Les signataires de la lettre ouverte condamnent l'inaction de la Suisse face au massacre de dizaines de milliers de civils par Israël – dont plus d'un tiers d’enfants –, au blocus systématique de l'aide humanitaire, à la destruction ciblée des infrastructures civiles et aux expulsions en masse de la population. Les maladies, la faim, la pénurie de soins médicaux et les attaques militaires incessantes menacent la vie de centaines de milliers de personnes.
Cet appel est soutenu par des personnalités de premier plan. « Ce que fait le gouvernement israélien à Gaza est inacceptable. La Suisse ne peut plus rester silencieuse », déclare Ruven Bar Ephraïm, rabbin de la communauté juive libérale de Zurich.
Le professeur Marcel Tanner, épidémiologiste de renom et expert en santé publique, alerte sur la gravité de la situation : « La crise humanitaire à Gaza est dramatique et ne cesse de s’aggraver. Le droit international et les principes fondamentaux de l'humanité continuent d'être bafoués. Des centaines de milliers de civils, en majorité des enfants, sont confrontés à la faim, aux maladies et à l’absence de soins médicaux. Nous ne pouvons pas rester spectateurs. Il faut agir, et il faut le faire maintenant ! »
L’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss souligne quant elle : « La Suisse doit elle aussi s’engager pour mettre fin aux tueries à Gaza. Il ne s’agit plus seulement, depuis longtemps, du respect des droits humains, mais de la préservation de l’humanité tout court. »
De son côté, l’ancienne cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, déclare : « En tant que dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a une responsabilité particulière. Lorsque le droit international et les principes fondamentaux de l’humanité sont systématiquement violés à Gaza, le Conseil fédéral ne peut pas rester silencieux. Sinon, il se rend complice. Il doit agir et défendre les valeurs humanitaires. »
« Le Conseil fédéral a certes annoncé la semaine dernière une aide d’urgence supplémentaire à la population palestinienne. Mais cela reste insuffisant. La réticence manifeste à dénoncer les violations graves et documentées du droit international commises par Israël mine profondément la crédibilité de l’ordre juridique international », déclare Stephan Stadler, président de la Swiss Humanity Initiative.
« En gardant le silence, le Conseil fédéral prend le risque d’engager la responsabilité internationale de la Suisse pour manquement à son obligation de prévenir un génocide », complète Alexandra Karle, directrice générale d’Amnesty International Suisse.
Les signataires appellent le Conseil fédéral à s’engager résolument, sur le plan diplomatique, en faveur d’un cessez-le-feu immédiat, de la libération de tous·tes les otages et prisonnier·ère·s politiques, ainsi que d’un accès humanitaire sans entrave à Gaza. La Suisse doit défendre sans ambiguïté le respect du droit international ainsi que l’indépendance des instances internationales chargées de son application, et oser qualifier clairement les crimes internationaux actuellement commis à Gaza comme tels. Elle doit également suspendre toutes les exportations de matériel de guerre et de biens à double usage, et condamner publiquement les appels lancés par des membres du gouvernement israélien en faveur du transfert ou de la déportation des Palestinien·ne·s, en violation du droit international.
« En tant qu'État dépositaire, la Suisse doit exiger activement l'application des Conventions de Genève par les autres États. La Convention sur le génocide lui impose en outre clairement d’en assurer la prévention et la répression », affirme Shirine Dajjani, de Palestine Solidarity Switzerland.
« Nous attendons du Conseil fédéral qu’il prenne publiquement position et assume enfin ses responsabilités en matière de droit international humanitaire. Nous demandons une révision complète de la politique suisse au Proche-Orient afin d’en évaluer la cohérence avec les droits humains et le droit international, ainsi qu’un véritable exercice de transparence et de reddition de comptes », déclare Guy Bollag, de l’organisation Voix juive pour la démocratie et la justice en Israël/Palestine (JVJP).
Les signataires demandent au Conseil fédéral de mettre en œuvre immédiatement les dix mesures suivantes:
Cet appel a d’ores et déjà recueilli le soutien de plus de 100 figures influentes et d’organisations reconnues.
Communiqué de presse du 28 mai 2025, Berne – Contact du service de presse