Détails
Depuis le 7 octobre 2023, 251 personnes ont été enlevées lors des attaques du Hamas dans le sud d’Israël, dont 224 civils (124 hommes, 64 femmes et 36 enfants). Amnesty International estime qu’une vingtaine d’otages seulement seraient encore en vie, exposés à un risque élevé de mort, de torture et de mauvais traitements. Leur détention constitue un crime de guerre. L’organisation exige leur libération immédiate, ainsi que la restitution des corps emportés à Gaza.
Les témoignages d’otages libérés font état de violences physiques, sexuelles et psychologiques, de détention au secret et de privation totale de contact avec leurs familles. Plusieurs ont été frappés, privés de nourriture, soumis à la nudité forcée ou à des menaces de mariage forcé. Des enfants ont été séparés de leurs proches. Les groupes armés palestiniens ont aussi diffusé des vidéos humiliantes de captifs blessés, affamés ou contraints de supplier pour leur vie – des pratiques assimilables à de la torture.
En parallèle, Israël détient aujourd’hui plus de 11 000 Palestinien·ne·s, dont 57 % sans inculpation ni procès. Selon le JLAC, les corps d’au moins 730 Palestinien·ne·s sont retenus par Israël comme monnaie d’échange, parfois depuis des décennies. Amnesty International exige la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement, la fin des mauvais traitements et l’arrêt de la rétention des corps.
Le bilan humain est accablant : les attaques du 7 octobre 2023 ont causé environ 1 200 morts en Israël, dont plus de 800 civils et au moins 36 enfants. L’offensive israélienne qui a suivi a fait plus de 65 000 morts à Gaza, dont 18 000 enfants, et plus de 200 000 blessés. Selon l’ONU, 78 % des bâtiments de Gaza sont détruits ou endommagés, tandis que des dizaines de milliers de personnes restent portées disparues, probablement sous les décombres.
Amnesty International rappelle que la prise d’otages, la détention arbitraire et les violences commises par toutes les parties constituent des crimes de droit international. L’organisation appelle la communauté internationale à agir d’urgence pour mettre fin à ces violations et garantir la protection des civils.
Témoignages
Plusieurs otages libérés ont décrit des violences physiques, sexuelles et psychologiques, ainsi que l’angoisse insoutenable de l’isolement total (description plus exhaustive en pièce jointe).
Shoshan Haran, enlevée avec six membres de sa famille à Beeri : « Après 50 jours épouvantables de captivité, j’ai appris que mon mari avait été tué après notre enlèvement. » Dans une vidéo publiée le 2 août 2025 par les Brigades al Qassam, Evyatar David, le corps émacié, est contraint de creuser dans un tunnel ce qu’il pense être sa propre tombe. L’otage indique avec précision, en se référant à un calendrier annoté, qu’il n’a pas été nourri depuis plusieurs jours. De telles violences psychologiques et privations de nourriture prolongées sont assimilables à des actes de la torture.
Amnesty International demande:
- un cessez-le-feu immédiat à Gaza ;
- la libération sans condition de tous les otages civils ;
- la fin des détentions arbitraires et des mauvais traitements infligés aux Palestinien·ne·s par Israël ;
- la restitution des corps retenus par toutes les parties comme monnaie d’échange.
« Chaque minute supplémentaire d’inaction coûte la vie à de nouvelles victimes », rappelle Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Complément d'information
En décembre 2024, Amnesty International a conclu qu’Israël était en train de commettre un génocide contre la population palestinienne de Gaza en perpétrant des homicides et des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale, ainsi qu’en soumettant délibérément cette population à des conditions de vie destinées à entraîner sa destruction physique. Des milliers de Palestiniens et Palestiniennes de Gaza, principalement des civil·e·s, ont été arrêtés dans le cadre des opérations militaires israéliennes, et beaucoup ont été soumis à la nudité forcée et à la torture avant d’être transférés dans des camps de détention et des prisons en Israël.
Les attaques du 7 octobre 2023 se sont produites dans le contexte de l’occupation de longue date du territoire palestinien par Israël ainsi que des violations généralisées des droits humains commises par les forces israéliennes contre les Palestinien·ne·s, notamment leur imposition d’un système d’apartheid contre la population palestinienne et leur long blocus illégal de la bande de Gaza en place depuis 2007.
Communiqué de presse du 30 septembre 2025, Londres, Berne – Contact du service de presse