La journaliste Marina Ovsiannikova avait surgi sur le plateau d’une émission d’information en direct de la chaîne russe publique Pervy Kanal (Première chaîne) en brandissant une pancarte sur laquelle on pouvait lire: «Ne croyez pas la propagande. On vous ment, ici.» Elle a également crié: «Arrêtez la guerre!»
D’après OVD-Info, une ONG qui surveille les actions de la police en Russie, elle a rapidement été appréhendée et emmenée. Jusqu’au lendemain, la police n’a donné aucune information sur le lieu où elle se trouvait, ne confirmant pas si elle avait été placée ou non en détention. Le 15 mars, les médias russes ont annoncé qu’elle était accusée d’«organisation d’un événement public non autorisé». La menace de l’ouverture d’une information judiciaire à son encontre est heureusement restée sans suite : à la place, elle a été condamnée à une amende de 30 000 roubles (soit environ 260 CHF au taux actuel).
Selon Marie Struthers, directrice du programme Europe de l'Est et Asie centrale à Amnesty International, «Marina Ovsiannikova incarne la mobilisation courageuse en faveur de la justice, une mobilisation qui reste plus forte que la propagande d’État – même parmi ceux dont le travail est de diffuser cette propagande. Elle représente avec force la détermination des citoyen·ne·s à dire la vérité au régime dans le contexte de la violente répression qui prévaut actuellement en Russie.»
La relative clémence à l’encontre de la journaliste ne doit pas faire oublier la répression massive et la censure instaurées par les autorités russes depuis le début de la guerre.
Le Kremlin, qui continue de criminaliser toutes les formes de dissidence et de contestation contre la guerre, demeure fermement décidé à dissimuler le coût humain de ses possibles crimes de guerre commis en Ukraine. Marina Ovsiannikova n’a commis aucun crime. Son action audacieuse met en lumière des zones que le pouvoir russe préférerait maintenir dans l’obscurité totale.
Même si la peine finalement retenue contre la journaliste est faible, il est toutefois inquiétant de constater que celle-ci a fait l’objet de représailles uniquement pour avoir fait usage de sa liberté d’expression. La relative clémence à l’encontre de la journaliste ne doit pas faire oublier la répression massive et la censure instaurées par les autorités russes depuis le début de la guerre. Ni les plus de 14 000 personnes – parmi lesquelles des journalistes et des manifestant·e·x·s pacifistes – qui ont été arrêté·e·x·s en Russie depuis le début de la guerre.