Les lois iraniennes n’offrent pas de voie fiable vers la naturalisation, sauf par le mariage avec un·e citoyen·ne iranien ou dans quelques autres circonstances exceptionnelles. En conséquence, la plupart des Afghan·e·s résidant en Iran conservent une situation précaire au regard de la législation relative à l’immigration, même après avoir vécu dans le pays pendant des décennies, et leurs enfants, bien qu’ils soient nés en Iran, ne se voient pas automatiquement accorder la nationalité iranienne. Jusqu’en mars 2025, plusieurs millions d’Afghan·e·s avaient été autorisés à faire temporairement légaliser leur séjour en Iran en obtenant un document de «recensement» (bargeh-e sarshomari). Les personnes auxquelles ce document a été délivré pouvaient accéder à des services socio-économiques limités, notamment au système de santé publique, à l’éducation publique, à un permis de travail, à des services bancaires et à la possibilité de souscrire un bail de location. Le 12 mars 2025, le Centre iranien pour les étrangers et les affaires d’immigration, qui relève du ministère de l’Intérieur, a annoncé que les documents de «recensement» des Afghan·e·s expireraient automatiquement dès le début de l’année 1404 du calendrier iranien (soit le 20 mars 2025) et que l’accès à tous les services socio-économiques serait supprimé. Au cours des mois suivants, les autorités iraniennes ont déclaré leur intention de renvoyer en Afghanistan, avant le mois de juin 2025, les Afghan·e·s dont les documents de «recensement» avaient expiré. Entre le 1er juin et le 10 juillet 2025, les autorités iraniennes ont expulsé au moins 546’000 personnes, dont 5’000 «mineur·e·s non accompagnés et séparés» en juin 2025.
Amnesty International a recueilli les témoignages de sept Afghan·e·s démontrant les violations systématiques commises par les autorités iraniennes à l’égard de cette population par le biais d’expulsions accélérées. Un Afghan qui se trouvait encore en Iran lorsqu’il s'est entretenu avec Amnesty International début juillet 2025 a déclaré qu’il n’avait pas pu inscrire ses enfants à l’école publique car leurs documents de «recensement» avaient expiré, et qu’il ne pouvait pas quitter librement son domicile pendant la journée par crainte d’être arrêté arbitrairement et expulsé. Il a déclaré: «J’ai l'impression d’être assigné à résidence. Je ne sors que la nuit pour marcher un peu. Je dors pendant la journée pour passer le temps». Il a ajouté que sa carte SIM ne fonctionnait plus et que, comme il avait fui en Iran après la prise du pouvoir par les talibans en 2021, il risquait que ceux-ci le soumettent à une arrestation arbitraire en raison de son ancien travail dans les médias en Afghanistan. S’il était arrêté en Afghanistan, il pourrait être victime de graves violations des droits humains. D’autres personnes qui se sont entretenues avec Amnesty International ont été contraintes de quitter l’Iran en raison de l’expiration de leurs documents de «recensement». Elles ont déclaré que les autorités iraniennes leur avaient facturé des frais exorbitants pour leur transfert forcé vers l’Afghanistan, et qu’elles avaient également été contraintes à payer des impôts locaux pour chacun des membres de leur famille, avant d’être envoyées à la frontière afghane, sous peine d'être placées en détention arbitraire si ces frais n’étaient pas acquittés.
Après l’escalade des hostilités entre Israël et l’Iran le 13 juin 2025, les responsables iraniens, qui ont toujours qualifié les Afghan·e·s d’«étrangers» ou de «ressortissants non autorisés», ont intensifié les discours racistes, xénophobes et déshumanisants à l’égard de cette communauté. Ils ont appelé à plusieurs reprises à un «nettoyage» rapide des «ressortissants étrangers», leur ordonnant de quitter l’Iran, les désignant comme boucs émissaires pour les échecs du gouvernement sur le terrain de la protection sociale, et leur imputant la responsabilité des tensions qui pèsent sur l’éducation publique, les soins de santé publics et le secteur de l’emploi. Les autorités ont par ailleurs porté des accusations non fondées contre des Afghan·e·s, les accusant d’«espionnage» pour le compte d’Israël. Au moins cinq personnes identifiées comme afghanes ont été arrêtées depuis le 14 juin 2025 sur la base d’accusations de ce type, et les médias d’État ont diffusé les «aveux» forcés d’au moins quatre de ces hommes.
Amnesty International a recensé des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires, des actes de torture et des mauvais traitements, des disparitions forcées et des crimes de guerre sous le régime taliban. Les talibans ont privé les femmes et les filles de presque tous leurs droits, y compris l’accès à l’éducation au-delà de l’école primaire, et l’accès au travail. Cette situation, associée à la torture et aux mauvais traitements, aux disparitions forcées et à la privation de liberté visant les femmes et les filles, constitue un crime contre l’humanité de persécution fondée sur le genre. L'Afghanistan est le seul État au monde où les femmes et les filles sont interdites d’accès à l’éducation au-delà de l’école primaire. Les talibans ont également imposé des restrictions contre les minorités religieuses et ethniques.
Défendez les droits des Afghan·e·s en Iran et envoyez une lettre d'appel
– par courrier ou Instagram et postez dans les réseaux sociaux – à la ou aux personnes cibles désignées (= voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX).
→ Délai pour prendre action: 31 décembre 2025.
→ Veuillez écrire en anglais, persan/dari, pachto, baloutche ou dans votre propre langue.
Monsieur le Ministre,
Je déplore vivement les expulsions de masse sans précédent menées par les autorités iraniennes depuis le début de l’année 2025, qui ont touché plus d’un million d’Afghan·e·s, dont des mineur·e·s non accompagnés et séparés, des réfugié·e·s et des demandeurs et demandeuses d’asile, des personnes nées en Iran de parents afghans et des Afghan·e·s vivant en Iran depuis des décennies. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), cette tendance s’est aggravée depuis le 1er juin 2025, mettant des millions d’autres Afghan·e·s en danger. Cela survient dans un contexte de graves crises humanitaire et des droits humains en Afghanistan, où un grand nombre des personnes renvoyées sont exposées à un risque imminent de persécution et de violations des droits humains par les talibans.
Après la montée des hostilités entre Israël et l’Iran le 13 juin 2025, les expulsions de masse se sont encore intensifiées. Le 22 juin 2025, les médias d'État ont cité un responsable de la police iranienne des frontières, déclarant que «tous les ressortissants non autorisés doivent quitter l'Iran», une expression souvent utilisée par les autorités pour désigner les Afghan·e·s. Cette campagne d’expulsions illégales s’est accompagnée de descentes, de contrôles et de fouilles, d’arrestations arbitraires et de retours forcés de personnes qui n’avaient pour seuls biens que les habits qu’elles portaient. Les responsables iraniens ont intensifié l’emploi de paroles déshumanisantes à l’égard des Afghan·e·s, alimentant ainsi les discours et les crimes de haine. Ils privent également les Afghan·e·s, y compris les mineur·e·s, de leurs droits socio-économiques, notamment l’accès à l’enseignement primaire et secondaire, et l’accès aux soins de santé.
Il existe un risque réel que les talibans bafouent les droits fondamentaux des personnes renvoyées de force en Afghanistan, notamment les femmes et les filles, les artistes, les opposant·e·s, les anciens fonctionnaires, les journalistes et les défenseur·e·s des droits humains. En vertu du principe de «non-refoulement», tel qu'énoncé dans le droit international, il est interdit aux États de renvoyer quiconque dans un pays où cette personne courrait un risque réel de violations. Si elles étaient renvoyées en Afghanistan, les femmes et les filles seraient privées de leurs droits fondamentaux, notamment les droits à la liberté d’expression et de croyance, à l’éducation, au travail, à la liberté de circulation, à la protection contre la torture et autres mauvais traitements, et à l’autonomie corporelle. Tous les États, y compris l’Iran, doivent reconnaître les femmes et les filles afghanes comme réfugiées et ne pas les renvoyer en Afghanistan, où les talibans les persécutent sur la base de leur genre, ce qui constitue un crime contre l’humanité.
Je vous demande de mettre immédiatement fin à l’expulsion de masse des Afghan·e·s, et d’accorder à tous les Afghan·e·s se trouvant en Iran une protection, notamment un statut migratoire régulier qui les protège contre le refoulement. J’appelle en outre les autorités iraniennes à protéger tous les Afghan·e·s en Iran contre les arrestations arbitraires, la torture et autres mauvais traitements, et les discriminations, notamment en matière d’accès au logement, aux soins de santé et à l’éducation. Toutes les femmes et filles afghanes doivent être reconnues comme réfugiées, et toute personne détenue arbitrairement en raison de son identité et/ou de sa nationalité afghane doit être immédiatement libérée.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Dear Mr. Eskandar Momeni
I am alarmed by the Iranian authorities’ ongoing and unprecedented mass expulsions of over a million Afghans, including unaccompanied and separated children, refugees and asylum seekers, individuals born in Iran to Afghan parents and Afghans living in Iran for decades, since the start of 2025. This pattern has escalated since 1 June 2025, according to UN Refugee UN Refugee UN Refugee Agency (UN-HCR), with millions more Afghans at risk. This comes amid severe human rights and humanitarian crises in Afghanistan, where many of those returned face imminent risk of persecution and human rights violations by the Taliban.
After the escalation of hostilities between Israel and Iran on 13 June 2025, the mass expulsions further escalated. On 22 June 2025, state media quoted an official from Iran’s border force saying «all unauthorized nationals must leave Iran» – a term often used by the authorities to refer to Afghans. The unlawful expulsion campaign has involved home raids, stop-and-searches, arbitrary arrests and forcible returns of people with nothing but the clothes on their backs. Iranian officials have intensified their use of dehumanizing rhetoric against Afghans, fuelling hate speech and hate crimes. They are also depriving Afghans, including children, of socioeconomic rights, including primary and secondary education and healthcare.
Those forcibly returned to Afghanistan, including women and girls, artists, dissidents, former officials, journalists and human rights defenders, face a real risk of human rights violations by the Taliban. Under the non-refoulement principle, as laid out in international law, states are prohibited from returning anyone to a country where they would be at real risk of violations. If returned to Afghanistan, woman and girls would be deprived of their human rights, including the rights to freedom of expression, belief, education, work, freedom of movement, protection from torture and other ill-treatment and bodily autonomy. All states, including Iran, must recognize Afghan women and girls as refugees and not return them to Afghanistan where the Taliban commit the crime against humanity of gender persecution against them.
I call on you to immediately stop the mass expulsion of Afghans and provide all Afghans in Iran with protection, including a regular migration status that protects them from refoulement. I further call on the Iranian authorities to protect all Afghans in Iran from arbitrary arrest, torture and other ill-treatment and discrimination, including in access to housing, healthcare and education. All Afghan women and girls must be recognized as refugees and anyone arbitrarily detained based on their Afghan identity and/or nationality must be immediately released.
Yours sincerely,
#EndMassDeportations
#ProtectAfghanRefugees
1.
More than 1 million Afghans have been forcibly returned to Afghanistan from Iran in 2025 as Iranian authorities wage a mass unlawful expulsion campaign - they must stop now! [insert UA link]
2.
More than 1 million Afghans have been forcibly returned to Afghanistan in 2025 as Iran's authorities wage a mass expulsion campaign - they must stop! This is a flagrant breach of their human rights obligation [insert UA link]
3.
Iran must observe its international legal obligations & the principle of non-refoulement by stopping the forced return of Afghan refugees to Afghanistan now! Pls share this Urgent Action & call on Iranian authorities to stop expelling Afghan refugees. [insert UA link]
4.
A significant number of Afghan refugees including journalists, human rights defenders, women protestors, artists and former government officials and security personnel would be at imminent risk of persecution and repression by the Taliban if forced to return to Afghanistan. Share this Urgent Action and call on the Iranian authorities to halt deportation of Afghan refugees.
Ministre de l’Intérieur:
Minister of interior
Eskandar Momeni
c/o Embassy of Iran to the United Nations
Chemin du Petit-Saconnex 28
1209 Genève
Instagram: https://www.instagram.com/skandarmomeni/
Ambassade de la République Islamique d'Iran
Thunstrasse 68
Case Postale 227
3000 Berne 6
Fax: 031 351 56 52
Twitter/X: iraninbern
E-Mail: secretariat@iranembassy.ch
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More than one million Afghans, including those born in Iran and those living in Iran for decades, have been forcibly returned to Afghanistan in 2025 as the Iranian authorities wage an unlawful expulsion campaign. The mass expulsions scaled up around the escalation of hostilities between Israel and Iran, with over half a million Afghans expelled since 1 June 2025, including several thousand unaccompanied children. Millions of others are at risk, including women and girls who must be treated as prima-facie refugees and not returned to Afghanistan where the Taliban are committing the crime against humanity of gender persecution against them.
Iran has hosted one of the largest populations of Afghan refugees and asylum seekers in the world for 40 years. According to UNHCR, as of 2022, there were more than 4.5 million Afghans in Iran, and at least a million fled to Iran since the return of the Taliban to power in 2021, including Afghan human rights defenders, women activists and protestors, journalists and other dissidents. The population of Afghans in Iran, including recently arrived Afghans, those who have lived in the country for decades and individuals born in Iran to Afghan parents, face widespread discrimination in law and in practice, including barriers to education, housing, employment, healthcare, banking services and freedom of movement. They also face a pervasive climate of racism and xenophobia, fuelled by hate speech from authorities and resulting in acts of violence against them by both state and non-state actors that often go unpunished.
Iranian laws do not offer a reliable pathway to naturalization, except through marriage to an Iranian national or under a few other exceptional circumstances. As a result, most Afghans residing in Iran retain a precarious migration status, even after decades of living in the country, and their children, despite being born in Iran, are not automatically granted Iranian nationality either. Until March 2025, several million Afghans had been permitted to temporarily legalize their stay in Iran through obtaining a «headcount» document (bargeh-e sarshomari). Those granted this document could access limited socioeconomic services, including access to state healthcare, public education, work authorization, banking access and ability to enter into rental agreements. On 12 March 2025, Iran’s Centre for Foreign Nationals and Immigration Affairs, which falls under the Ministry of Interior, announced that «headcount» documents for Afghans would automatically expire from the start of the year 1404 on Iran’s calendar (corresponding to 20 March 2025) and that access to all socioeconomic services would be terminated. In the following months, the Iranian authorities stated their objective to return Afghans whose «headcount» documents had expired to Afghanistan by June 2025. Between 1 June and 10 July 2025, Iranian authorities expelled at least 546’000 people, including 5’000 «unaccompanied and separated children» in June 2025.
Amnesty International documented the testimonies of seven Afghans, which demonstrate the patterns of violations Iranian authorities are committing against Afghans through expedited expulsions. An Afghan man still in Iran at the time he spoke to Amnesty International in early July 2025 said he had been unable to enrol his children into public school as their «headcount» documents had expired, and that due to fear of arbitrary arrest and deportation, he was unable to freely leave his house during the day. He said, «I feel I am under house arrest. I only go out for a walk during nights. I sleep during the days so that time passes». He further stated that his SIM-card had stopped working and, as he had fled to Iran after the Taliban takeover in 2021, he was at risk of arbitrary arrest by the Taliban due to his prior media work in Afghanistan. If arrested in Afghanistan, he would be at risk of grave human rights violations. Others who spoke to Amnesty International had been forced to leave Iran due to the expiry of their «headcount» documents. They said that the Iranian authorities charged them exorbitant fees for forced return transport to Afghanistan and that they were also forced to pay for municipal taxes for each of their family members before being sent to the Afghanistan border, or face arbitrary detention if these fees were not paid.
After hostilities between Israel and Iran escalated on 13 June 2025, Iranian officials, who have historically referred to Afghans as «foreigners» or «unauthorized nationals», intensified their use of racist, xenophobic and dehumanizing rhetoric against this community. They have repeatedly called for the rapid «mopping up» of «foreign nationals» ordering them to leave Iran, scapegoating them for the government’s own failures in the area of social welfare and blaming them for strains on public education, state healthcare and the employment sector. Authorities have also made unsubstantiated accusations against Afghans alleging «espionage» for Israel. At least five individuals identified as Afghans have been arrested since 14 June 2025 on such accusations, and state media has aired the forced «confessions» of at least four of these men.
Amnesty International has documented extrajudicial executions, arbitrary arrests, torture and ill-treatment, enforced disappearances and war crimes under the Taliban rule. The Taliban have deprived women and girls of almost all rights, including access to education beyond primary school and work. This, together with the commission of torture and ill-treatment, enforced disappearance and imprisonment targeting women and girls, amounts to the crime against humanity of gender persecution. Afghanistan is the only state in the world where women and girls are banned from education beyond primary school. The Taliban have also imposed restrictions on religious and ethnic minorities.
Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
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→ SOCIAL MEDIA GUIDE
→ Please take action before 31 December 2025.
→ Preferred language: English, Persian/Dari, Pashto, Balochi. You can also write in your own language.