© Iryna Arakhouskaya
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Bélarus – Action lettre

L’état de santé d’une prisonnière d'opinion est très préoccupant

Nasta Loika, défenseure bélarussienne des droits humains, prisonnière d'opinion et éducatrice, doit être libérée sans condition. Elle purge une peine de sept ans de prison pour des accusations forgées de toutes pièces d’«incitation à l'inimitié ou à la discorde raciale, nationale, religieuse ou sociale», à titre de représailles pour son travail en faveur des droits humains. Elle aurait subi des actes de torture et des mauvais traitements en détention.

Elle ne reçoit pas une alimentation suffisamment nourrissante, ce qui a des effets néfastes sur sa santé. Elle a été soumise à la détention à l’isolement prolongé pendant six mois, ce qui s’apparente à de la torture ou autres châtiments ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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Nasta Loika a fait l’objet d'une arrestation arbitraire le 6 septembre 2022, alors qu’elle quittait le tribunal  municipal de Minsk, après avoir assisté à une audience dans le cadre du procès contre ses collègues défenseurs des droits humains Marfa Rabkova, Andreï Chapyuk et leurs huit coaccusés. Le 7 septembre 2022, Nasta Loika a été condamnée à 15 jours de détention, prétendument pour «houliganisme simple», au titre de l’article 19.1 du Code des infractions administratives. Le 22 septembre, le tribunal de l’arrondissement Frunzenski, à Minsk, l’a de nouveau placée 15 jours en détention, pour les mêmes motifs. Pendant sa détention, Nasta Loika n’a pas été autorisée à consulter son avocat et s’est vu refuser des soins médicaux qui lui étaient nécessaires ainsi que des produits de première nécessité, notamment des vêtements chauds et de l’eau potable. Elle a été remise en liberté le 6 octobre 2022, après avoir purgé sa peine.

Le 28 octobre, Nasta Loika a de nouveau fait l’objet d’une arrestation arbitraire à Minsk et, le 31 octobre, elle a été sanctionnée par 15 jours de privation de liberté, au titre des mêmes inculpations. Elle n’a pas été libérée au terme de ses 15 jours de détention le 12 novembre, et les mêmes accusations ont de nouveau été retenues contre elle. Durant son audience en ligne, Nasta Loika a déclaré avoir été torturée à coups de décharges électriques durant un interrogatoire, et laissée dans la cour pendant huit heures, dans le froid, sans manteau - ce qui lui a valu de tomber malade. Les autorités carcérales refusaient de lui remettre les colis qui lui étaient adressés contenant des médicaments, des produits d’hygiène personnelle et des vêtements chauds dont elle avait besoin en urgence.

Le 24 décembre 2022, à l’issue de cinq périodes de détention de 15 jours, des poursuites pénales ont été intentées contre Nasta Loika en vertu des articles 342.1 («organisation et préparation d’actions portant gravement atteinte à l’ordre public ou participation active à de telles actions») et 130.3 («incitation à l’inimitié ou à la discorde raciale, nationale, religieuse ou sociale») du Code pénal. La dernière accusation en date se fondait sur sa  participation présumée à la rédaction d’un rapport sur la persécution de membres de groupes anarchistes au Bélarus en 2018. Ce rapport fournit une évaluation critique des activités des policiers, que les enquêteurs  ont qualifiée d’«incitation à l'hostilité» contre les policiers en tant que «groupe professionnel», un chef  d'accusation lié à l’«extrémisme». Il s’agit là d’un nouvel exemple de la criminalisation flagrante du travail de défense des droits humains par les autorités du Bélarus.

Le 20 juin 2023, Nasta Loika a été déclarée coupable de cette dernière accusation et condamnée à sept ans d’emprisonnement. Le 3 octobre 2023, l’appel de cette sentence a été examiné. Sa condamnation a été confirmée. En novembre, elle a été transférée du centre de détention provisoire de Minsk à la colonie pénitentiaire de Homel, où elle purge désormais sa peine. En outre, le 12 octobre 2023, le Comité de sûreté de l’État bélarussien (KGB) a inscrit Nasta sur la Liste des organisations et des individus impliqués dans des activités terroristes: aujourd’hui, toute transaction financière la concernant est interdite et les personnes recueillant des fonds pour la soutenir peuvent être inculpées du chef de «financement d’activités terroristes».

En août 2025, Nasta Loika a été transférée à l’isolement dans une cellule de quatre mètres carrés. Elle y a été détenue pendant six mois à l’isolement total, jusque fin janvier 2026.

À ce moment-là, elle a été transférée à la colonie pénitentiaire et détenue sous un régime général. Elle a commencé à travailler dans une usine de couture, comme la majorité des autres femmes emprisonnées dans cet établissement de Homel. Les prisonnières travaillent au moins huit heures par jour et sont rémunérées entre cinq et 10 euros par mois.

Le premier avocat de Nasta a été la cible des représailles de l’État parce qu’il la représentait et a dû s’exiler. Son deuxième avocat a été radié du barreau à titre de représailles. Il s'agissait là d'une violation flagrante du droit de Nasta à un procès équitable, y compris le droit d'être représentée par l’avocat de son choix. 

Plus de 1'200 personnes sont toujours emprisonnées pour des motifs politiques au Bélarus. C’est notamment le cas des défenseur·e·s des droits humains de Viasna Marfa Rabkova, Valentin Stefanovitch et du bénévole Vital Chopik.

• Passez à l'action !

Défendez les droits de Nasta Loika et envoyez une lettre d'appel → par courrier ou e-mail (cibles/adresses voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX). Postez dans les réseaux sociaux.

→ Délai pour prendre action: 2 septembre 2026.
→ Veuillez écrire en bélarussien, russe, anglais ou dans votre propre langue.

Veuillez ajouter votre nom (ou vos initiales) à la fin du message. Vous pouvez également adapter le message et/ou mettre p.ex. en évidence les revendications et le nom. 

Pour éviter que les emails ne finissent dans les spams, il est conseillé de changer le titre du sujet.
Si l'envoi ne fonctionne pas: remplacez la virgule (,) entre les adresses email par un point-virgule (;) ou prenez une adresse par ligne à la fois.

Modèle de lettre - français ›

Monsieur le Procureur général,

Je suis vivement préoccupé·e par le maintien en détention arbitraire de la prisonnière d’opinion, défenseure des droits humains et éducatrice Nasta (Anastasia) Loika, dans la colonie pénitentiaire de Homel. Sa peine de sept ans d’emprisonnement a été prononcée à titre de représailles pour son travail en faveur des droits humains et ses critiques du pouvoir bélarussien.

Elle a été détenue dans des conditions s’apparentant à des mauvais traitements, notamment en étant soumise à un isolement prolongé pendant six mois, dans une cellule disciplinaire de quatre mètres carrés, sans pouvoir recevoir de colis, pourtant essentiels à son alimentation et à sa santé, ni passer d'appels téléphoniques ou recevoir de visites. Actuellement, elle n’est autorisée qu’à recevoir des lettres et un appel téléphonique par mois de sa mère âgée de 78 ans. En deux ans et quatre mois d’incarcération, elle n’a pu recevoir qu’une seule visite de sa mère. Elle a été inscrite arbitrairement sur la liste des «terroristes», ce qui l’empêche de recevoir une aide financière en prison et donc de s’alimenter correctement. Nasta Loika est végane et doit acheter de la nourriture végane à la boutique de la prison pour manger correctement, mais n’a pas d’argent pour le faire. Cette situation a des effets très néfastes sur sa santé physique et psychique.

En conséquence, je vous prie instamment de:

garantir que Nasta Loika soit relâchée immédiatement et sans condition, et cesser de recourir de manière abusive à la justice pénale pour s’en prendre à elle et à d’autres défenseur·e·s des droits humains au Bélarus.ouvrir sans délai une enquête indépendante et efficace sur les allégations de torture et de mauvais traitements formulées par Nasta Loika, et sur sa détention arbitraire et les poursuites engagées contre elle, et veiller à ce que tous les responsables présumés aient à rendre des comptes dans le cadre de procès équitables.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.
 

Model letter - english ›

Dear Prosecutor General,

I am extremely concerned about the ongoing arbitrary detention of prisoner of conscience, human rights defender and educator Nasta (Anastasia) Loika, in Homel prison colony. Her seven-year imprisonment is in retaliation for her human rights work and criticism of the Belarus authorities.

She has been held in conditions amounting to ill-treatment, including being subjected to prolonged solitary confinement for six months, in a four-square-meters punishment cell with prohibition of receiving parcels which were crucial for her proper nutrition and health and of calls and visits. Currently, she is only allowed letters and one call per month from her 78 years-old mother. In two years and four months of her imprisonment, she had only one visit allowed from her mother. She was arbitrarily listed as «a terrorist» which prevents her from receiving financial support in prison and thus cannot afford to eat properly. Nasta is a vegan and has to buy vegan food from the prison shop to eat properly, but has no funds to do so. This has a detrimental effect on her physical and mental health.

I urge you to:

Ensure Nasta Loika’s immediate and unconditional release and stop misusing the criminal justice system to target her and other human rights defenders in Belarus.
    Ensure prompt, independent and effective investigation of the allegations of Nasta Loika’s torture and other ill-treatment, and of her arbitrary detention and prosecution, and hold those suspected to be responsible to account through fair proceedings.

    Yours sincerely,
     

    Guide Réseaux sociaux (Social Media) ›

    Suggested messages:

    Nasta Loika, a Belarusian human rights defender and educator is serving a 7‑year sentence in Homel prison in retaliation for her human rights work. 

    Nasta spent 6 months in a small unheated  punishment cell, cut off from calls, letters, and visits. Her physical and mental health are suffering. 

    Both of Nasta’s lawyers were targeted for defending her—one forced into exile, the other disbarred. 

    I call on the Belarusian authorities to:️ Immediately and unconditionally release Nasta Loika 
    Investigate her torture, ill‑treatment, and arbitrary detention and hold those responsible to account. 

    Nasta must be freed. No one should be punished for defending human rights. 

    Graphique pour les médias sociaux à utiliser:

     

    Adresses ›

    Procureur général de la République du Bélarus:
    Dmitry Hara
    Prosecutor General  of  the Republic of  Belarus
    Internatsiyanalnaya  Str., 22
    220030 Minsk
    Belarus  
    E-mail: info@prokuratura.gov.by   

    Cibles supplémentaires:
    Gen.-Maj. Oleg Matkin
    Department of Penalty Execution 
    Ministry of the Interior
    Brilevskaya Str., 14a 
    Minsk, 220039
    Belarus
    E-mail: pismo_din@mia.by  

    Minister of the Foreign Affairs
    Maxim Ryzhenkov
    Lenina str.19
    Minsk, 220030
    Belarus
    E-mail: mail@mfa.gov.by  

    COPIES À

    Ambassade de la République du Bélarus
    Quartierweg 6, Case postale 153
    3074 Muri b. Bern
    Fax: 031 952 76 16
    E-mail: switzerland@mfa.gov.by



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    CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (WORD):
    (Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
    •  UA 097/22-2 – FRANÇAIS
    •  UA 097/22-2 – ENGLISH


    → Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
    → Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
    → Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
    Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici

    English version (click on title to open):

    Jailed human rights defender’s dire health ›

    Nasta Loika, a Belarusian woman human rights defender, prisoner of conscience and educator, must be unconditionally released. She is serving a seven-year prison sentence imposed under trumped up charges of «inciting racial, national, religious or other social enmity or discord» in retaliation for her human rights work. She has reportedly suffered torture and other ill-treatment in detention. She is not receiving food of adequate nutrition which has detrimental effect on her health. She was subjected to prolonged solitary confinement for six months which amounts to torture or other cruel, inhuman or degrading treatment or punishment.

    Nasta Loika was arbitrarily detained on 6 September 2022 as she was leaving the Minsk City Court after attending a court hearing in the trial against fellow human rights defenders Marfa Rabkova, Andrei Chapyuk and their eight co-defendants. On 7 September 2022, Nasta Loika was given 15 days detention, purportedly for «petty hooliganism», a violation under Article 19.1 of the Code of Administrative Offences. On 22 September 2022, the Frunzenski District Court of Minsk ordered her further 15-day detention under the same Article. During her detention Nasta Loika was denied access to her lawyer and denied necessary medical treatment and basic necessities, including warm clothes and drinking water. She was released on 6 October 2022, after serving her detention.

    On 28 October 2022, Nasta Loika was again arbitrarily detained in Minsk and on 31 October 2022 given a further 15-day detention under the same accusations. After serving her 15-day detention, Nasta Loika was not released on 12 November 2022 and same allegations were again brought against her. During the online hearing, Nasta Loika reported that she had been tortured with electric shock during questioning and that she had been left for eight hours in the courtyard under the elements without proper clothing. She fell ill as a result. The prison authorities were refusing to deliver parcels to Nasta Loika with medicines, personal hygiene products and warm clothes that she urgently needed.

    On 24 December 2022, after five 15-day detention terms, criminal charges were brought against Nasta Loika: under Article 342.1 («Organization and preparation of actions that grossly violate public order, or active participation in them») and 130.3 («inciting racial, national, religious or other social enmity or discord»). The basis for the latest accusation was Nasta's alleged participation in the writing of a report on the persecution of members of anarchist groups in Belarus in 2018. The report provides a critical assessment of the activities of police officers, which the investigators have qualified as «inciting enmity» against police officers as «a professional group», an «extremism» related charge. This is yet another example of the blatant criminalization of human rights work by the Belarusian authorities.

    On 20 June 2023, Nasta was found guilty of the latter charge and sentenced to seven years in prison. On 3 October 2023, the appeal against this sentence took place. The sentence was upheld. In November 2023, Nasta was transferred from Minsk pre-trial detention center to Homel prison colony, where she is serving her sentence now. In addition, on 12 October 2023, the State Security Committee (KGB) included Nasta in the List of organizations and individuals involved in terrorist activities – now any financial transactions involving her are prohibited, and people raising funds to support her may potentially face charges of «financing terrorist activities».

    In August 2025 Nasta was moved to confinement in a four-square-meter cell. She was held there for six months in total isolation until late January 2026.

    At the end of January 2026 Nasta was transferred to general conditions in the colony. She started working at a sewing factory, like the majority of other imprisoned women in Homel colony. Prisoners work at least eight hours a day and are paid five–10 euros per month.

    Nasta’s first lawyer faced state reprisals for representing her and was forced to exile. Her second lawyer was disbarred in retribution. This was a clear violation of Nasta’s right to a fair trial, including the right to be represented by a lawyer of one’s choice.

    More than 1,200 persons imprisoned for politically motivated cases are still in prison in Belarus. This includes Viasna human rights defenders Marfa Rabkova, Valiantsin Stefanovich and volunteer Vital Chopik.

     

    Take action

    Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
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    → Please take action before 2 September 2026.
    → Preferred language: Belarusian, Russian, English. You can also write in your own language.