Au cours de l’hiver 2025/26, la guerre d’agression menée par la Russie reste une violence systématique dirigée contre la population civile ukrainienne. Amnesty International condamne les attaques russes contre les infrastructures civiles, l’approvisionnement énergétique et les zones résidentielles, qui constituent des crimes de guerre. Dans les territoires occupés, les autorités russes commettent des violations massives des droits humains. Des civil·e·s — dont des enfants — sont déporté·e·s. Amnesty International dénonce également le fait que des prisonnier·ère·s de guerre ukrainien·ne·s et des civil·e·s détenu·e·s par la Russie sont torturé·e·s, maltraité·e·s ou victimes de disparitions forcées. Ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Des civil·e·s — dont des enfants — sont déporté·e·s.
Lisa Salza, responsable pays pour l’Ukraine chez Amnesty Suisse, déclare : « Si les responsables de crimes commis ne sont pas amenés à rendre des comptes, il n’y aura pas de justice. Depuis 2023, un mandat d’arrêt international vise le président Poutine. Face aux menaces et aux attaques dirigées contre la Cour pénale internationale, la Suisse doit tout mettre en œuvre pour défendre et renforcer la justice internationale. Au lieu de courtiser le gouvernement russe et d’inviter en Suisse Poutine, présumé criminel de guerre, elle devrait s’engager — indépendamment de ses propres intérêts — en faveur d’une paix juste et d’un soutien efficace à la population civile ukrainienne victime de la guerre. »
Le froid comme arme : terreur contre la population civile
Avec des températures atteignant -15 °C et moins, le système énergétique ukrainien a été soumis ces derniers mois à d’intenses frappes aériennes russes. Les centrales thermiques, les sous‑stations électriques et les nœuds de transmission critiques ont compté parmi les principales cibles. Le maintien de l’approvisionnement en énergie et en chauffage pendant la saison froide s’en trouve considérablement compromis, plaçant la population civile — déjà fortement vulnérabilisée — dans une situation encore plus précaire.
Torture et disparitions forcées
En 2025, Amnesty International a documenté comment des prisonnier·ère·s de guerre et des civil·e·s ukrainien·ne·s détenu·e·s par la Russie ont été maintenu·e·s pendant de longues périodes sans contact avec le monde extérieur, torturé·e·s, maltraité·e·s ou soumis·es à des disparitions forcées par les autorités russes. Ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Les autorités russes ont refusé, ou fortement restreint, l’accès des organisations humanitaires internationales — dont le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) — aux prisonnier·ère·s de guerre ukrainien·ne·s. Ces dernier·ère·s sont ainsi exposé·e·s à un risque accru de torture ou de mauvais traitements.
Amnesty International a documenté de graves violations dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie.
Crimes contre l'humanité dans les territoires occupés
Amnesty International a documenté de graves violations dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie. Après le début de la guerre d’agression à grande échelle en 2022, des civil·e·s — dont des enfants — ont été à plusieurs reprises déporté·e·s de force vers la Russie depuis les territoires occupés. La Russie se rend ainsi coupable de crimes de guerre et, vraisemblablement, de crimes contre l’humanité. Le droit à l’éducation est également gravement violé dans ces territoires: les enfants sont endoctriné·e·s et les enseignant·e·s contraint·e·s de coopérer avec les autorités d’occupation.
Revendications d’Amnesty International
Amnesty appelle la communauté internationale et le Conseil fédéral à tout mettre en œuvre pour que justice soit rendue aux victimes et aux survivant·e·s d’agressions et d’autres crimes au regard du droit international.
Compte tenu des négociations diplomatiques en cours, Amnesty International salue toute perspective crédible de mettre fin à la guerre d’agression menée par la Russie. Toutefois, les principes des droits humains et les droits des personnes concernées doivent demeurer prioritaires. Tous les civil·e·s déporté·e·s doivent être rapatrié·e·s, et les prisonnier·ère·s ukrainien·ne·s détenu·e·s illégalement doivent être libéré·e·s.
Amnesty International documente depuis 2014 les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en Ukraine.
Communiqué de presse publié le 23 février 2026, Londres - Genève. Contact du service de presse