Le 3 décembre 2024, Moussa Tchangari a été arrêté et nul n’a su pendant deux jours où il se trouvait ni quel sort lui avait été réservé. Le 5 décembre 2024, il a été localisé au Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, à Niamey. Il a été inculpé, entre autres choses, d’apologie du terrorisme et d’association de malfaiteurs en lien avec le terrorisme. S'il est déclaré coupable de ces chefs d’accusation, il encourt entre cinq et 10 ans de prison. Les autorités du Niger doivent libérer immédiatement Moussa Tchangari et abandonner toutes les charges retenues contre lui.
Le 26 juillet 2023, le président Mohamed Bazoum a été chassé du pouvoir à la suite d'un coup d’État fomenté par sa Garde présidentielle. Les militaires à l'origine du coup d'État ont annoncé la création du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) le 26 juillet 2023, dans une déclaration à la télévision nationale qui justifiait la prise de pouvoir par «la dégradation continue de la situation sécuritaire et la mauvaise gouvernance économique et sociale» du régime déchu. Le 28 juillet 2023, le chef de la Garde présidentielle, Abdourahamane Tiani, s’est proclamé président du pays.
Depuis le coup d'État militaire de 2023, au lieu de s'engager sur la voie du respect des droits humains et de l'état de droit, la junte resserre son étau sur l'opposition, la société civile et les médias indépendants. Les droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté d’expression, sont sévèrement restreints au Niger. Les autorités ont menacé, harcelé et arrêté arbitrairement des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s et des journalistes, dont beaucoup – comme Moussa Tchangari – confient s'autocensurer par crainte des représailles.
Depuis les années 1990, Moussa Tchangari œuvre pour la promotion des droits fondamentaux et de l'état de droit au Niger. Il avait été détenu en raison de son travail en faveur des droits humains par le passé, à différentes occasions, notamment en mai 2015 et en 2018. Quelques jours avant son arrestation arbitraire le 3 décembre 2024, il avait fait part de son inquiétude à un collègue, pesant soigneusement ses mots et ses actes pour pouvoir continuer de défendre les droits, malgré le risque constant d'arrestation. Il avait aussi exprimé sa préoccupation quant aux risques d'arrestation et de détention arbitraire qui guettent de nombreux Nigérien·ne·s, en particulier ceux qui, comme lui, critiquent publiquement les autorités militaires.
Après avoir été détenu et inculpé, Moussa Tchangari craint que d’autres militant·e·s de la société civile nigérienne ne subissent le même sort que lui. Il redoute également que les autorités nigériennes ne ferment l’organisation de la société civile Alternatives Espaces Citoyens (AEC), dont il est le secrétaire général, afin de l’empêcher de faire son travail et de défendre les droits.
Les charges retenues contre Moussa Tchangari, notamment l'apologie du terrorisme et l'association de malfaiteurs en relation avec le terrorisme, font partie de la longue liste d'infractions susceptibles d'entraîner la déchéance de la nationalité d'un citoyen avant même sa condamnation, conformément à l'ordonnance d'août 2024 portant création de la base de données sur le terrorisme.
La date limite recommandée pour participer et agir est expirée.
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