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En début d’année, le président des États-Unis, Donald Trump, a lancé une campagne d’expulsions massives visant des millions de migrant·e·s et de personnes en quête de sécurité. Dans le cadre de cette campagne, huit hommes – dont un seul était sud-soudanais – ont été expulsés vers le Soudan du Sud après une bataille juridique de plusieurs semaines. Deux d’entre eux ont depuis été remis en liberté et Jesus Munoz-Gutierrez a été rapatrié au Mexique. Le gouvernement américain est tenu, en vertu du droit international, de veiller à ce que ses politiques migratoires n’occasionnent pas de violations des droits humains et n’augmentent pas le risque que des personnes en subissent. Les États-Unis ont le droit de réguler l’immigration, mais doivent le faire dans le respect de leurs obligations internationales en matière de droits humains.
En juillet 2025, le média Politico a indiqué que les expulsions depuis les États-Unis vers le Soudan du Sud s’inscrivaient dans une initiative du gouvernement sud-soudanais visant à négocier la levée des sanctions imposées à son premier vice-président, Benjamin Bol Mel, pour supprimer les restrictions sur les visas des ressortissant·e·s du pays, débloquer un compte bancaire à la Federal Reserve Bank of New York et soutenir les poursuites engagées contre l’ancien premier vice-président et dirigeant de l’opposition Riek Machar, qui est toujours en résidence surveillée. En septembre, un autre média d’information a fait savoir que les autorités sud-soudanaises niaient l’existence d’un accord avec les États-Unis pour accueillir des ressortissant·e·s de pays tiers.
Au Soudan du Sud, l’espace de participation à la vie publique continue d’être attaqué et les personnes qui prennent part à des activités civiques légitimes font l’objet d’arrestations arbitraires, de détentions prolongées, d’actes de torture et d’exécutions extrajudiciaires. Les acteurs de la sécurité et les autorités, en particulier le Service national de la sûreté (NSS), s’en prennent systématiquement aux membres de la société civile et aux personnes qui critiquent le gouvernement. Le 3 juillet 2024, le Parlement du pays a adopté la Loi de 2024 portant modification de la Loi de 2014 relative au Service national de la sûreté, qui vise à élargir les pouvoirs abusifs du NSS, notamment pour l’autoriser à arrêter des personnes avec ou sans mandat. L’article 159 de la Constitution de transition du Soudan du Sud, adoptée en 2011, confie au NSS des missions classiques de renseignement, notamment «collecter des informations, les analyser et conseiller les autorités compétentes».
Depuis le début du conflit qui a éclaté au Soudan du Sud le 15 décembre 2013, les pouvoirs du NSS sont devenus de plus en plus vastes, au point d’en faire une force de police de facto pour les élites. Des centaines de personnes, pour la plupart des hommes, sont détenues sous son autorité et celle de la Direction du renseignement militaire dans divers centres de détention à travers le pays. Amnesty International a recensé des cas de torture et d’autres mauvais traitements dans au moins trois des principaux centres de détention de la capitale, Djouba. L’organisation a également recueilli des informations concernant des personnes détenues et menacées par le NSS pour avoir exprimé librement leur opinion critique à l’égard du gouvernement ou parce qu’elles étaient considérées comme agissant contre les intérêts des élites. Les proches de personnes détenues peuvent devenir des cibles et risquer d’être surveillées, voire placées en détention, si le NSS désapprouve leurs propos ou leur comportement.
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