Les victimes, majoritairement originaires de différents pays d’Asie, sont attirées par de fausses offres d’emploi diffusées sur les réseaux sociaux. Une fois sur place, elles sont enfermées, contraintes à commettre des escroqueries en ligne et soumises à des violences physiques et psychologiques. Amnesty a interrogé 58 victimes de huit nationalités, dont neuf enfants, et examiné les dossiers de 336 autres personnes.
«L’esclavage prospère lorsque les gouvernements détournent le regard.»
Montse Ferrer, directrice régionale de la recherche à Amnesty International
Les témoignages recueillis décrivent des conditions de détention inhumaines : surveillance constante, barbelés, gardes armés, torture en cas de désobéissance ou de tentative de fuite. Certaines victimes ont été revendues d’un centre à un autre, ou forcées à « rembourser » une dette fictive.
Malgré des preuves accablantes, les autorités cambodgiennes n’ont pas pris de mesures efficaces. Des descentes policières ont eu lieu, mais la majorité des centres identifiés par Amnesty restent actifs. Dans certains cas, la police s’est contentée de récupérer les victimes à l’entrée des centres, sans enquête ni fermeture des lieux.
Des victimes ont même été battues après avoir tenté de contacter la police. D’autres ont été détenues dans des centres d’immigration dans des conditions déplorables, sans reconnaissance de leur statut de victimes de la traite.
Lisa, 18 ans, a été recrutée en Thaïlande pour un prétendu emploi administratif. Elle a été transférée de nuit au Cambodge, enfermée pendant 11 mois et forcée à escroquer des internautes. Lors d’une tentative de fuite, elle a été battue à coups de tige métallique.
Siti a vu un homme battu jusqu’à ce que son corps devienne violet, puis électrocuté. Le responsable du centre lui a dit qu’ils attendaient qu’un autre centre l’achète.
Cinq des neuf enfants interrogés ont subi des actes de torture. Sawat, 17 ans, a été battu et menacé d’être jeté du haut d’un immeuble.
Amnesty appelle le gouvernement cambodgien à :
« L’esclavage prospère lorsque les gouvernements détournent le regard », observe Montse Ferrer, directrice régionale de la recherche à Amnesty International.
Communiqué de presse du 26 juin 2025, Londres, Berne – Contact du service de presse