Peine de mort
Droits des femmes
Liberté d'expression
Solidarité avec les réfugiés
LGBTI+
Responsabilité des entreprises
Last but not least: Marathon des lettres
De plus en plus d'États - 142 pays aujourd'hui - abolissent ou n'appliquent plus la peine de mort, bien qu'elle soit toujours inscrite dans le droit pénal. Le nombre d'exécutions enregistrées dans le monde est également à son plus bas niveau depuis une décennie. De plus en plus d'États américains rejettent la peine de mort, ce qui représente un important succès contre cette punition cruelle et inhumaine. Divers États africains emboîtent également le pas.
Le sénat du New Hampshire a voté le 30 mai 2019 l’abolition de la peine capitale. Avec cette nouvelle historique, la moitié des États américains ont désormais aboli ou établi un moratoire sur ce châtiment cruel et inhumain.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a annoncé un moratoire sur les exécutions, jugeant la peine de mort «inefficace, irréversible, et immorale». Plus de 700 condamnés se trouvant actuellement dans le couloir de la mort sont concernés par cette décision.
Le président gambien Adama Barro a commué 22 condamnations à mort en peines d'emprisonnement à vie - une étape importante vers l'abolition complète de la peine de mort dans ce pays.
De nombreux militants d'Amnesty ont participé à la grève des femmes et recueilli des pétitions contre les violences sexuelles.
2019 a été l'année des femmes - et pas seulement en Suisse. Le 14 juin, des dizaines de milliers de manifestant·e·s en Suisse ont attiré l'attention sur la persistance des inégalités entre les femmes et les hommes et, entre autres, sur l'inégalité des salaires, les violences sexuelles et les discriminations en politique et dans la société. Les femmes sont également descendues dans les rues du monde entier pour lutter contre les violence sexuelles, les féminicides et la discrimination.
Dans une pétition, Amnesty a demandé aux autorités suisses de prendre les mesures nécessaires pour mieux protéger les femmes contre les violences sexuelles, et pour que justice soit rendue plus facilement aux victimes. Le 28 novembre, plus de 37'000 signatures ont été remises à la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter. Un grand succès pour la campagne d'Amnesty Suisse, qui appelle à une réforme du droit pénal sexuel et à des mesures efficaces contre les violences sexuelles envers les femmes.
C’est le 22 octobre, à minuit très précisément, que sont entrées en vigueur les lois dépénalisant l’avortement (il était jusqu’ici passible de prison, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère) et légalisant le mariage pour les personnes de même sexe en Irlande du Nord. Une victoire pour la société civile, et plus particulièrement pour les militant·e·s des droits des femmes et des droits LGBTIQ+. Le parti ultraconservateur DUP (Parti unioniste démocrate) espère quant à lui encore faire annuler cette modification de la loi.
La Cour constitutionnelle de Corée du Sud a rendu en avril dernier un jugement capital ordonnant à l’État de dépénaliser l’avortement et de réformer les lois extrêmement restrictives sur l’interruption de grossesse. La législation sud-coréenne relative à l’avortement doit être révisée d’ici la fin de l’année 2020.
Le droit à la liberté d'expression, et de facto le droit de manifester et de se réunir, a été mis sous pression en de nombreux endroits de la planète. Dans certains pays, les personnes qui s'expriment en faveur des droits humains et de la justice sont arrêtées et condamnées. Malgré tout, des millions de personnes dans le monde entier sont descendues dans la rue pour faire valoir leurs droits.
Le 24 octobre, 14 défenseures polonaises des droits humains ont été acquittées après avoir été arrêtées il y a deux ans, alors qu’elles manifestaient en faveur de la tolérance et contre la haine. En 2017, à l'occasion du Jour de l'indépendance de la Pologne, elles s’étaient opposées avec une banderole à une manifestation où des slogans racistes étaient criés et où était exigée une «Pologne blanche». Ces femmes avaient été attaquées, blessées et inculpées.
La militante polonaise des droits humains Elżbieta Podleśna explique comment fonctionne l'activisme en Pologne.
Oleg Sentsov et d'autres détenus ont été libérés dans le cadre d’un échange de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine. En 2015, Sentsov avait été condamné à 20 ans de prison après avoir été reconnu coupable de «terrorisme» à l’issue d’un procès inique, après qu’il eut exprimé son opposition à l’occupation de la péninsule de Crimée par la Russie.
Partout dans le monde, il y a des gens qui s'engagent pour les réfugiés et les migrants. Malheureusement, ces personnes sont souvent criminalisées - même en Suisse. Raison de plus pour nous réjouir lorsque notre soutien conduit à ne pas punir cet engagement humain. Quelques exemples de réussite de cette année:
Le 4 décembre, nous avons déposé la pétition «La solidarité n'est pas un crime» avec près de 30'000 signatures. Les soussignés et 200 avocates demandent avec cette pétition que la loi sur les étrangers et l'intégration soit modifiée, et que la solidarité ne soit plus considérée une infraction pénale.
Poursuivit par la justice américaine pour avoir «abrité» deux migrants sans papiers en leur fournissant une aide humanitaire sous forme de nourriture, d’eau et de vêtements propres, Scott Warren a finalement été acquitté.
Tom Ciotkowski, défenseur britannique des droits humains qui a recensé les violences policières commises contre des migrants, des réfugiés et des bénévoles qui leur venaient en aide à Calais, a été relaxé par la justice française en juin.
Tom Ciotkowski sur sa mission à Calais et les charges retenues contre lui (en anglais).
Amnesty International s'engage en faveur des droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes (LGBTI+). Dans de nombreux pays, les LGBTI+ sont privés de leurs droits et persécutés. Il existe aussi des pays où l'homosexualité est passible d'emprisonnement, voir même de la peine de mort. En collaboration avec le groupe Queeramnesty et d’autres organisations, nous travaillons également en Suisse contre la discrimination et la violence à l'encontre de la communauté LGBTI+ et pour qu'elle bénéficie des mêmes droits que les autres personnes.
Le Parlement angolais a approuvé une révision du Code pénal consistant à supprimer une disposition généralement interprétée comme incriminant les relations homosexuelles. Il est même allé plus loin en érigeant en infraction la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.
En mai, le pays a adopté une loi historique en devenant le premier pays d’Asie autorisant le mariage entre personnes du même sexe. En mai 2017, la Cour constitutionnelle de Taïwan a déclaré que la loi en vigueur relative au mariage était discriminatoire envers les couples de même sexe. La Cour a donné deux ans au législateur pour modifier les lois existantes ou adopter une nouvelle loi visant à légaliser les unions entre personnes de même sexe.
Si les activités d'une entreprise violent les droits humains ou détruisent l'environnement, elle doit être tenue pour responsable et les victimes indemnisées. De nombreuses personnes et plus de 100 ONG soutiennent cette revendication en Suisse dans le cadre de l'Initiative Multinationales Responsables. Cette initiative devrait être votée durant l'année 2020 - et nous sommes pleinement déterminés à en assurer le succès.
Les survivant·e·s du typhon Yolanda de 2013 et d’autres événements climatiques extrêmes avaient déposé une requête auprès de la Commission des droits humains des Philippines. Avec l’appui d’une dizaine d’organisations, ils ont accusé 47 entreprises de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) d’avoir une part de responsabilité dans les atteintes aux droits humains liées au changement climatique. Les résultats de l’enquête de la Commission pourraient pointer la responsabilité des 47 entreprises dans la crise climatique et créer un précédent au niveau mondial pour de nouvelles actions judiciaires contre les grandes entreprises.
Il y a deux ans, Esther Kiobel et trois autres femmes se sont attaquées au géant pétrolier Shell dans une lutte finale pour la justice. Depuis plus de 20 ans, Esther Kiobel se bat contre cette entreprise, qu’elle accuse d’avoir joué un rôle dans l’exécution arbitraire de son mari au Nigeria. En avril, le tribunal de district de La Haye a rendu une décision provisoire en faveur d’Esther Kiobel et de trois autres femmes concernant l’implication de Shell dans l’arrestation illégale, la détention et l’exécution de leurs époux.
Esther Kiobel était très heureuse d'avoir reçu de nombreuses lettres de solidarité motivantes de la part des militants d'Amnesty avant le procès. © AI.
Lors de l’édition 2019 du Marathon des lettres, l’accent à été mis sur des jeunes défenseuses et défenseurs des droits humains. Nous avons reçu un très grand soutien et nous avons pu enregistrer plus de 27'000 signatures de pétitions en ligne. Dans les rues de Suisse, les militant-e-s d’Amnesty se sont aussi massivement mobilisé-e-s en montant des actions publiques dans une cinquantaine de lieux différents : permettant ainsi l’envoi de plus de 10'000 lettres aux autorités iraniennes, chinoises, mexicaines. Merci et bravo!
On a déjà reçu des nouvelles encourageantes concernant Ibrahim Ezz-El Din, nous attentons de voir l’étendue de l’impact de ce Marathon dans les mois qui viennent. »