Alors qu’un nombre record de civils tués a été enregistré l’an dernier (11'000 selon les chiffres de l’ONU), les militants des droits humains sont largement délaissés par le gouvernement afghan. Dans le rapport Defenceless Defenders: Attacks on Afghanistan’s Human Rights Community, Amnesty International révèle que le gouvernement afghan s’est de façon répétée abstenu d’enquêter sur des attaques commises contre des militants des droits humains, les accusant dans certains cas d’avoir «forgé de toutes pièces» leurs plaintes, et leur disant même de prendre les armes pour se défendre.
«C’est actuellement l’une des périodes les plus dangereuses pour les militants des droits humains en Afghanistan.» - Omar Waraich, directeur adjoint pour l’Asie du Sud à Amnesty International
«C’est actuellement l’une des périodes les plus dangereuses pour les militants des droits humains en Afghanistan. Ils travaillent dans l’un des environnements les plus risqués au monde et sont confrontés à des menaces venant à la fois du gouvernement et des groupes armés. Le gouvernement afghan est tenu de respecter, protéger et soutenir les militants, d’enquêter sur les menaces et les attaques dont ils font l’objet, et d’amener les responsables présumés de ces agissements à rendre des comptes», a déclaré Omar Waraich, directeur adjoint pour l’Asie du Sud à Amnesty International.
Dans son rapport, Amnesty International montre de façon détaillée que les militants et défenseurs des droits humains sont intimidés, harcelés, menacés, attaqués avec des armes à feu et même tués, et que les autorités s’abstiennent d’enquêter sur ces agissements et d’engager des poursuites contre les responsables présumés.
«La communauté internationale doit intervenir et apporter à la communauté afghane des défenseurs des droits humains l’aide dont elle a besoin de toute urgence»
«La communauté internationale a un rôle important à jouer dans le cas présent. Elle salue depuis longtemps le courage des militants des droits humains en Afghanistan, mais elle s’abstient de reconnaître leurs réalisations et de les soutenir efficacement. La communauté internationale doit intervenir et apporter à la communauté afghane des défenseurs des droits humains l’aide dont elle a besoin de toute urgence», a déclaré Omar Waraich.
Communiqué de presse publié le 28 août 2019, Kaboul/Genève. Contact du service de presse