Selon les pièces du dossier qu’Amnesty International a examinées, Essam Ahmed n’avait jamais fait l’objet de poursuites pénales auparavant et avait 25 ans au moment de son arrestation. Sa famille a fait savoir qu’il n’avait pas bénéficié des services d’un avocat lors de son arrestation ni pendant l’enquête. Sa défense a été assurée par un avocat commis d’office lorsque son procès a commencé, mais il a été difficile d’obtenir des réponses de sa part et il a mis du temps à transmettre des informations sur les charges retenues contre Essam Ahmed et les pièces de son dossier. Les proches d’Essam Ahmed ont indiqué que l’avocat ne les avait pas informés de la possibilité de former un recours en grâce, ni du délai d’un mois pour faire appel, ni du fait que le Conseil judiciaire suprême rendrait sa décision au bout de quatre mois.
Les «aveux» qui auraient été arrachés à Essam Ahmed sous la torture ont été versés au dossier. Dans l’un des documents, il est écrit: «Il a avoué avoir transporté 334’000 comprimés d’amphétamines […] et déclaré qu’il avait chargé cette cargaison à Nuweiba [ville côtière égyptienne] avant de prendre la mer, et que, après être entré en contact avec le financeur de l’opération, il l’avait déposé près de la frontière maritime saoudienne et avait poursuivi sa route à la nage jusqu’à son arrestation».
Pour le procès en appel d’Essam Ahmed, sa famille a engagé un avocat à ses propres frais, ce qui a re-présenté une lourde charge financière pour elle. D’après les documents judiciaires examinés par Am-nesty International, ce dernier a déclaré au juge que son client devait être «considéré comme une vic-time de trafiquants de drogue qui ont exploité son jeune âge et sa pauvreté». Cet argument n’a pas été pris en compte par le juge en appel.
Le récit d’Essam Ahmed comporte pourtant plusieurs des éléments identifiés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour caractériser la traite des personnes: il a déclaré avoir été recruté sous des conditions mensongères ; transféré d’un côté à l’autre d’une frontière maritime sans être pleinement informé et sans consentement éclairé pour transporter des drogues illicites; contraint à agir sous la menace et forcé à prendre un risque physique (franchir une frontière maritime à la nage).
Entre janvier 2014 et juin 2025, l’Arabie saoudite a exécuté 1 816 personnes selon l’agence de presse officielle. Près d’une sur trois a été exécutée pour des infractions à la législation sur les stupéfiants. Sur les 597 personnes exécutées pour ce type d’infraction au cours de cette période de 10 ans, les trois quarts (75%) étaient de nationalité étrangère. En 2024, l’Arabie Saoudite a exécuté 345 condamnés à mort, le nombre le plus élevé d’exécutions recensées par Amnesty International dans le pays depuis plus de trois décennies.
Ces cinq dernières années, les autorités saoudiennes ont annoncé à plusieurs reprises des réformes concernant le recours à la peine de mort, notamment en promettant de limiter les exécutions pour des infractions liées aux stupéfiants. Cependant, soit elles sont revenues sur leurs engagements, soit elles n’ont pas mis en œuvre de réformes respectueuses des normes internationales. En janvier 2021, dans le cadre du programme de réformes de la justice pénale du prince héritier Mohammed bin Salman, la Commission des droits humains de l’Arabie saoudite a annoncé un moratoire sur les exécutions liées aux stupéfiants, qui est resté en vigueur pendant 33 mois de février 2020 à novembre 2022. Néanmoins, ce moratoire a brusquement pris fin en novembre 2022, suivi d’une multiplication des exécutions liées aux stupéfiants durant le même mois.
Les traités internationaux relatifs aux droits humains et les normes connexes n’autorisent pas le recours à la peine capitale pour les infractions liées aux stupéfiants. Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances et sans aucune exception, indépendamment de la nature et des circonstances de l’infraction commise, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. L’organisation soutient depuis longtemps que la peine capitale viole le droit à la vie, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, et constitue le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant des châtiments.
Défendez les droits d'Essam Ahmed et envoyez une lettre d'appel
– par courrier, X/Twitter ou fax et postez dans les réseaux sociaux – à la ou aux personnes cibles désignées (= voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX).
→ Délai pour prendre action: 7 décembre 2025.
→ Veuillez écrire en arabe, anglais ou dans votre propre langue.
Sire,
J’ai appris avec une très vive inquiétude qu’Essam Ahmed, un pêcheur égyptien, risque d’être exécuté de manière imminente si vous n’annulez pas sa condamnation à mort. Les autorités saoudiennes ont arrêté cet homme en décembre 2021. Il se trouvait alors en mer entre l’Arabie saoudite et l’Égypte. Il a affirmé qu’il avait été contraint par un homme le menaçant avec une arme de transporter un colis depuis l’Égypte. Il a déclaré avoir jeté le colis à l’eau avant d’être intercepté par des gardes-frontières saoudiens dans les eaux territoriales égyptiennes.
Selon des documents judiciaires examinés par Amnesty International, Essam Ahmed a été inculpé pour l’importation illicite d’environ 300’000 comprimés d’amphétamines, 270 grammes d’opium et 180 grammes d’héroïne ainsi que pour la consommation de comprimés interdits et de haschich. Il a été déclaré coupable et condamné en vertu de l’article 37 de la Loi relative au contrôle des stupéfiants et des substances psychotropes (1426 H). Le juge a prononcé la peine capitale, en dépit du pouvoir discrétionnaire dont il disposait de choisir une autre peine pour ces chefs d’accusation relevant du tazir. Le recours à la peine de mort pour des infractions liées aux stupéfiants bafoue le droit international et les normes internationales.
Essam Ahmed a déclaré avoir été emmené dans un centre de détention sur la côte de l’Arabie saoudite après son arrestation et avoir été frappé pendant trois jours. Il a fini par signer des «aveux» indiquant qu’il avait transporté de la drogue et avait été arrêté dans les eaux territoriales saoudiennes. Essam Ahmed a été soumis à un procès d’une iniquité flagrante. Il a déclaré au juge qu’il avait été menacé avec une arme à feu en Égypte et contraint à transporter le colis, mais ses déclarations n’ont pas été versées au dossier ni évoquées lors du procès en appel. Selon sa famille, il n’a pas bénéficié des services d’un avocat lors de son arrestation ni pendant l’enquête. Les procédures iniques rendent le recours à la peine de mort arbitraire.
Je vous demande donc instamment de ne pas ratifier la condamnation à mort d’Essam Ahmed et d’appeler les autorités compétentes à annuler sa déclaration de culpabilité et à ordonner un nouveau procès équitable sans recours à la peine capitale. L’Arabie saoudite doit immédiatement établir un moratoire officiel sur les exécutions, dans l’optique d’une abolition de la peine de mort dans le pays.
Je vous prie d’agréer, Votre Majesté, l’expression de ma très haute considération.
Your Majesty King Salman bin Abdulaziz Al Saud,
I am deeply distressed that Essam Ahmed, an Egyptian fisherman, is at imminent risk of execution and will be put to death unless you quash his conviction death sentence. Saudi authorities arrested Essam Ahmed in December 2021. He was in the sea somewhere between Saudi Arabia and Egypt. He said he was coerced by a man wielding a gun to carry a package by sea from Egypt. He said he dropped the package in the water and was intercepted by Saudi border guards while still in Egyptian waters.
According to court documents reviewed by Amnesty International, Essam Ahmed was charged with trafficking around 300’000 amphetamine pills, 270 grams of opium, 180 grams of heroin and consumption of prohibited pills and hashish. He was convicted and sentenced under Article 37 of the Narcotics and Psychotropic Substances Control Law (1426 H). The judge imposed a death sentence on him, despite the discretion he had as ata’zir crime to choose another punishment. The use of the death penalty for drug-related offences violates international law and standards.
Essam Ahmed said he was taken to a detention centre on the Saudi shore after his arrest and beaten for three days. He eventually signed a «confession» that he had transported drugs and that he was arrested in Saudi waters. Essam Ahmed has been subjected to a grossly unfair trial. He told the judge that he was threatened at gunpoint in Egypt and that he had been coerced into carrying the package, but his claims were not included in his court documents or raised during the appeal process. His family said that he had no legal representation during his arrest nor investigation. Unfair proceedings render the use of the death penalty arbitrary.
I urge you not to ratify the death sentence of Essam Ahmed, and to call on the competent authorities to quash their convictions and order a fair retrial without recourse to the death penalty. Saudi Arabia must immediately establish an official moratorium on executions with a view to abolishing the death penalty.
Yours sincerely,
@KingSalman
#SaveEssamAhmed
URGENT: Egyptian fisherman Essam Ahmed is at imminent risk of execution in Saudi Arabia. He was arrested at sea in Dec 2021, tortured into making a "confession", and sentenced to death after an unfair trial.
Essam says he was forced at gunpoint to transport drugs. Executing him would be a grave injustice. His conviction and death sentence must be immediately quashed.
Roi d'Arabie saoudite:
King Salman bin Abdul Aziz al Saud
Office of His Majesty the King
Royal Court
Riyadh
Saudi Arabia
Fax: +961 11 403 3125
X/Twitter: @KingSalman
Cible supplémentaire pour écrire une lettre:
The Saudi Human Rights Commission:
Dr. Hala bint Mazyad bin Mohammed Al-Tuwaijri
E-mail: info@hrc.gov.sa
X/Twitter: @HRCSaudi
Phone: +966114185100
Fax: +966114185101
Ambassade du Royaume d'Arabie saoudite
Kirchenfeldstrasse 64
3005 Berne
Fax: 031 351 45 81
E-mail: chemb@mofa.gov.sa
→
Envois par poste dans le monde: L'envoi de lettres par poste est possible dans presque tous les pays. Néanmoins, le service peut être suspendu temporairement. Nous essayons de mettre à jour les infos. Pour tenir compte des éventuelles limitations en vigueur, veuillez également consulter les infos de la Poste suisse:
Restrictions de circulation ›
MODÈLES DE LETTRE PRÊTS À IMPRIMER/TÉLÉCHARGER:
• MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 065/25 (Word)
• MODEL LETTER ENGLISH 065/25 (Word)
CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (DOCUMENT WORD):
(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
• UA 065/25 – FRANÇAIS
• UA 065/25 – ENGLISH
→ Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
→ Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
→ Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici
English version (click on title to open):
Essam Ahmed, an Egyptian fisherman, is at imminent risk of execution in Saudi Arabia. Saudi authorities arrested him in December 2021 from the sea between Saudi Arabia and Egypt. Essam Ahmed said he was coerced by a man wielding a gun to transport drugs. In November 2022, the Criminal Court in Tabuk sentenced him to death after a grossly unfair trial for drug-related offences. Essam Ahmed said he was tortured immediately after his arrest and «confessed» under torture to drug trafficking. He had no lawyer throughout his arrest and investigation period. Essam Ahmed's conviction and death sentence must be immediately quashed and a fair retrial established, without resort to the death penalty.
According to court documents analysed by Amnesty International, Essam Ahmed had no previous criminal record and was 25 years old when he was arrested. Essam Ahmed’s family said that he had no legal representation during his arrest nor investigation. He was given a court-appointed lawyer when his trial began, but it was difficult to get responses from the lawyer and the lawyer did not promptly share the charges against Essam Ahmed or his court documents. The family said that the court-appointed lawyer did not inform them about the possibility of clemency, did not tell them the appeal had to be filed within a month, or that the Supreme Court would issue its ruling after four months.
A «confession» Essam Ahmed said was extracted under torture was included in his court documents, which stated: «He confessed to trafficking 334,000 pills of amphetamine pills … and he stated that he transported the quantity from Nuweiba city [coastal town] through the sea, and that was after he connected with the financier and dropped him off near the Saudi maritime border, and he completed the route swimming until he was arrested».
During Essam Ahmed’s appeals process, the family hired a lawyer privately, at great cost to themselves. According to court documents reviewed by Amnesty International, the lawyer told the judge that his client «is considered a victim of drug traffickers who have exploited his young age, poverty and financial need». The lawyer’s claim of exploitation was not addressed by the judge also during the appeal process.
Essam Ahmed’s account reflects several of the elements identified by the International Organization for Migration (IOM) on trafficking: Essam Ahmed said that he was recruited under deceptive conditions; transported across maritime borders without full knowledge or informed consent to carry prohibited drugs; and, coerced under threat and forced into physical risk (swimming across a maritime border).
Between January 2014 and June 2025, Saudi Arabia executed 1’816 people, according to the official press agency. Nearly one in three were executed for drug-related offences. Out of the 597 people executed for drug-related offences during the ten-year period, foreign nationals made up nearly three-quarters (75%) of such executions. In 2024 Saudi Arabia carried out a record 345 executions. The 345 executions carried out in 2024 marked the highest number of executions Amnesty International has recorded in Saudi Arabia in over three decades.
Over the past five years, the Saudi authorities have repeatedly announced reforms to their use of the death penalty, including promising to limit executions for drug-related offences. The Saudi authorities have either backtracked or failed to implement reforms in line with international standards. In January 2021, as part of Crown Prince Mohammed bin Salman’s wider package of criminal justice reforms, Saudi Arabia's Human Rights Commission (SHRC) announced a moratorium on drug-related executions which remained in place for 33 months between February 2020 and November 2022. In November 2022, the moratorium was abruptly lifted, followed by a spike in drug-related executions that same month.
International human rights treaties and standards exclude drug-related offences from the permissible scope of the death penalty. Amnesty International opposes the death penalty unconditionally, in all cases without exception, regardless of the nature or circumstances of the crime, the guilt, innocence or other characteristics of the person, or the method used by the state to carry out the execution. The organization has long held that the death penalty violates the right to life, as recognized in the Universal Declaration of Human Rights, and is the ultimate cruel, inhuman and degrading punishment.
Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
→ AKTUELLE DOKUMENTE
→ Addresses see above in ADRESSEN
Please also take action on Social Media (guide see above).
→ SOCIAL MEDIA GUIDE
→ Please take action before 7 December 2025.
→ Preferred language: Arabic, English. You can also write in your own language.