© Amnesty International

Que sont les Actions urgentes ?

Grâce aux Actions urgentes lancées, la situation des personnes touchées s’améliore dans un bon tiers. Les lettres sont également un signe important de solidarité pour les personnes concernées elles-mêmes, ainsi que pour leurs familles et leur entourage. Ci-dessous, nous laissons la parole aux personnes concernées qui nous ont remerciés pour les campagnes de lettres lancées et qui nous montrons ainsi l'importance de notre solidarité.

Participez

Avec les AU, vous pouvez défendre les droits des personnes emprisonnées à tort, exposées à un risque imminent de torture ou d'exécution, ou autrement en danger.

Les Actions urgentes sont performantes: dans environ un tiers des AU lancées, au moins une partie des exigences sont abordées et la situation individuelle des personnes concernées s'améliore.

On estime que plus de 150'000 personnes dans le monde participent aux AU.

Voir aussi:
L'impact des mots. Les Actions Urgentes, ou comment agir pour les droits humains →
(Rediriger dans une nouvelle fenêtre vers la chaîne YouTube d'Amnesty Suisse)

Depuis 1973

La première Action urgente d’Amnesty International a été lancée en 1973, en faveur d’un professeur brésilien arrêté pour des raisons politiques, Luiz Basilio Rossi, qui qualifiera l’intervention de l’organisation de décisive: «Je savais que mon cas avait été porté sur la place publique et qu’ils ne pouvaient plus me tuer. Puis les pressions dont je faisais l’objet ont diminué et mes conditions de détention se sont améliorées.»

En 1973, Amnesty International lance pour la première fois une action urgente: dans de nombreuses lettres, les auteurs de l'appel demandent au gouvernement militaire brésilien de l'époque de libérer le syndicaliste Luiz Basílio Rossi. Au plus fort de la dictature militaire, il a été kidnappé, arrêté et torturé par la police parce qu'il était membre du Parti communiste. La police militaire a confisqué ses livres et documents et placé sa femme Maria José Rossi et leurs trois filles en résidence surveillée.
Maria José Rossi a finalement réussi à jeter une note par la fenêtre avec un appel à l'aide. La fille de sept ans d'un voisin a trouvé le message et l'a transmis à des connaissances, qui à leur tour ont contacté le siège d'Amnesty à Londres. À cette époque, Tracy Ulveit-Moe, membre du personnel d'Amnesty International, recueillait depuis longtemps des preuves et signalait des cas de torture et de disparition au Brésil. Elle savait que la vie de Luiz Basílio Rossi était en danger imminent. Avec ses collègues, elle a développé une idée qui est devenue l'une des formes d'action les plus efficaces d'Amnesty: des milliers de lettres du monde entier ont appelé le gouvernement militaire brésilien à libérer Luiz Basílio Rossi. La première action urgente est née.
Après plusieurs semaines, Maria José Rossi a pu rendre visite à son mari quelques minutes au siège de la police secrète et lui redonner espoir. Son cas avait acquis une notoriété internationale. Le directeur de la police lui a dit à l'époque: «Votre mari doit être plus important que nous ne le pensions, sinon nous n'aurions pas reçu toutes ces lettres du monde entier.» En fait, les conditions de détention de Rossi se sont améliorées à la suite de l'action et il a finalement été libéré le 24 octobre 1973.
«Mes bourreaux ont voulu me briser et m'isoler, couper toutes les connexions avec le monde extérieur. Mais l'action urgente d'Amnesty a brisé cet isolement», a déclaré Rossi en 2006 lors de la remise du prix des droits humains d'Amnesty à Berlin.

Par la suite, des milliers d’Actions urgentes ont été lancées, en faveur de personnes la plupart du temps inconnues, mais dont certaines sont devenues des personnalités, comme Vaclav Havel, ancien prisonnier de conscience en Tchécoslovaquie, devenu président de la République fédérale tchèque et slovaque: «Mon cas prouve que les Actions urgentes ont du sens et de l’effet», a-t-il déclaré en 1989.

Ou l’écrivain brésilien Paulo Coelho, auteur de L’Alchimiste, qui avait été interné en hôpital psychiatrique et adopté par Amnesty International comme prisonnier d’opinion, et finalement libéré le 29 mai 1974: «Je voudrais exprimer mon admiration personnelle pour le travail fait par Amnesty International durant toutes ces années. En tant qu’ex-prisonnier politique de la dictature brésilienne, j’ai pu attester de l’importance de ce travail.»

Portrait von Luiz Basilio Rossi
Luiz Basilio Rossi im Jahr 1996 © Amnesty International

Luiz Basilio Rossi

«Mes bourreaux ont voulu me briser et m'isoler, couper toutes les connexions avec le monde extérieur. Mais l'action urgente d'Amnesty a brisé cet isolement», a déclaré Rossi en 2006 lors de la remise du prix des droits humains d'Amnesty à Berlin.

Après sa libération

Après sa libération, Rossi se rendit en Belgique et travailla avec les membres locaux d'Amnesty International pour renforcer l'organisation. Il partagea son histoire, inspirant d'innombrables personnes à défendre les droits humains. Déjà en 1974, Amnesty International lança onze nouvelles Actions Urgentes. Aujourd'hui encore, cette forme d'intervention internationale rapide demeure l'un des outils les plus efficaces pour mettre fin aux violations des droits humains et témoigner de la solidarité envers les victimes. 

Luiz Basílio Rossi consacra sa vie aux droits humains, que ce soit comme militant syndical ou dans le cadre de son travail de professeur d'université. L'éducation, en particulier, lui tenait à cœur. Son histoire, le dévouement de sa famille et l'engagement massif de ses soutiens illustrent clairement le pouvoir de la solidarité. L'histoire de Luiz Basílio Rossi continue de nous inspirer aujourd'hui, comme elle l'a fait hier, dans notre engagement à aider les personnes en danger !