Depuis octobre 2021, le gouvernement belge a manqué à plusieurs reprises à sa responsabilité consistant à fournir un hébergement adéquat aux personnes en quête d’asile, et refusé d’augmenter le nombre de places d’accueil pour atteindre la capacité nécessaire. Ce faisant, les autorités ont laissé des milliers de personnes ayant sollicité l’asile livrées à elles-mêmes, et nombre d’entre elles sont contraintes de dormir dans la rue, dans des tentes de fortune ou dans des squats, souvent dans des conditions dangereuses et insalubres, ce qui porte atteinte à leurs droits humains. Les actions et déclarations de l’État montrent clairement que la situation de privation de logement des personnes demandeuses en Belgique n’est pas le résultat d’un manque de moyens et de ressources, mais bien de volonté politique. L’indifférence affichée du gouvernement à l’égard d’obligations juridiquement contraignantes illustre un mépris alarmant pour l’état de droit.
En 2024, Amnesty International s’est entretenue avec plusieurs demandeurs d’asile concernés par la crise actuelle, des avocat·e·s spécialisés dans le droit de l’immigration, et des représentant·e·s d’organisations de la société civile travaillant activement sur le sujet en fournissant un travail de plaidoyer, une aide humanitaire et d’autres formes d’aide aux personnes affectées. Les hommes demandeurs d’asile célibataires et racisés étant les plus touchés par les manquements du gouvernement belge en matière d’accueil, ces recherches étaient principalement axées sur eux.
L’une des personnes dont Amnesty International a recueilli les propos, «Hassan», un homme originaire de Syrie (tous les noms fournis dans cette AU sont des pseudonymes, afin de protéger l’identité et la vie privée des personnes interrogées), a dû survivre pendant plusieurs mois dans la rue et dans des camps de fortune. Il a dormi sous les escaliers du centre d’enregistrement situé Boulevard Pacheco 44, à Bruxelles, sur ce qu’il a ironiquement défini comme un «lit cinq étoiles», qu’il a fabriqué à partir d'une palette en bois. Même en dormant dans la rue, «Hassan» a continué à offrir son assistance à des personnes qui attendaient d’entamer leur procédure d’asile en Belgique, en les aidant avec les traductions et en leur donnant les informations que l’État ne fournissait pas. Hassan a déclaré à Amnesty International: «Je me retrouve dans la rue sans aucune aide, sans rien. À Pacheco 44 [le centre où l’on peut déposer une demande de protection internationale], la Croix-Rouge est à l'étage et [...] les gens dorment [dans un endroit situé sous les escaliers du bâtiment], alors j’ai fabriqué un lit et j'ai dormi là. J’ai trouvé une palette en bois et j'ai eu un lit cinq étoiles. Pour [les demandeurs d'asile], c'est un lit cinq étoiles, croyez-moi. Il vous protège de la pluie.»
«Ahmet et «Baraa», deux Palestiniens qui ont fui Gaza, sont arrivés en Belgique en septembre 2024. Ils vivaient dans un squat qui abritait six ou sept personnes par pièce. Ahmet a expliqué à Amnesty International que le squat ne disposait pas d’eau chaude, de matelas ni de couvertures: «Il faisait froid. […] Tu peux mourir de faim sans que personne ne le sache. Personne ne t’aidera.»
Des milliers de personnes demandeuses d’asile, telles que «Hassan», «Ahmet» et «Baraa» paient le prix de l’inaction délibérée des autorités. D'autres témoignages de personnes interrogées par Amnesty International sont disponibles dans la dernière publication de l’organisation à ce sujet. Des institutions de défense des droits humains et des organisations de la société civile ont apporté des solutions pratiques pour veiller à ce que les personnes demandeuses d’asile reçoivent l’aide à laquelle elles ont le droit. Cependant, il ne peut être attendu que leurs seuls efforts remédient aux insuffisances de l’État, et, alors que l’inaction de l’État se poursuit, les conséquences néfastes pour les droits humains, ainsi que les préjudices et les souffrances imposés aux personnes affectées continuent de croître. Au titre de la directive de l’Union européenne relative aux conditions d’accueil (articles 19 et 20 de la DCA) et du droit international (article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels), la Belgique a l’obligation juridique de veiller à ce que les personnes demandeuses d’asile sur son territoire bénéficient de conditions d’accueil dignes, notamment d’un logement convenable, sans discrimination.
Défendez les droits des personnes demandant une protection internationale et envoyez une lettre d'appel
– par courrier, e-mail ou X/Twitter et postez dans les réseaux sociaux – à la ou aux personnes cibles désignées (= voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX).
→ Délai pour prendre action: 3 octobre 2025.
→ Veuillez écrire en français, néerlandais, anglais ou dans votre propre langue.
Veuillez ajouter votre nom (ou vos initiales) à la fin du message. Vous pouvez également adapter le message et/ou mettre p.ex. en évidence les revendications et le nom.
Pour éviter que les emails ne finissent dans les spams, il est conseillé de changer le titre du sujet.
Sous ADRESSES, vous trouverez d'autres personnes cibles à qui vous pouvez adresser un e-mail.
Signez aussi la pétition en ligne d'Amnesty International Belgique:
Stop à l’injustice. Pour un accueil digne des personnes demandeuses d’asile en Belgique
Madame la Ministre,
Je vous écris afin de vous faire part de mon inquiétude au sujet du manquement persistant du gouvernement belge, depuis 2021, à son devoir de fournir un abri et des services de première nécessité à des personnes sollicitant une protection internationale en Belgique, en violation de ses obligations internationales et européennes relatives aux droits humains.
Ces dernières années, le gouvernement a refusé à plusieurs reprises de prendre les mesures requises et d’utiliser tous les instruments disponibles pour faire face à la situation et défendre les droits des personnes. L’État a agi au mépris de plus de 12’000 décisions de justice nationales et internationales.
Des milliers de personnes demandeuses d’asile, principalement des hommes célibataires racisés, paient le prix de l’inaction délibérée des autorités. Venues en Belgique dans l’espoir d’obtenir une protection face au conflit, aux persécutions et aux atteintes aux droits humains, ces personnes se retrouvent à vivre dans la rue pendant des mois, exposées à la précarité et à l’insécurité.
Pour remédier à la situation, les autorités belges doivent prendre toutes les mesures possibles pour respecter, protéger et concrétiser les droits des personnes demandeuses d’asile, sans discrimination aucune. À titre de priorité, des actions immédiates sont nécessaires pour créer des places d’accueil supplémentaires, notamment en activant le «plan de dispersion», et en apportant un soutien significatif aux municipalités. Parallèlement, votre gouvernement doit agir en urgence afin de créer des stratégies à long terme pour gérer les fluctuations du nombre de personnes en quête de protection en Belgique.
Je vous demande de fournir aux personnes en quête de protection un accueil adéquat, et de respecter pleinement les décisions de justice nationales et internationales protégeant les droits fondamentaux des personnes demandant l’asile.
Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.
Dear Minister,
I am writing to express my concern regarding the Belgian government’s continued failure, since 2021, to provide reception and essential services to people seeking international protection in Belgium, which violates its international and European human rights obligations.
Over the past years, the government has repeatedly refused to take the necessary steps and use all available instruments to address the situation and uphold people’s rights. The state has acted in open defiance of over 12’000 domestic and international judicial orders.
Thousands of asylum seekers, primarily single racialized men, are paying a heavy price for the authorities’ willful inaction. People having come to Belgium hoping for protection from conflict, persecution, and human rights abuses, are left to live on the streets for months, exposed to more precariousness and insecurity.
To address the situation, Belgian authorities must take all possible measures to respect, protect and fulfil the rights of asylum seekers without discrimination. As a priority, immediate actions are required to create additional reception capacity, including by activating the ‘dispersal plan, and by providing significant support to municipalities. In parallel, your government must act urgently to create long-term strategies to handle fluctuations in the number of people seeking protection in Belgium.
I urge you to provide people seeking protection with adequate reception and to fully respect national and international court decisions that protect the human rights of asylum seekers.
Yours sincerely,
Minister for Asylum and Migration Anneleen Van Bossuyt:
Twitter/X: @anneleen_vb
Facebook: https://www.facebook.com/vanbossuytanneleen/
Instagram: @anneleen_van_bossuyt
#begov
Prime Minister Bart De Wever:
Twitter/X: @Bart_DeWever
Facebook: https://www.facebook.com/bartdewever/
Instagram: @bartdewever1
Suggested messaging:
Thousands of asylum seekers in #Belgium are forced to sleep rough due to the state’s unwillingness to provide the legally required reception. As new minister, @anneleen_vb must show commitment to human rights and the rule of law in #Belgium, stop these abuses and safeguard asylum seekers’ human dignity. [Link to UA]
@anneleen_vb how many more people must suffer before Belgium meets its obligations? Respect for human rights and the rule of law must be restored. It is time to step up and stop this injustice by providing people with adequate reception. [Link to UA]
1.)
Ministre de l’Asile et de la Migration
Anneleen Van Bossuyt
2 rue Lambermont
1000 Bruxelles
Belgique
E-mail: info@migratie-mi.be
Twitter/X: @anneleen_vb
2.) → Si vous écrivez aussi une lettre au Premier ministe, n'noubliez pas de changer la salutation dans le modèle, soit en début et dans la phrase finale de la lettre !
Premier ministre
Bart De Wever
Rue de la Mer 16
1000 Bruxelles
Belgique
E-mail: contact@premier.be
Ambassade du Royaume de Belgique
Weltpoststrasse 4
Case Postale
3000 Berne 16
E-mail: bern@diplobel.fed.be
→
Envois par poste dans le monde: L'envoi de lettres par poste est possible dans presque tous les pays. Néanmoins, le service peut être suspendu temporairement. Nous essayons de mettre à jour les infos. Pour tenir compte des éventuelles limitations en vigueur, veuillez également consulter les infos de la Poste suisse:
Restrictions de circulation ›
MODÈLES DE LETTRE PRÊTS À IMPRIMER/TÉLÉCHARGER:
• MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 113/23-1 (Word)
• MODEL LETTER ENGLISH 113/23-1 (Word)
CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (DOCUMENT WORD):
(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
• UA 113/23-1 – FRANÇAIS
• UA 113/23-1 – ENGLISH
→ Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
→ Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
→ Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici
English version (click on title to open):
In Belgium, over 2'500 people seeking international protection remain destitute due to the government’s ongoing refusal to provide accommodation and essential services, a policy that has been in place since 2021. Many of these individuals, primarily single men, are left without shelter, forced to sleep on the streets, in makeshift tents, or in squats. Despite more than 10'000 domestic court rulings ordering the government to provide adequate reception, the Belgian government has continually ignored these legally binding judgments. The federal government must act immediately to provide reception, end this self-inflicted rule of law crisis and uphold Belgium’s international human rights obligations.
Since October 2021, the Belgian government has repeatedly failed to provide adequate reception to asylum seekers and refused to increase reception places to meet the needed capacity. In doing so, authorities have left thousands of people who filed for asylum to fend for themselves, with many being forced to sleep on the streets, in makeshift tents or in squats, often in unsafe and unsanitary conditions, in violation of their human rights. The state’s actions and declarations clearly show that asylum seekers’ homelessness in Belgium is not a matter of means and resources but one of political will. The government’s flagrant disregard for legal obligations displays an alarming contempt for the rule of law.
In 2024, Amnesty International spoke to several asylum-seekers impacted by the ongoing crisis, lawyers specialized in immigration law and representatives from civil society organizations working on this issue through advocacy, humanitarian support, and other forms of assistance for people affected. Single racialized male asylum seekers were the focus of the research, as they are disproportionately impacted by the Belgian government’s failure to provide reception.
One of the people interviewed by Amnesty International, «Hassan», a man from Syria (all names in this UA are pseudonyms to protect the identity and privacy of people interviewed), had to survive for several months on the streets and in makeshift camps. He slept under the stairs of the registration centre situated at Rue de Pacheco 44 in Brussels, on what he ironically defined as a «five-star bed», that he made from a wooden pallet. Even while sleeping rough, «Hassan» continued to offer help to others waiting to start their asylum procedures in Belgium, helping with translations and providing people the information that the state failed to offer. Hassan told Amnesty: «I find myself in the street with zero help, nothing. At Pacheco 44 [the centre where people apply for international protection], the Red Cross is upstairs and ... people sleep [in a place under the stairs to the building], so I made a bed there and slept there. I found a wooden pallet and I had a five-star bed. For [people seeking asylum], it’s a five-star bed, believe me. It protects you from rain».
«Ahmet» and «Baraa», both Palestinian men who fled Gaza, arrived in Belgium in September 2024.They lived in a squat which housed six or seven people per room. Ahmet described to Amnesty International how the squat lacked hot water, mattresses, or blankets: «It was cold. […] You can be starving, and no one will know about it. No one will help you».
Thousands of asylum seekers like «Hassan», «Ahmet» and «Baraa» are paying a heavy price for the authorities’ wilful inaction. More personal accounts from people interviewed by Amnesty International can be found in Amnesty’s latest publication. Human rights institutions and civil society organizations have offered practical solutions to ensure asylum seekers receive the support they are entitled to. However, their efforts alone cannot be expected to remedy for the state’s failures, and as inaction persists, the negative human rights impact, harm and suffering endured by those affected continue to grow. Under the European Union (EU)’s Reception Conditions Directive (‘RCD’, Art. 19-20) and international law (ICESCR, Art. 11), Belgium has a legal obligation to ensure that asylum seekers on its territory have access to dignified reception conditions, including adequate housing, without discrimination.
Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
→ DOCUMENTS ACTUELS
→ Addresses see above in ADRESSES
Please also take action on Social Media. See above in
→ Guide Réseaux sociaux (Social Media)
→ Please take action before 3 Octobre 2025.
→ Preferred language: French, Dutch, English. You can also write in your own language.