Amnesty International a connaissance d'au moins 90 cas de prisonniers d'opinion actuellement derrière les barreaux. Plusieurs centaines d'autres défenseurs des droits humains et militants pacifiques sont en cours de jugement.
Figurent parmi les prisonniers d'opinion (liste non exhaustive) :
Ces chiffres sont probablement bien en deçà de la réalité.
Les autorités du Myanmar inculpent souvent les militants de multiples «infractions» ou au titre de lois empêchant une libération sous caution, afin de les garder plus longtemps derrière les barreaux. Une autre méthode consiste à juger les militants pour une même «infraction» commise dans plusieurs municipalités différentes, ce qui accroît de façon exponentielle la peine prononcée contre eux.
Les autorités utilisent des infractions motivées par des considérations politiques pour affaiblir ou éliminer des mouvements d'opposition en ciblant leurs dirigeants ou en infligeant un «châtiment collectif» à un groupe de personnes.
Les procès politiques sont souvent très longs. Outre la privation de liberté, ces procès interminables ont souvent des effets destructeurs au quotidien pour les familles des personnes détenues.
Les autorités utilisent la menace d'arrestation pour créer et entretenir un climat de peur parmi les militants et les défenseurs des droits humains. Elles recourent notamment à des pratiques consistant à infliger plusieurs mois voire plusieurs années de détention à des militants à la suite d'une manifestation.
10 lois et dispositions répressives ont fréquemment été utilisées pour incarcérer des prisonniers d'opinion et des prisonniers politiques au cours des deux dernières années. Tant que ces textes resteront en vigueur, les arrestations et emprisonnements pour motifs politiques se poursuivront.
Le nouveau Parlement du Myanmar compte plus de 122 anciens prisonniers politiques. Le pays dispose donc d'une occasion unique de modifier ces lois.
0 : nombre de réunions tenues en 2015 par la nouvelle Commission chargée des affaires relatives aux prisonniers d’opinion ; cet organe devait apporter une lueur d'espoir aux personnes jetées en prison, mais en pratique elle n'a guère été utile.