Ahmed al Doush a comparu lors de plusieurs audiences. Il s’est vu attribuer un avocat commis d’office lors de sa première audience le 27 janvier 2025, mais n’est pas autorisé à communiquer régulièrement avec lui. En raison des restrictions que les autorités pénitentiaires imposent à ce qu’il est autorisé à dire à son épouse lors de leurs appels téléphoniques, dont il lui a fait part en avril 2025, elle n’a pas reçu d’informations détaillées sur ses procédures judiciaires, notamment sur les motifs retenus dans sa déclaration de culpabilité, les accusations et éléments de preuve à charge contre lui, ni sur ses conditions de détention ou sa santé.
Le Tribunal pénal spécial a condamné Ahmed al Doush à 10 ans de réclusion le 12 mai 2025. Sa peine a été ramenée à huit ans de prison à l’issue de son procès en appel le 23 juin 2023. Ahmed al Doush a été convoqué sans notification préalable à une audience d’appel, lors de laquelle le juge et son avocat saoudien étaient présents. Le juge lui a expliqué que sa déclaration de culpabilité était confirmée et que sa condamnation avait été ramenée de 10 à huit ans de prison. Le gouvernement britannique, la famille d’Ahmed al Doush et son avocat au Royaume-Uni n’ont reçu aucune information sur les charges retenues contre lui ni les raisons ayant servi de base à sa condamnation.
Les accusations semblent cependant être en lien avec l’expression. Ahmed al Doush a été soumis à de longs interrogatoires, en l’absence de son avocat et avant d’avoir été informé des accusations dont il faisait l’objet. Pendant les interrogatoires, il a déclaré à sa famille qu’on lui avait dit que sans son activité sur les réseaux sociaux, il serait chez lui avec sa famille. Pourtant, son compte X ne compte que 37 abonné·e·s et quatre publications au total. Lors de sa première audience, un juge lui a dit que des charges seraient retenues contre lui pour utilisation des réseaux sociaux à des fins de diffusion d’informations fausses, mensongères et préjudiciables au Royaume d’Arabie saoudite, et qu’il était accusé d’être en relation avec une personne menaçant la sécurité nationale du Royaume.
Le Tribunal pénal spécial invoque régulièrement des dispositions floues de la législation sur la cybercriminalité et la lutte contre le terrorisme, qui assimilent l’expression pacifique d’opinions à du «terrorisme». Amnesty International a recueilli des informations attestant que chaque étape de la procédure judiciaire devant le Tribunal pénal spécial est entachée de violations des droits humains.
Les proches d’Ahmed al Doush ont été privés de communication avec lui pendant deux mois et demi après son arrestation le 31 août 2024. Ils n’ont par ailleurs obtenu aucun renseignement sur sa situation ou la raison de son arrestation. Son épouse et ses enfants n’ont pas reçu la moindre information sur son bien-être, ses conditions de détention ou la possibilité qu’il rentre chez lui et le délai dans lequel il pourrait rentrer. Il a également été privé de services consulaires de représentant·e·s du gouvernement britannique pendant cette période, ce qui a gravement entravé la capacité du gouvernement britannique et de sa famille à obtenir des informations à propos de lui, de sa détention et des mesures qu’ils pourraient prendre pour faciliter sa libération. Ce n’est que le 17 novembre 2024 qu’Ahmed al Doush a été autorisé à téléphoner à son épouse. Il a ensuite été autorisé à téléphoner chaque semaine à sa famille. Cependant, en janvier, ces appels ont été interrompus et sont depuis lors devenus sporadiques. Il a plus tard déclaré à ses proches que ses communications avec eux étaient restreintes par les autorités à titre de sanction pour avoir demandé à son épouse des informations sur des personnes ayant récemment été libérées en Arabie saoudite.
Depuis son arrestation, Ahmed al Doush a été autorisé à recevoir plusieurs visites consulaires de l’ambassade du Royaume-Uni à Riyadh, la première ayant eu lieu le 21 novembre 2024, près de trois mois après son arrestation. Avant cette visite, le gouvernement britannique n’a partagé aucune information quant à sa détention, son statut ou son bien-être avec sa famille, au motif de la protection des données.
Depuis janvier 2013, Amnesty International avait recueilli des informations sur les cas d’au moins 86 personnes poursuivies pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Parmi ces personnes, 40 ont été poursuivies pour l’exercice légitime de leur droit à la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. Le nombre réel des procédures engagées à ce titre est probablement beaucoup plus élevé. Les procédures judiciaires dans ces affaires sont bien loin d’être conformes aux normes internationales d’équité des procès. Les accusé·e·s sont souvent détenus au secret sans inculpation, à l’isolement, et privés de la possibilité de consulter un avocat ou de contester la légalité de leur détention devant un tribunal.
Défendez les droits d'Ahmed al Doush et envoyez une lettre d'appel
– par courrier ou e-mail et postez dans les réseaux sociaux – à la ou aux personnes cibles désignées (= voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX).
→ Délai pour prendre action: 7 décembre 2025.
→ Veuillez écrire en arabe, anglais ou dans votre propre langue.
Veuillez ajouter votre nom (ou vos initiales) à la fin du message. Vous pouvez également adapter le message et/ou mettre p.ex. en évidence les revendications et le nom.
Pour éviter que les emails ne finissent dans les spams, il est conseillé de changer le titre du sujet.
Sous ADRESSES, vous trouverez une autre personne cible à qui vous pouvez adresser un e-mail.
Si l'envoi ne fonctionne pas: remplacez la virgule (,) entre les adresses email par un point-virgule (;) ou prenez une adresse par ligne à la fois.
Le ministère de la Justice répond aux courriels du mouvement par un message standard indiquant que l'objet de la demande n'est pas lié au ministère de la Justice. Ne vous en laissez pas déconcerter.
Monsieur le Ministre,
Je vous écris pour vous faire part de ma vive préoccupation quant à la condamnation du ressortissant britannique Ahmed al Doush à huit ans de prison par le Tribunal pénal spécial. Il a été victime de nombreuses violations de ses droits à un procès équitable. Il est actuellement détenu à la prison d’al Hair, à Riyadh, la capitale. Ahmed al Doush a été arrêté à l’aéroport international King Khalid de Riyadh le 31 août 2024, alors qu’il allait rentrer au Royaume-Uni avec son épouse et ses trois enfants après une visite en Arabie saoudite.
Il a été autorisé à communiquer avec sa famille, mais de manière restreinte. Il a dit à son épouse en avril que les autorités pénitentiaires lui avaient ordonné de seulement prendre des nouvelles d’elle et de ses enfants lors des appels, et lui avaient dit que s’il évoquait quoi que ce soit d’autre, notamment ses conditions de détention, sa santé, ses procédures judiciaires ou les charges retenues contre lui, l’appel serait coupé et il serait sanctionné.
Les autorités saoudiennes n’ont pas partagé de documents, notamment les charges retenues contre lui et les fondements de sa déclaration de culpabilité, avec sa famille ni avec des représentants consulaires britanniques. Lors de sa première audience devant un juge dans la semaine du 27 janvier 2025, cinq mois après son arrestation, Ahmed al Doush a été informé que des charges seraient retenues contre lui pour utilisation des réseaux sociaux à des fins de diffusion d’informations fausses, mensongères et préjudiciables au Royaume d’Arabie saoudite, et qu’il était accusé d’être en relation avec une personne menaçant la sécurité nationale du Royaume. À la lumière des questions qui lui ont été posées par les autorités saoudiennes lors d’interrogatoires poussés menés par les autorités saoudiennes, la famille d’Ahmed al Doush pense que ces accusations pourraient être liées à des activités anciennes sur les réseaux sociaux et à son association présumée avec un opposant saoudien en exil avec qui Ahmed al Doush n’a aucune relation, si ce n’est qu’il connaît son fils.
Amnesty International recueille des informations sur la répression croissante de la liberté d’expression en Arabie saoudite, qui cible des personnes de nationalité saoudienne comme des ressortissants étrangers, dont beaucoup sont condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir simplement exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression.
Les autorités saoudiennes doivent libérer immédiatement et sans condition Ahmed al Doush s’il est détenu uniquement pour avoir exercé ses droits humains de manière pacifique. Dans l’attente de sa libération, elles doivent empêcher de nouvelles violations de ses droits à un procès équitable et veiller à ce qu’il puisse communiquer régulièrement avec son avocat et sa famille.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Your Excellency,
I am deeply concerned about the SCC’s sentencing of British national Ahmed al-Doush to eight years in prison. He has been subjected to multiple violations of his fair trial rights. He is currently held in al-Hair Prison in the capital Riyadh. Ahmed al-Doush was detained at King Khalid International Airport in Riyadh on 31 August 2024 when he was travelling back home to the UK with his wife and their three children after a visit to Saudi Arabia.
Ahmed al-Doush has only been allowed restricted communication with his family. He told his wife in April that he was instructed by prison authorities to only check in with her and the children during the calls, and that if he discussed anything about his conditions of detention, health or legal proceedings and charges against him, that the call would be terminated and there would be punishment.
Saudi authorities have not shared court documents, including charges and the basis for conviction, with his family or British consular officials. During his first hearing before a judge in the week of 27 January 2025, five months after his arrest, Ahmed al-Doush was told that charges would be issued against him for using social media to spread fake, untrue and damaging news against the Kingdom of Saudi Arabia, and that he was accused of having a relationship with an individual who threatened the Kingdom's national security. Based on the questions asked during extensive interrogations by Saudi authorities, his family believes these accusations may relate to old social media activity and an alleged association with a Saudi critic in exile with whom Ahmed al-Doush has no relationship beyond knowing his son.
Amnesty International has documented the Saudi authorities’ increasing crackdown on freedom of expression, targeting both citizens and foreign nationals, many of whom have been sentenced to lengthy prison terms solely for peacefully exercising their right to freedom of expression.
The Saudi authorities must immediately and unconditionally release Ahmed al-Doush, if he is detained solely for exercising his human rights. Until then, they must prevent further violations of his fair trial rights and ensure he has regular access to his family and legal representation.
Yours sincerely,
Twitter target: @MojKsa
Hashtags: #FreeAhmedAlDoush
Saudi has sentenced British business analyst Ahmed al-Doush to 8 years in prison. He has faced multiple violations to his fair trial rights.
Ahmed al-Doush was investigated about social media posts and his alleged association with a Saudi critic in exile. He was held in incommunicado detention for 33 days, including some periods in solitary confinement. Demand his release #FreeAhmedAlDoush
Ministre de la Justice:
Walid bin Mohammad AlSama'ani
Minister of Justice
Postal Code 11472, P.O. Box 7775
Riyadh
Arabie saoudite / Saudi Arabia
E-mail: 1950@moj.gov.sa
→ Le ministère de la Justice répond aux courriels du mouvement par un message standard indiquant que l'objet de la demande n'est pas lié au ministère de la Justice. Ne vous en laissez pas déconcerter.
Personne cible supplémentaire:
The Saudi Human Rights Commission:
Dr. Hala bint Mazyad bin Mohammed Al-Tuwaijri
E-mail: po@hrc.gov.sa
Twitter/X: @HRCSaudi
Fax: +966114185101
Botschaft des Königreichs Saudi-Arabien
Kirchenfeldstrasse 64
3005 Bern
Fax: 031 351 45 81
E-mail: chemb@mofa.gov.sa
→
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• MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 027/25-2 (Word)
• MODEL LETTER ENGLISH 027/25-2 (Word)
CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (DOCUMENT WORD):
(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
• UA 027/25-2 – FRANÇAIS
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→ Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
→ Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
→ Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici
English version (click on title to open):
On 12 May 2025, Saudi Arabia’s terrorism court, the Specialized Criminal Court (SCC), sentenced British national Ahmed al-Doush to 10 years in prison. On 23 June 2025, his sentence was shortened to eight years on appeal. Saudi authorities arrested Ahmed al-Doush, a senior business analyst with Bank of America, on 31 August 2024 at King Khalid International Airport in Riyadh as he was returning to the UK, where he resides, after visiting Saudi Arabia with his wife and children. In his extensive interrogations, questions revolved around past social media posts and his alleged association with a Saudi critic in exile, with whom he has no relationship beyond knowing his son. He has faced multiple violations of his fair trial rights.
Ahmed al-Doush has had multiple trial hearings. He was assigned a court-appointed lawyer at his first hearing on 27 January 2025, but he is not permitted regular communication with him. As a result of restrictions by prison authorities to what he can share with his wife during his phone calls with her, which he communicated to her in April 2025, she has not received detailed information about his court proceedings, including details regarding the basis for his conviction, or the charges or evidence against him, nor updates on prison conditions or his health.
The SCC sentenced Ahmed al-Doush to 10 years in prison on 12 May 2025. The sentence was reduced to eight years in prison at an appeal hearing on 23 June 2025. Ahmed al-Doush was summoned without notice to the appeal hearing where the judge and his lawyer in Saudi Arabia were present. The judge informed him that his conviction was confirmed and that his sentence was reduced from 10 years to 8 years. The UK government, Ahmed al-Doush’s family and his lawyer in the United Kingdom have not received information on his charges or the basis of his conviction.
Ahmed al-Doush’s charges appear to be expression-related. Ahmed al-Doush was subjected to extensive interrogation without a lawyer present and before being informed of the charges against him. During interrogations, he said to his family that he was told that if not for his social media activity, he would be home with his family. Notably, his X account has only 37 followers and a total of four posts. In his first hearing, a judge told him that charges would be issued for using social media to spread fake, untrue and damaging news against the Kingdom of Saudi Arabia, and that he was accused of having a relationship with an individual who threatened the Kingdom's national security.
The SCC has routinely used vague provisions under the anti-cybercrime and counter-terror laws equating peaceful expression with «terrorism». Amnesty International has documented how every stage of the SCC judicial process is tainted by human rights violations.
For two and a half months after his arrest on 31 August 2024, Ahmed al-Doush's family was denied any communication with him. They were also not given information about his situation or the reason for his arrest. His wife and children were left in the dark about his well-being, his conditions of detention and whether and when he might be allowed to return home. He was also denied consular access to UK government representatives during this time, severely hindering the UK government and his family’s ability to gather information about him, his detention and steps they might take to facilitate his release. It wasn’t until 17 November 2024 that Ahmed al-Doush was allowed a call to his wife. He was then permitted weekly phone calls with his family. However, in January, these calls were interrupted and have now become sporadic. He later told his family that his communication with them was restricted by the authorities as punishment for asking his wife during a call about people that had recently been released in Saudi Arabia.
Since his arrest, Ahmed al-Doush has been permitted multiple consular visits from the British embassy in Riyadh, with the first consular visit on 21 November 2025, nearly three months after his arrest. Ahead of the visit, the UK government did not share any information known about his detention, status or well-being with his family, claiming this was on the grounds of data protection.
Since 2013, Amnesty International has documented the cases of 86 individuals prosecuted solely for exercising their rights to freedom of expression, association and peaceful assembly. Of those, 40 were prosecuted for legitimate exercise of the right to freedom of expression on social media. Amnesty International is aware that the real number of such prosecutions is likely much higher. Legal proceedings in these cases fall far short of international fair trial standards. Individuals are often held incommunicado without charge, in solitary confinement and denied access to lawyers or the courts to challenge the lawfulness of their detention.
Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
→ AKTUELLE DOKUMENTE
→ Addresses see above in ADRESSEN
Please also take action on Social Media (guide see above).
→ SOCIAL MEDIA GUIDE
→ Please take action before 7 December 2025.
→ Preferred language: Arabic, English. You can also write in your own language.