L’organisation propose six mesures concrètes, à commencer par un transfert des demandeurs d’asile vers la Grèce continentale, où leurs demandes d’asile peuvent être traitées, avant une relocalisation à travers l’Europe.
«Les dirigeants européens veulent garder les réfugiés et les migrants sur les îles grecques - loin des yeux, et donc loin de l'esprit. Mais à l’heure où les conditions empirent à mesure que l'hiver avance, les ignorer met en péril la vie et la dignité de ces personnes», a déclaré Iverna McGowan, directrice du bureau européen d’Amnesty International.
«Les mesures visant à alléger ces souffrances sont simples, mais nous observons un manque de volonté politique. Si nos dirigeants ne changent pas de cap, leur réaction consternante face au nombre pourtant gérable de personnes arrivant aux frontières de l’Europe restera comme une souillure dans notre conscience collective.»
Les conditions sur les îles sont dangereuses et se sont mêmes avérées fatales - une femme et un enfant sont récemment morts après l’explosion d’une bouteille de gaz.
Les conditions sur les îles sont dangereuses et se sont mêmes avérées fatales - une femme et un enfant sont récemment morts après l’explosion d’une bouteille de gaz. Réfugiés et migrants, parmi lesquels des mineurs et des familles vulnérables, dorment sous des tentes exposées au froid et à de fortes pluies, sans installations sanitaires ni conditions d’hygiène adéquates, et dans la peur constante de faire l’objet d’agressions racistes ou d’autres types de violences, notamment liées au genre.
Certains réfugiés se trouvent sur ces îles depuis plusieurs mois sans pouvoir bénéficier de la procédure d’asile. D’autres ont choisi de rentrer «de leur propre initiative» afin de se soustraire à des conditions dans lesquelles ils sont privés de liberté, ainsi qu'à l’incertitude concernant leur avenir. Amnesty International a par ailleurs recensé des cas de personnes réfugiées expulsées contre leur gré alors qu’elles avaient exprimé le souhait de demander l’asile.
Bien qu’ils puissent prétendre au rassemblement familial en vertu du droit communautaire, certains réfugiés ne sont pas autorisés à retrouver les membres de leur famille installés dans d’autres pays de l’UE. La Commission européenne suggère désormais qu’ils soient renvoyés en Turquie et demandent un rassemblement familial depuis ce pays, décision semblant être motivée par la volonté d’augmenter le nombre de personnes expulsées dans le cadre de l’accord.