Note du 25 juin 2024 : Julian Assange est libre !
Julian Assange, a pu quitter la prison de Londres le 24 juin 2024 et serait en route vers les îles Mariannes américaines, dans le Pacifique. Un accord avec les autorités américaines vise à garantir qu'il puisse ensuite rentrer chez lui en Australie sans poursuites pénales supplémentaires.
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En décembre 2023, la Haute Cour de justice du Royaume-Uni a annoncé s’être saisie de ce qui pourrait être le dernier appel de Julian Assange au Royaume-Uni contre son extradition aux États-Unis. La Haute Cour a confirmé qu’une audience de deux jours se tiendrait les 20 et 21 février 2024 (**). Lors de cette ultime tentative de la défense de Julian Assange, les juges détermineront s’il lui sera permis de faire appel à nouveau devant un tribunal britannique ou s’il devra se préparer à contester son extradition imminente en déposant une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme.
(**) Note: Entre-temps, le tribunal a rendu une décision. Voir notre article du 27 mars 2024, Le report de l’examen de son recours laisse Julian Assange et la presse dans l’incertitude
En avril 2019, les autorités britanniques ont arrêté Julian Assange à l’ambassade d’Équateur à Londres. En mai, il a été condamné à 50 semaines d’emprisonnement pour non-respect des conditions de sa remise en liberté sous caution et pour avoir cherché à se réfugier dans l’ambassade. En septembre 2019, Julian Assange aurait pu être libéré, mais il a été maintenu en détention dans une prison de très haute sécurité sur la base d’une demande d’extradition des États-Unis. Cette demande se fonde sur des accusations qui découlent directement de la publication de documents classés secrets qui étaient parvenus à Julian Assange dans le cadre de son travail avec WikiLeaks.
Amnesty International s’oppose fermement à l’extradition de Julian Assange comme à son transfert aux États-Unis par tout autre moyen. Il y serait confronté à un risque élevé de graves violations des droits humains, notamment des conditions de détention s’apparentant à de la torture et à d’autres mauvais traitements (comme le maintien prolongé à l’isolement). Le fait qu’il ait été la cible d’une campagne publique de dénigrement menée par des représentants du gouvernement des États-Unis au plus haut niveau a également porté atteinte à son droit à la présomption d’innocence et l’expose au risque d’être soumis à un procès inique. Son extradition constituerait également un avertissement fort pour les journalistes du monde entier quant aux risques encourus par celles et ceux qui envisageraient de publier du matériel classé secret.
La publication par Julian Assange de documents secrets dans le cadre de sa collaboration avec WikiLeaks ne devrait pas être passible de sanctions au titre de la Loi des États-Unis relative à l’espionnage puisque son activité de publication reflète l’attitude que les journalistes d’investigation et les responsables de publication adoptent régulièrement dans le cadre de leurs activités professionnelles. Les poursuites engagées contre Julian Assange auront un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression et sur la liberté des médias partout dans le monde car les journalistes pourraient être amené·e·s à pratiquer l’autocensure, par crainte d’être poursuivi·e·s.
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