lutte tout au long des 35 dernières années, notamment en écrivant au gouverneur. Elle a déclaré avoir «trouvé la paix» grâce aux excuses de Billy Kearse, ajoutant: «Ce n'est pas pour souhaiter du mal à qui que ce soit»; ce n'était «pas une soirée d'excitation et de célébration», mais «une soirée pour rectifier les choses et savoir que justice a simplement été rendue».
Après l’exécution, l’association Floridians for Alternatives to the Death Penalty (Floridiens pour des alternatives à la peine de mort, FADP) a écrit: «Le coût humain d'une exécution ne se limite pas à la personne attachée à la table d’injection létale; il se répercute sur les familles, les proches, les avocats et les défenseurs qui portent ces affaires chaque jour... Nous rejetons l'idée selon laquelle davantage de morts guérissent les blessures causées par la violence. Nous nous engageons de nouveau en faveur d’une Floride qui choisit l’obligation de rendre des comptes sans exécution, la sécurité sans vengeance et une justice fondée sur la dignité pour tous».
Depuis que la Cour suprême fédérale a approuvé les lois révisées relatives à la peine capitale en 1976, 1’659 personnes ont été exécutées aux États-Unis. Depuis cette même date, 128 personnes ont été exécutées en Floride. L’exécution de Billy Kearse est la troisième en Floride en 2026, sur un total national de cinq. Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances.
Aucune action complémentaire n’est requise. Un grand merci à toutes les personnes qui ont envoyé des appels.