Après son arrestation en Mauritanie en novembre 2001, Mohamedou Slahi a été soumis à une disparition forcée et à une «restitution» à la Jordanie. Le gouvernement des États-Unis pensait qu’il était membre d’Al Qaïda, une allégation démentie par Mohamedou Slahi, qui affirme avoir «coupé les ponts» avec l’organisation depuis 1992. Mohamedou Ould Slahi affirme avoir subi des actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants en Jordanie, à la base aérienne de Bagram en Afghanistan, à Guantánamo et pendant ses transfèrements.
Dans le cadre du «programme spécial d’interrogatoire» auquel il a été soumis pendant 90 jours à Guantánamo, Mohamedou Slahi n’a pas été autorisé à sortir pendant la journée avant juillet 2004 et la porte de sa cellule était scellée pour qu’aucune lumière n’y entre. Il a été soumis à une fausse «restitution», au cours de laquelle des gardiens de prison l’ont maintenu et frappé pendant trois heures et demie sur un bateau. En 2003, Mohamedou Slahi aurait été privé de sommeil pendant 70 jours consécutifs, soumis à un éclairage stroboscopique et à de la musique heavy metal assourdissante. On l’aurait menacé ainsi que ses proches. Un chien aurait été utilisé pour l’effrayer, il aurait été exposé au froid, aspergé d’eau glacée, battu et privé de nourriture.
En avril 2010, un juge de la cour fédérale de district a estimé que la détention de Mohamedou Slahi était illégale et a ordonné sa libération. Le gouvernement fédéral a fait appel de cette décision et, en novembre 2010, la Cour fédérale d’appel des États-Unis a infirmé le jugement et a renvoyé l’affaire devant la cour de district. Plus de cinq ans plus tard, Mohamedou Slahi est toujours en détention, sans inculpation ni jugement.