Rapport annuel 2025/26

Résumé régional Amériques

Les gouvernements du continent américain ont redoublé d’efforts pour museler la dissidence. Des manifestations ont été réprimées et des manifestant·e·s poursuivis en justice. Des attaques ont visé des journalistes et des mesures ont été prises pour censurer les médias.

Cette année encore, des défenseur·e·s des droits humains ont fait l’objet de manœuvres de harcèlement, d’agressions et de poursuites pénales. Les pouvoirs publics ont entravé le fonctionnement de leurs organisations, en exerçant notamment un contrôle arbitraire sur leur financement.

L’usage illégal de la force par les autorités a donné lieu à des violations des droits humains.

Le recours à des détentions arbitraires et à des procès inéquitables s’est poursuivi, montrant que l’usage du pouvoir de répression par les États n’était pas soumis à des contrôles suffisants et servait souvent des intérêts politiques.

Les personnes privées de liberté enduraient des conditions de détention inhumaines. Des informations ont fait état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements, en particulier dans le contexte de la répression politique.

Alors que la pratique des disparitions forcées perdurait dans toute la région, les gouvernements n’ont pas pris de mesures préventives et ont laissé l’impunité l’emporter.

L’impunité demeurait courante pour les violations des droits humains et les crimes de droit international, malgré quelques résultats positifs obtenus dans des affaires datant de plusieurs années.

Les groupes marginalisés ont particulièrement souffert du manque de garanties apportées par les États en matière de droits économiques et sociaux. L’accès aux services publics essentiels tels que l’éducation, les soins de santé et l’eau potable était difficile.

La COP30, qui s’est tenue au Brésil, s’est soldée par un maigre bilan, et l’engagement d’abandonner progressivement les combustibles fossiles n’a pas été renouvelé. Les États n’ont pas adopté de mesures suffisantes pour lutter contre la crise climatique.

L’impunité régnait face à la persistance des violences liées au genre, notamment des féminicides et des violences sexuelles. L’accès à l’avortement était entravé en droit et dans la pratique, et la possibilité de bénéficier de services de santé reproductive n’était pas suffisamment garantie.

Les États ont aussi manqué à leur obligation de garantir le droit des peuples autochtones de jouir de leurs terres, territoires et ressources. Ils n’ont pas mis en place de réels processus de consultation ni respecté le principe de consentement préalable, libre et éclairé sur des questions qui concernaient ces peuples.

Des personnes LGBTQIA+ ont cette année encore subi des violences et des discriminations et n’ont pas été protégées par les autorités. Les personnes transgenres étaient particulièrement exposées. Plusieurs pays ont adopté des lois et des politiques portant atteinte à leurs droits.

Les personnes migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile faisaient face à des niveaux alarmants de violence et de discrimination, sur fond de montée des discours racistes et xénophobes dans toute la région. Nombre d’entre elles se sont heurtées à des obstacles pour accéder à leurs droits.

Principales violations recensées en 2025