Le député Mduduzi Bacede Mabuza (à gauche) demeure détenu arbitrairement en Eswatini. Le député Mthandeni Dube (à droite) a été libéré le 5 novembre 2025 (photo d'archive, probablement de 2021). © Droits réservés
Le député Mduduzi Bacede Mabuza (à gauche) demeure détenu arbitrairement en Eswatini. Le député Mthandeni Dube (à droite) a été libéré le 5 novembre 2025 (photo d'archive, probablement de 2021). © Droits réservés
Eswatini – Action lettre / Délai expiré

Un ancien député gracié, un autre toujours détenu

Mduduzi Bacede Mabuza, ancien membre du Parlement d’Eswatini, est détenu arbitrairement depuis le 25 juillet 2021 sur la base d’accusations motivées par des considérations politiques. Mthandeni Dube a été gracié le 5 novembre 2025 et libéré sous conditions, en étant soumis à de lourdes restrictions concernant sa liberté d’expression et de circulation et ses activités politiques, tandis que Mduduzi Bacede Mabuza – qu’Amnesty International considère comme un prisonnier d’opinion – demeure emprisonné.

Détails

Mduduzi Bacede Mabuza a été frappé à plusieurs reprises et privé d’accès à un avocat, ainsi que de soins médicaux. Les poursuites engagées contre lui découlent de l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression, d’association et de participation politique. Lors d’un procès commun avec un autre député, Mthandeni Dube, tous deux ont été déclarés coupables et condamnés à de longues peines d’emprisonnement en juillet 2024, à l’issue d’une procédure entachée de graves violations des garanties prévues par la loi.

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Le militantisme politique est réprimé depuis des années dans le royaume d’Eswatini, et le roi Mswati III, à la tête du pays, est le dernier représentant d’une monarchie absolue en Afrique. Des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s politiques ont été incarcérés au titre de lois répressives, notamment de la Loi de 1938 relative à la sédition et aux activités subversives et de la Loi de 2008 relative à la répression du terrorisme, uniquement parce qu’ils avaient dénoncé la répression de la dissidence pacifique.

Lors du mouvement de protestation de juin et juillet 2021, les forces de sécurité ont violemment réprimé les manifestations ; plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et des arrestations massives ont eu lieu. Human Rights Watch a recensé au moins 46 décès liés à ces manifestations, mais les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel est probablement bien plus élevé.

Les poursuites engagées contre Mduduzi Bacede Mabuza et Mthandeni Dube s’inscrivent dans cette campagne de répression. Après s’être exprimés pacifiquement en faveur d’une élection pour désigner le Premier ministre et d’une modification de la Constitution, ils ont fait l’objet de poursuites pénales, d’une détention provisoire prolongée, d’un rejet de leurs demandes de libération sous caution et d’un procès inéquitable. L’avis n° 55/2025 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a apporté une confirmation faisant autorité du caractère illégal et politique de leur emprisonnement.

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