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Amnesty International s’inquiète des mesures prises par la police lausannoise qui, selon les informations relayées par les médias, aurait déplacé la manifestation pacifique pro-israélienne et bloqué activement la contre-manifestation pacifique pro-palestinienne, notamment par l’usage de la force (canons à eau, gaz lacrymogène, matraques), afin d’éviter que les contre-manifestant·e·x·s puissent s’adresser à la manifestation pro-israélienne.
Toute réunion pacifique, qu’elle soit autorisée ou non selon le droit national, est protégée par le droit international. Les autorités ont l’obligation de faciliter et protéger ces rassemblements sans discrimination et tout comportement contraire soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect de ces obligations.
« Une manifestation est présumée pacifique tant que les autorités ne démontrent pas le contraire. Le droit de réunion pacifique ne peut être restreint sur la base de suppositions ou de craintes infondées.»Anita Goh, responsable de campagne à Amnesty Suisse
« Manifester pacifiquement est un droit humain fondamental garanti par la Constitution et les traités internationaux de droits humains, en particulier par la CEDH. Toute autorité publique est tenue de le protéger, de le respecter et de contribuer à sa réalisation », rappelle Anita Goh, responsable de campagne à Amnesty Suisse.
Le recours à la force contre des manifestant·e·x·s pacifiques est strictement encadré et ne peut être utilisé qu’en dernier recours, dans le respect des principes de nécessité, proportionnalité et non-discrimination. Les images relayées par les médias suggèrent que ces principes n’ont pas été respectés.
Amnesty International dénonce également les discours des autorités qui assimilent les manifestations non autorisées à des actes illégaux ou interdits. « Une manifestation est présumée pacifique tant que les autorités ne démontrent pas le contraire. Le droit de réunion pacifique ne peut être restreint sur la base de suppositions ou de craintes infondées. Le caractère « illégal » d’une manifestation pacifique, en vertu du droit national, n’a pas d’impact sur l’obligation des autorités à la protéger et à la faciliter », précise Anita Goh.
Enfin, les contre-manifestations pacifiques doivent pouvoir se tenir à portée de vue et d’ouïe de la manifestation qu’elles visent à critiquer. « Les autorités ne doivent pas donner la priorité à un rassemblement au détriment d’un autre, mais chercher des solutions équitables et transparentes permettant à chacun de faire entendre sa voix », conclut Anita Goh.
Amnesty International appelle les autorités à garantir pleinement le droit de réunion pacifique pour touxtes, à faciliter les contre-manifestations dans des conditions équitables, et à s’abstenir de tout usage disproportionné de la force.
Communiqué de presse du 19 septembre 2025, Berne – Contact du service de presse