Détails
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La Tanzanie prépare ses septièmes élections générales qui se tiendront en octobre 2025, lors desquelles la présidente sortante Samia Suluhu Hassan briguera un second mandat de cinq ans. À l’approche de ce scrutin, le gouvernement mène une campagne de répression visant les membres et les dirigeant·e·s des partis de l’opposition politique ainsi que les personnes et organisations qui critiquent les autorités.
Le 12 avril 2025, la Commission électorale nationale indépendante a interdit au Parti pour la démocratie et le développement (CHADEMA, principale formation de l’opposition) de participer aux élections d’octobre, en affirmant que celui-ci n’avait pas signé un accord obligatoire sur le code de conduite.
En 2024, quatre personnes ayant critiqué le gouvernement ont été soumises à une disparition forcée et une autre a été tuée. La police a empêché des membres de l’opposition de tenir des réunions et d’autres rassemblements politiques, les soumettant à des arrestations collectives, à des détentions arbitraires et à un recours illégal à la force. Des journalistes et d’autres personnes ont été privés de leur droit à la liberté d’expression.
Le 11 août 2024, la police a arrêté plusieurs membres du CHADEMA, dont Tundu Lissu, alors vice-président et ancien candidat du parti à l’élection présidentielle, John Mnyika, son secrétaire général, Joseph Mbilinyi, membre du comité central, plus de 500 jeunes sympathisant·e·s et cinq journalistes. Toutes ces personnes ont été interpellées alors qu’elles se trouvaient – ou se rendaient – à un rassemblement organisé au bureau du CHADEMA du district de Nyasa, à Mbeya (sud-ouest du pays), la veille de la Journée internationale de la jeunesse. On leur reprochait d’avoir enfreint l’interdiction d’organiser une conférence de la jeunesse et de projeter la tenue d’une manifestation violente. Le lendemain, la police a arrêté deux dirigeants du parti, Freeman Mbowe et John Pambalu, qui s’étaient rendus à Mbeya à la suite des arrestations. Tous les responsables de la formation ont été remis en liberté sous caution le 13 août, et les autres personnes les jours suivants. La police a annoncé le 13 septembre 2024 l’interdiction de toutes les manifestations organisées par le CHADEMA. Le 23 septembre, elle a arrêté Freeman Mbowe, Tundu Lissu et six autres responsables du parti à Dar es Salaam, alors qu’un rassemblement de protestation contre les homicides et les enlèvements de détracteurs du gouvernement était prévu. Tous ont été libérés sous caution le jour même. Trois journalistes de Mwananchi Communications Ltd et de East Africa TV ont été arrêtés alors qu’ils couvraient les manifestations et ont été remis en liberté le jour même.
Dioniz Kipanya, un responsable du CHADEMA, a disparu le 26 juillet 2024 après avoir quitté son domicile à la suite d’une conversation téléphonique avec une personne non identifiée. Le 18 août 2024, Deusdedith Soka et Jacob Godwin Mlay, jeunes militants du CHADEMA, et Frank Mbise, chauffeur de moto-taxi, ont été enlevés par un groupe d’hommes soupçonnés d’être des policiers.
Le corps d’Ali Mohamed Kibao a été retrouvé le 8 septembre 2024. Ce haut responsable du CHADEMA avait été enlevé deux jours plus tôt dans un bus alors qu’il rentrait chez lui à Tanga en provenance de Dar es Salaam. L’autopsie a révélé que son corps avait été plongé dans de l’acide et présentait des traces de coups.
Le 17 octobre 2024, des expert·e·s des droits humains des Nations unies ont appelé la Tanzanie à mettre fin aux violations systématiques et de plus en plus graves subies par les membres de partis de l’opposition, les organisations de la société civile, les journalistes, les populations autochtones et les défenseur·e·s des droits humains.
Le droit international et les normes en la matière interdisent l’imposition automatique de la peine de mort car elle prive les juges de la possibilité de prendre en compte les circonstances dans une affaire. Également selon le droit international et les normes associées, le recours à la peine de mort doit être limité aux «crimes les plus graves» impliquant un homicide volontaire. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies – l’organe chargé de l’interprétation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Tanzanie a adhéré en 1976 – a précisé dans son Observation générale n° 36:
«La peine de mort ne peut en aucune circonstance être appliquée à titre de sanction d’un comportement dont la criminalisation elle-même constitue une violation du Pacte, notamment l’adultère, l’homosexualité, l’apostasie, la création de groupes d’opposition politique ou le fait d’offenser un chef d’État. Les États parties qui maintiennent la peine de mort pour de telles infractions manquent à leurs obligations au regard de l’article 6 du Pacte, pris isolément et lu conjointement avec le paragraphe 2 de l’article 2, ainsi que d'autres dispositions du Pacte.»
Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances. À ce jour, 113 pays ont aboli la peine de mort pour toutes les infractions et 145 sont abolitionnistes en droit ou en pratique.
• Passez à l'action !
Défendez les droits de Tundu Lissu et envoyez une lettre d'appel
– par courrier, e-mail ou X/Twitter et postez dans les réseaux sociaux – à la ou aux personnes cibles désignées (= voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX).
→ Délai pour prendre action: 31 août 2025.
→ Veuillez écrire en anglais, kiswahil ou dans votre propre langue.
Veuillez ajouter votre nom (ou vos initiales) à la fin du message. Vous pouvez également adapter le message et/ou mettre p.ex. en évidence les revendications et le nom.
Si l'envoi ne fonctionne pas: remplacez la virgule (,) entre les adresses email par un point-virgule (;) ou prenez une adresse par ligne à la fois.
Pour éviter que les emails ne finissent dans les spams, il est conseillé de changer le titre du sujet.
Modèle de lettre - français ›
Madame la Présidente de la République,
Je vous écris pour vous faire part de ma vive inquiétude au sujet de l’arrestation et de la détention arbitraire de Tundu Lissu, président du CHADEMA, le principal parti d’opposition en Tanzanie.
Tundu Lissu a été arrêté le 9 avril après avoir organisé un rassemblement politique à Mbinga, dans le sud-ouest de la Tanzanie. Il a ensuite été transféré à Dar es Salaam, à plus de 1'000 kilomètres de là, par la route, pendant la nuit. La police a fait un usage excessif de la force, notamment en tirant des grenades lacrymogènes et en faisant feu en l’air pour disperser ses partisan·e·s qui s’étaient approchés lors de l’arrestation. Le 10 avril, il a été inculpé de trahison et de deux autres infractions au titre des lois relatives à la cybercriminalité, en raison de ses messages diffusés sur les réseaux sociaux appelant les Tanzanien·ne·s à boycotter les prochaines élections, dans lesquels il évoquait la possibilité d’une fraude. L’accusation de trahison, selon les articles 39 et 40 du Code pénal tanzanien, est une infraction excluant toute possibilité de libération sous caution et obligatoirement punie de la peine de mort. La Tanzanie n’a pas aboli ce châtiment mais n’a procédé à aucune exécution depuis 1994.
Dans la matinée du 24 avril, la police a frappé et arrêté des dizaines de personnes qui tentaient d’accéder au tribunal de première instance de Kisutu, à Dar es Salaam, où se tenait une audience du procès de Tundu Lissu. Le vice-président du CHADEMA, John Heche, et le secrétaire général du parti, John Mnyika, faisaient partie des personnes arrêtées mais ont été libérés le soir même. Le secrétaire général adjoint du CHADEMA a indiqué que des policiers avaient blessé et tué une personne devant le tribunal ce matin-là. Vingt-trois personnes ont été frappées par la police devant le tribunal. Beaucoup s’en sont sorties avec des coupures et des ecchymoses sur diverses parties du corps, notamment la tête, les mains, les jambes, le dos et les épaules. Une femme et un homme ont déclaré à Amnesty International avoir été agressés sexuellement par des policiers.
Amnesty International a constaté une intensification des pratiques autoritaires et une violente répression de la dissidence ces dernières années en Tanzanie, alors que le pays se prépare à des élections présidentielles et législatives en octobre 2025.
J’appelle votre gouvernement à libérer Tundu Lissu immédiatement et sans condition, car il est détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits humains. Je vous demande également de mettre fin à toutes les arrestations arbitraires et à la répression croissante à l’égard des dirigeant·e·s de l’opposition à l’approche des élections générales d’octobre 2025. Enfin, je vous engage à éviter toute attaque contre les membres de partis de l’opposition, les détracteurs réels ou supposés du gouvernement, les défenseur·e·s des droits humains et les journalistes, et à cesser de les harceler et de s’attaquer à leur travail nécessaire et légitime.
Je vous prie d’agréer, Madame la Présidente de la République, l’expression de ma très haute considération.
Model letter - english ›
Dear President Hassan,
I am writing to express grave concern about the arrest and arbitrary detention of Tundu Lissu, the Chairperson of Chadema, the main opposition party in Tanzania.
Tundu Lissu was arrested on 9 April after holding a political rally in Mbinga town, southwest of Tanzania. He was then transferred to Dar es Salaam, more than 1’000 kilometres away by road during the night. Police used excessive force, including by firing teargas and shooting in the air to disperse his supporters who gathered around during the arrest. On 10 April, he was charged with a capital and non-bailable offence of treason alongside two other offences under the country’s cybercrime laws in relation to his social media posts calling for Tanzanians to boycott the forthcoming elections, citing the possibility of rigging. The charge of treason, under sections 39 and 40 of the Tanzanian Penal Code is non-bailable offence which carries the mandatory death penalty Tanzania retains the death penalty in law but has not executed since 1994.
On the morning of 24 April, police beat up and arrested dozens of people who tried to access Kisutu Resident Magistrate's Court in Dar es Salaam where Tundu Lissu’s case came for hearing. Chadema’s deputy chairperson John Heche and secretary general John Mnyika were among those arrested but were released later that night. Chadema’s deputy secretary general further reported that police injured and killed one person in front of the court that morning. 23 people were beaten by police outside the court. Many had suffered cuts and bruises on various parts of their bodies including head, hands legs, back and shoulders. A woman and a man reported to Amnesty International that they had been sexually assaulted by the police.
Amnesty International has reported intensification of authoritarian practices and a vicious clampdown on dissent in recent years in Tanzania as the country heads to presidential and parliamentary elections due to take place in October 2025.
I urge your government to immediately and unconditionally release Tundu Lissu as he is detained solely for the peaceful exercise of his human rights. I also urge you to end all arbitrary arrests and the growing crackdown on opposition leaders ahead of the October 2025 general elections. I further urge you to refrain from all attacks on opposition party members, real or perceived government critics, human rights defenders and journalists and end all harassment and targeting of their important and legitimate work.
Yours sincerely,
Guide Réseaux sociaux (Social Media) ›
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@SuluhuSamia
@ccm_tanzania @tanpol
Suggested Tweets:
Authorities in #Tanzania must immediately and unconditionally release Tundu Lissu as he is detained solely for the peaceful exercise of his human rights.
Authorities in #Tanzania must end all arbitrary arrests and the growing crackdown on opposition leaders ahead of the October 2025 general elections. #FreeTunduLissu #FreeTunduLissuNow [Link to UA]
@SuluhuSamia Government of #Tanzania must refrain from all attacks on opposition party members, real or perceived government critics, human rights defenders and journalists and end all harassment and targeting of their important and legitimate work #FreeTunduLissu #FreeTunduLissuNow [Link to UA]
Independent bodies must thoroughly, promptly, impartially, transparently and effectively investigate allegations of police abuse and other misconduct in #Tanzania to ensure that those suspected to be responsible are brought to justice in fair trials without recourse to the death penalty. #FreeTunduLissu #FreeTunduLissuNow [Link to UA]
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#FreeTunduLissu
#FreeTunduLissuNow
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Change Tanzania: @ChangeTanzania
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Adresses ›
Présidente:
President Samia Suluhu Hassan
President's Office
Utumishi street, P.O. BOX 670,
DODOMA
Tanzania
E-Mail: ps@utumishi.go.tz
E-Mail Kopien an: info@oag.go.tz und info.phq@tpf.go.tz
X/Twitter: @SuluhuSamia
COPIES À
The key organs of the East African Community (EAC): eac@eachq.org
East African Court of Justice (EACJ): eacj@eachq.org
East African Legislative Assembly (EALA): eala@eachq.org
Botschaft der Vereinigten Republik Tansania
Eschenallee 11, D-14050 Berlin, Deutschland
Fax: 004930/ 30 30 80-20
E-Mail: berlin@tzembassy.go.tz
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→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
→ Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici
English version (click on title to open):
Opposition party chair must be released ›
On 9 April, Tanzanian police arrested Tundu Lissu, the Chairperson of the country’s main opposition party, Chadema after holding a political rally in Mbinga town, southwest of Tanzania. He was then transferred to Dar es Salaam, more than 1’000 kilometres away by road during the night. Police used excessive force, including by firing teargas and shooting in the air to disperse his supporters who gathered around during the arrest. Police later charged Tundu Lissu with a non-bailable offence of treason – which carries the death penalty - alongside two other offences under the country’s cybercrime laws. Tanzanian authorities must stop the repression of opposition leaders and immediately release Tundu Lissu, as he is detained solely for the peaceful exercise of his human rights.
Tanzania will hold its seventh general election in October 2025 with President Samia Suluhu Hassan seeking a second five-year term. The elections come amid a campaign of repression by the incumbent government’s first term targeting members and leaders of political opposition parties, individuals and organizations critical of the government.
On 12 April 2025, the Independent National Elections Commission (INEC), Tanzania’s electoral commission, barred Chadema – the main opposition party- from contesting the October elections, asserting that the party had failed to sign a mandatory code of conduct agreement.
In 2024, four government critics were forcibly disappeared and one was killed. The police prevented opposition members from holding meetings and other political gatherings, subjecting them to mass arrest, arbitrary detention, unlawful force. Journalists and others were denied their right to freedom of expression.
On 11 August 2024, police arrested Chadema party members, including Tundu Lissu, then-vice chairperson and former presidential candidate, John Mnyika, secretary general, Joseph Mbilinyi, a central committee member, more than 500 youth supporters and five journalists. They were arrested at, or on their way to, a meeting in Chadema’s Nyasa office in Mbeya, in south-western Tanzania, ahead of International Youth Day on 12 August 2024. They were accused of violating a ban on a youth conference and planning a violent demonstration. The next day, police arrested party leaders Freeman Mbowe and John Pambalu after they went to Mbeya in response to the arrests. All party leaders were released on bail on 13 August 2024; the others were bailed in the following days. On 13 September 2024, the police announced a ban on all Chadema protests and on 23 September 2024 arrested Freeman Mbowe, Tundu Lissu and six other party officials in Dar es Salaam before planned protests against killings and abductions of government critics. They were released on bail the same day. Three journalists from Mwananchi Communications Ltd and East Africa TV were arrested while covering protests and released the same day.
Dioniz Kipanya, a Chadema party official, disappeared on 26 July 2024 when he left home following a telephone conversation with an unidentified person. Deusdedith Soka and Jacob Godwin Mlay, both Chadema youth activists, and Frank Mbise, a motorcycle taxi driver, were abducted by a group of men suspected to be police officers on 18 August 2024.
The body of Ali Mohamed Kibao, a senior Chadema member, was found on 8 September 2024. Suspected security agents had abducted him from a bus on 6 September 2024 while he was travelling home to Tanga from Dar es Salaam. According to a post-mortem, his body had been soaked in acid and bore signs of a beating.
On 17 October 2024, United Nations human rights experts called on Tanzania to end the ongoing and escalating pattern of human rights violations against opposition political party members, civil society organizations, journalists, Indigenous Peoples and human rights defenders.
International law and standards prohibit the imposition of the mandatory death penalty, as it denies the possibility of taking into account the circumstances in the case. Moreover, international law and standards require that the imposition of the death penalty be restricted to the «most serious crimes» involving intentional killing. The UN Human Rights Committed, the body tasked with the interpretation of the International Covenant on Civil and Political Rights which Tanzania acceded to in 1976, has stated in its General Comment no.36: «Under no circumstances can the death penalty ever be applied as a sanction against conduct the very criminalization of which violates the Covenant, including adultery, homosexuality, apostasy, establishing political opposition groups or offending a head of State. States parties that retain the death penalty for such offences commit a violation of their obligations under article 6, read alone and in conjunction with article 2 (2) of the Covenant, as well as of other provisions of the Covenant». Amnesty International opposes the death penalty in all cases without exception. As of today, 113 countries have abolished the death penalty for all crimes and 145 are abolitionist in law or practice.
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→ Please take action before 31 August 2025.
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