Sous le régime de Nicolás Maduro, des millions de personnes ont sombré dans la pauvreté, malgré les énormes réserves de pétrole que compte le pays, et des millions d'autres ont quitté le pays. © Jimmy Villalta / imago
Sous le régime de Nicolás Maduro, des millions de personnes ont sombré dans la pauvreté, malgré les énormes réserves de pétrole que compte le pays, et des millions d'autres ont quitté le pays. © Jimmy Villalta / imago
Venezuela / États-Unis

Une décision unilatérale qui menace les droits humains

L'opération militaire menée par le gouvernement américain le 3 janvier au Venezuela, au cours de laquelle Nicolás Maduro et Cilia Flores ont été arrêtés, suscite de vives inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux de la population vénézuélienne. Cette opération est très probablement contraire au droit international et à la Charte des Nations unies. L'intention déclarée par le président américain Donald Trump de gouverner le Venezuela et de contrôler ses réserves de pétrole est alarmante.

Détails

Amnesty International met en garde contre une escalade des violations des droits humains, qu'elles soient le fait de nouvelles opérations américaines ou des autorités et forces de sécurité vénézuéliennes en réponse aux attaques des forces étasuniennes.

L'organisation de défense des droits humains appelle les États-Unis à respecter le droit international humanitaire, à garantir la protection de la population civile et à respecter les droits de toutes les personnes arrêtées, y compris le droit à un procès équitable et à un traitement digne. Dans le même temps, Amnesty International exhorte le gouvernement vénézuélien à s'abstenir de toute nouvelle répression contre l'opposition et la population civile et à respecter ses obligations en matière de protection des droits humains.

Les défenseur·e·x·s des droits humains et les militant·e·x·s politiques qui luttent courageusement depuis des années contre les crimes du gouvernement Maduro sont particulièrement menacé·e·x·s. Amnesty International exprime sa solidarité avec les victimes et les survivant·e·x·s, ainsi qu'avec les millions de Vénézuélien·ne·x·s qui ont fui après des années de graves violations des droits humains.

Amnesty International continue de demander une enquête indépendante sur les crimes commis par le gouvernement Maduro, ainsi que la poursuite pénale des responsables devant un tribunal impartial, afin de garantir la justice et d'empêcher de futures violations des droits humains.

L'arrestation de Nicolás Maduro et Citia Flores par les États-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, marque une nouvelle rupture avec le droit international et l'État de droit. Les États-Unis encouragent ainsi un système international de plus en plus dominé par la force militaire et l'intimidation, envoyant le signal dangereux que d'autres États pourraient suivre cette voie.