Détails
Le 6 février 2026, le tribunal de district de Jakarta-Centre a acquitté Delpedro Marhaen, Muzaffar Salim, Syahdan Husein et Khariq Anhar. Le parquet avait requis deux ans de prison ferme contre chacun des militants. Ils étaient accusés d'avoir publié sur les réseaux sociaux des contenus jugés «provocateurs» ayant prétendument incité à la violence et aux dégradations de biens lors des manifestations d'août 2025. Les juges ont estimé qu'il n'existait aucun lien de causalité entre les publications des militants sur les réseaux sociaux et les violences survenues pendant les manifestations.
Wawan Hermawan reste en détention à Jakarta et est en attente de jugement. Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa sont en détention municipale et sont jugés à Kediri.
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23 février 2026 / Mise à jour:
Khariq Anhar: Le 23 janvier, le tribunal a initialement rejeté l'accusation de violation de la loi sur les technologies de l'information (EIT) et il a été libéré. Cependant, le 29 janvier, le procureur a déposé une nouvelle accusation de violation de la loi EIT et il est toujours jugé dans une affaire distincte pour incitation à la haine. Il est actuellement en "city detention"*.
Delpedro Marhaen Rismansyah : Son statut a été modifié en "city detention"* le 13 février afin qu'il puisse terminer son mémoire de maîtrise.
Muzaffar Salim: Il a également été placé en "city detention"* le 13 février afin qu'il puisse s'occuper de ses parents âgés, dont l'un souffre d'une maladie cardiaque.
Syahdan Hussein: Sa détention provisoire a été transformée en "city detention"* le 13 février en raison d'une maladie mentale nécessitant des soins psychiatriques continus.
Wawan Hermawan: Fin janvier, Wawan était toujours détenu au centre de détention de Salemba à Jakarta. Il était accusé d'avoir publié un article de presse satirique et remanié en soutien aux manifestations.
Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa: sont jugés devant le tribunal de district de Kediri, à Java oriental, pour leur participation à une manifestation le 30 août 2025. Le 22 décembre, le tribunal a accédé à leur demande de mise en liberté provisoire. Depuis, ils sont en "city detention"*.
*City detention: cela signifie qu'ils doivent rester en ville jusqu'à la fin de leur procès et se présenter régulièrement aux autorités.
Les sept militants encourent des peines de prison allant jusqu'à six ans. Il est important de souligner que la "city detention" ne constitue ni une libération ni un acquittement; ils restent des accusés et doivent respecter toutes leurs obligations légales pendant leur procès. Tous les sept ont fait appel, mais leurs appels ont été rejetés par les tribunaux, permettant ainsi la poursuite des procès.
Infos de l'Action urgente du 20 janvier 2026:
Des militants jugés pour avoir manifesté pacifiquement
Sept militants – Delpedro Marhaen Rismansyah, Muzaffar Salim, Khariq Anhar, Syahdan Husein, Wawan Hermawan, Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa – comparaissent devant des tribunaux à Djakarta en lien avec les manifestations d’ampleur nationale qui ont éclaté en Indonésie en août 2025. Ils se sont engagés dans des mouvements étudiants, des actions de défense de la société civile, ainsi que dans des initiatives citoyennes afin de promouvoir l’obligation de rendre des comptes pour les agissements du gouvernement.
Du 25 août au 1er septembre 2025, l’Indonésie a connu l’une des plus grandes vagues de contestation de l’ère de la Réforme. Des manifestations ont éclaté à Djakarta et dans au moins 15 provinces, la population exprimant sa colère face aux grandes difficultés économiques et face aux politiques publiques budgétaires qu’elle considère inadaptées. Amnesty International a révélé que les forces de sécurité ont recouru à la force illégale, à des arrestations arbitraires et à des actes d’intimidation contre des manifestant·e·s pacifiques.
Les sept militants ont été interpellés séparément en août et septembre 2025 dans le cadre d’une vaste campagne de répression menée par la police contre les manifestations, que beaucoup ont qualifiée de pire répression depuis des décennies. Après leur arrestation, ils ont été détenus pendant plus d’un mois par la police aux fins de l’enquête, jusqu’à ce qu’ils soient transférés sous la garde du bureau du procureur. Dans le cadre de procès distincts qui ont débuté fin novembre 2025, ils ont été inculpés de multiples infractions, notamment d’«incitation à la violence» et de «diffusion de fausses alertes» qui, selon le parquet, ont incité la population à nourrir de la haine envers le gouvernement. Ils sont inculpés en vertu de plusieurs articles, notamment l’article 160 du Code pénal relatif à l’incitation à la violence et les articles 28(3) et 45A(3) de la Loi relative aux informations et aux transactions électroniques (ITE) sur les discours de haine.
Le procès de Wawan Hermawan s’est ouvert le 24 novembre 2025 devant le tribunal de district de Djakarta-Centre. Il a été poursuivi en justice pour avoir publié une capture d'écran modifiée d'un article de presse destiné à servir de contenu satirique en soutien aux manifestations. Il est toujours détenu par le parquet au centre de détention de Salemba, à Djakarta.
Les procès de Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa se sont ouverts devant le tribunal de district de Kediri, à Kediri, dans la province de Java-Est, les 8 et 11 décembre 2025 respectivement. Ils ont été interpellés, puis inculpés après avoir participé à une manifestation le 30 août 2025, à Kediri. Le 22 décembre 2025, le tribunal a fait droit à leur demande de suspension de détention. Depuis lors, ils sont «assignés à résidence dans la ville», une mesure qui leur interdit de quitter la ville et les oblige à se présenter pour des contrôles réguliers auprès des autorités jusqu'à la fin de leur procès.
Les procès de Delpedro, Muzaffar, Khariq et Syahdan ont débuté le 16 décembre 2025 devant le tribunal de district de Djakarta-Centre. Ils sont accusés d’incitation à l’hostilité envers la police et le gouvernement, uniquement pour avoir publié sur les réseaux sociaux des contenus soutenant les manifestations, par exemple des informations sur une ligne d’assistance juridique destinée aux manifestants étudiants. La demande de suspension de leur détention a été rejetée le 8 janvier 2026. Ils se trouvent toujours au centre de détention de Salemba.
Les sept militants ont tous déposé des objections préliminaires contestant les actes d’accusation dont ils font l’objet. Cependant, les deux tribunaux ayant rejeté leurs demandes dans la décision interlocutoire, leurs procès vont se poursuivre.
Ces affaires illustrent la tendance croissante à la répression des dernières années. Amnesty International tient à souligner que le gouvernement continue d'utiliser les dispositions vagues du Code pénal et de la Loi relative aux informations et aux transactions électroniques (Loi ITE) pour réduire au silence les détracteurs au lieu de protéger le droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique.
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Veuillez noter que Muhammad «Paul» Fakhrurrozi n'est pas inclus dans cette mise à jour car il a été libéré par la police le 24 octobre 2025 et est rentré chez lui. La police n'a pas encore annoncé la conclusion ou la clôture de l'enquête. Nous continuerons de suivre l'évolution de sa situation.
• Passez à l'action !
Au vu des récents développements, nous suspendons la campagne de lettres. Nous prévoyons de lancer une action de lettre mise à jour en soutien à Wawan Hermawan, Saiful Amin et Shelfin Bima Prakosa dès la reprise des procès.