Rapport annuel 2025/26

Résumé régional Europe et Asie centrale

À l'Est du continent, la région était particulièrement concernée par l’érosion constatée au niveau mondial du respect des cadres relatifs aux droits humains universels et à la justice internationale. À l'Ouest, c'est surtout l’écart abyssal entre les engagements de nombreux gouvernements de respecter le droit international et les actions de ces mêmes gouvernements qui a marqué l'année écoulée.

Europe de l’Est et Asie centrale

La région était particulièrement concernée par l’érosion constatée au niveau mondial du respect des cadres relatifs aux droits humains universels et à la justice internationale – une tendance notamment impulsée par la Russie, qui a poursuivi sa guerre d’agression contre l’Ukraine et commis d’autres crimes de droit international, notamment en menant des attaques aveugles contre les populations civiles ou en visant des infrastructures essentielles. Les civil·e·s ont été les premiers à souffrir de ces agissements.

Dans ce contexte, les droits fondamentaux sont apparus de plus en plus négociables. Le Bélarus a ainsi obtenu un assouplissement des sanctions des États-Unis en échange de la libération de prisonniers et prisonnières, tandis que la quête de minéraux rares et de ressources énergétiques passait avant la sauvegarde de vies humaines, en Ukraine comme ailleurs. L’UE a tenu son premier sommet avec l’Asie centrale dans un contexte marqué par le non-respect persistant, par les pays de cette région, des engagements internationaux en matière de droits humains. Malgré le bilan affligeant de l’Azerbaïdjan dans ce domaine, l’UE et un certain nombre d’autres acteurs internationaux ont renforcé leur coopération énergétique avec ce pays, cherchant à trouver une solution de substitution au pétrole et au gaz russes.

La société civile a fait l’objet de pressions incessantes. Un nombre croissant de militant·e·s, de journalistes et d’organisations ont été étiquetés « terroristes »,

« extrémistes », « agents de l’étranger » ou « indésirables » et contraints de s’exiler ou de cesser leurs activités. Le climat de peur et la régression du soutien international en faveur des droits fondamentaux, régression marquée notamment par la réduction sans précédent de l’aide étrangère des États-Unis, ont entraîné une véritable hécatombe parmi les organisations de la société civile et une nette diminution des activités de surveillance des droits humains.

La volonté du Kirghizistan de réintroduire la peine capitale en violation de sa Constitution et de ses engagements internationaux a constitué un autre exemple de cette terrible régression. La Géorgie s’est quant à elle lancée tête baissée dans des pratiques autoritaires, n’hésitant pas à réprimer systématiquement toute dissidence.

La liberté de religion ou de conviction, l’état de droit et les droits des personnes réfugiées ou migrantes n’ont pas non plus été épargnés par cette dégradation de la situation et ont été de manière générale de moins en moins respectés dans l’ensemble de la région. La torture et d’autres formes de mauvais traitements restaient monnaie courante. Les violences fondées sur le genre ont persisté. La production et la consommation de combustibles fossiles ont progressé, reflétant le peu de cas que les gouvernements faisaient de leurs obligations climatiques.

Principales violations recensées en 2025

Europe de l’Ouest, Centrale et du Sud-Est

L’écart était abyssal entre les engagements de nombreux gouvernements de respecter le droit international et les actions de ces mêmes gouvernements ; certains ont refusé purement et simplement de coopérer avec la CPI. Plusieurs États ont continué de livrer des armes à Israël. Les gouvernements en place ont choisi dans leur immense majorité de sanctionner la solidarité avec les Palestinien·ne·s, préférant ériger la contestation en infraction et recourir illégalement à la force, plutôt que de respecter les obligations qui étaient les leurs de faire cesser le génocide commis par Israël dans la bande de Gaza occupée. Plusieurs États ont intensifié leurs attaques contre l’ordre juridique international, en contestant notamment les droits des personnes demandeuses d’asile et réfugiées. Au niveau tant national que régional, certains pays ont cherché à vider de leur substance les garanties prévues par les traités régionaux relatifs aux droits humains. Plusieurs ont délibérément pris des mesures pour externaliser leurs responsabilités concernant la gestion des migrations.

Si des progrès en matière d’accès à l’avortement ont été enregistrés dans certains pays, ce n’a pas été le cas ailleurs, où les obstacles étaient loin d’avoir disparu et où les

défenseur·e·s des droits en la matière étaient persécutés et menacés de poursuites pénales. La discrimination et la violence contre les personnes LGBTQIA+ se sont accentuées en conséquence de campagnes à gros budget menées par des personnes, organisations ou gouvernements hostiles aux droits fondamentaux et à l’égalité des genres. Des millions de personnes sont restées ou ont plongé dans la pauvreté. Certains États ont pris des mesures rétrogrades qui risquaient d’accroître le nombre de personnes sans logement ou d’entraver l’accès aux services les plus élémentaires, notamment en matière de santé. Des milliers de personnes ont été privés de prestations sociales du fait de l’utilisation d’outils de décision intrinsèquement discriminatoires. Le nombre de signalements de crimes de haine contre des personnes racisées, des Roms ou des personnes perçues comme musulmanes ou juives a augmenté. Plusieurs catastrophes aggravées par le changement climatique ont fait d’importants dégâts, en particulier dans le sud de l’Europe. Si certains pays ont pris de véritables mesures pour lutter contre le changement climatique, d’autres n’ont pas respecté leurs obligations en la matière. Des défenseur·e·s des droits humains ont été harcelés, voire emprisonnés.

Principales violations recensées en 2025