© Amnesty International
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États-Unis – Action lettre / Délai expiré

Il faut libérer un homme diabétique en danger

En mai 2024, Timofeï Kotchechkov, un Russe en quête de sécurité, a été arrêté alors qu’il entrait sur le territoire des États-Unis après avoir pris un rendez-vous sur l’application mobile CBP One. Il est actuellement incarcéré au centre de détention de Folkston, dans l’État de Géorgie. Timofeï souffre d’un diabète de type 1, qui nécessite une injection d’insuline trois fois par jour et un suivi médical régulier. En dépit de ses nombreuses demandes de traitement médicamenteux, de son dossier médical établi en Russie et de la dégradation de son état de santé, il ne bénéficie pas d’une prise en charge adaptée. Amnesty International demande que Timofeï soit libéré immédiatement pour pouvoir recevoir les soins médicaux dont il a besoin afin d’éviter que sa santé continue de décliner et qu’il risque de mourir.

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Timofeï Kotchechkov est un ressortissant russe de 21 ans qui a fui la Russie et demandé l’asile politique avec son frère aîné et leurs parents en 2024. Timofeï et son frère Vadim sont arrivés aux États-Unis en mai 2024 par la Californie. Bien qu’ils se soient présentés à la frontière après avoir pris un rendez-vous sur l’application mobile CBP One, ils ont été arrêtés immédiatement et envoyés au centre de détention régional Imperial à Calexico, en Californie. Durant l’automne 2024, Timofeï et Vadim ont été transférés au centre de détention de Folkston, en Géorgie. Leurs parents sont détenus en Arizona.

Atteint de diabète, Timofeï a été diagnostiqué lorsqu’il avait cinq ans. Depuis son transfert à Folkston, il ne bénéficie pas des contrôles de glycémie, des injections d’insuline et de l’alimentation qu’il lui faudrait, ce qui a eu d’énormes conséquences sur son état de santé. Timofeï a vu du personnel médical à Folkston et a signalé dans une déclaration sous serment signée de sa main et dans des rapports d’incident qu’il avait été mal diagnostiqué et qu’on lui avait fourni le mauvais type d’insuline alors qu’il avait demandé plusieurs fois le médicament, les doses et la fréquence de contrôle de la glycémie adaptés à sa pathologie. Dans sa déclaration sous serment écrite pour demander de l’aide, Timofeï indique: «Chaque fois que je demande une aide médicale, je dois attendre plusieurs semaines pour voir un médecin. Les médecins m’ont dit qu’ils ne peuvent pas me soigner correctement ici. Ma vie se rapproche chaque jour de l’enfer. Mes membres pourraient être amputés; je pourrais tomber dans le coma et mourir.» Son frère aîné a écrit: «Je ne sais plus comment l’encourager – chaque jour le brise plus mentalement et physiquement.»

Les plaintes concernant le traitement des personnes incarcérées au centre de détention de Folkston ont conduit à une visite de l’inspection générale du Département de la sécurité intérieure en novembre 2021. Les inspecteurs ont passé deux jours sur place pour interroger des membres du personnel et des personnes détenues, observer le fonctionnement et examiner les dossiers médicaux des personnes de nationalité étrangère. Leur rapport présenté au Congrès faisait état de nombreuses irrégularités «compromettant la santé, la sécurité et les droits des personnes détenues».

La société privée GEO Group vient d’obtenir un contrat de 47 millions de dollars pour transformer une prison de Géorgie en centre de détention pour personnes migrantes. Le résultat sera un complexe de près de 3'000 lits, ce qui en fera le plus grand centre de détention des services de l’immigration aux États-Unis. Le pays dans son ensemble a enregistré une hausse de 40%, entre juin 2024 et juin 2025, du nombre de personnes détenues par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE). Actuellement, la moyenne est de 56'000 personnes par jour, un record dans l’histoire des États-Unis. La récente loi budgétaire de 2025, baptisée «One Big Beautiful Bill» par Donald Trump, a augmenté le budget de l’ICE à 150 milliards de dollars pour mener à bien son plan de détention et d’expulsions à grande échelle. Il est essentiel de veiller à ce que les établissements où les droits humains sont bafoués rendent des comptes et que les personnes qui y sont détenues soient remises en liberté pour bénéficier des soins médicaux dont elles ont besoin pour survivre.

 

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