Israël a commis de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont un génocide, contre les Palestinien·ne·s à Gaza. Le génocide s’est poursuivi après le cessez-le-feu du 9 octobre. Israël a détruit ou fortement endommagé pratiquement tous les logements, bâtiments historiques et infrastructures civiles de Gaza, imposant délibérément des conditions de vie destinées à détruire physiquement la population palestinienne de Gaza. Il a notamment maintenu et accentué le blocus illégal en place depuis 18 ans, qu’il utilisait pour priver systématiquement les Palestinien·ne·s d’accès à l’aide humanitaire et à d’autres biens et services essentiels et orchestrer une catastrophe humanitaire. L’immense majorité des deux millions de Palestinien·ne·s de Gaza étaient illégalement déplacés, affamés et privés de soins médicaux adéquats et d’abri.
Par ailleurs, Israël a lancé des attaques militaires contre l’Iran, le Liban, le Qatar, la Syrie et le Yémen, dont certaines ont tué ou blessé des civil·e·s. Dans le sud du Liban, Israël a détruit de nombreux biens de caractère civil. Le système d’apartheid imposé par Israël à tous les Palestinien·ne·s a fait de nombreuses victimes, en particulier en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, du fait d’opérations militaires de haute intensité et d’une forte augmentation des violences commises par des colons avec le soutien de l’État.
Les manifestations de grande ampleur contre le génocide perpétré par Israël se sont multipliées dans le monde entier. Un large éventail d’organisations, d’organes internationaux et d’États ont reconnu qu’Israël était en train de commettre un génocide. Néanmoins, les États du monde entier n’ont pas pris de véritables mesures pour mettre un terme au génocide ou faire cesser l’occupation illégale de territoires par Israël.
Dans toute la région, des gouvernements et des groupes armés non étatiques ont réprimé l’opposition, et certains États ont eu de plus en plus recours à des pratiques autoritaires. Les autorités ont détenu, torturé et poursuivi injustement des détracteurs·trices et des opposant·e·s, auxquels elles ont infligé de lourdes sanctions, dont la peine de mort. Parmi les personnes fréquemment prises pour cible figuraient des journalistes, des dissident·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s en faveur des droits des femmes et des syndicalistes.
En Syrie, la chute du régime de Bachar el Assad fin 2024 a ouvert une brèche pour l’espace civique et la justice de transition. D’importantes difficultés demeuraient néanmoins, notamment s’agissant de rendre justice pour les homicides à caractère religieux et de créer un environnement propice à une société civile florissante.
Qu’elle soit fondée sur le genre, la race, la nationalité, l’appartenance ethnique, la religion, l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre, ou encore la classe sociale, la discrimination a continué de briser la vie de millions de personnes dans l’ensemble de la région. Plusieurs pays ont intensifié les violations des droits humains à l’encontre des personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrantes.
En dépit des conséquences de plus en plus catastrophiques de la crise climatique, les principaux pays producteurs d’énergies fossiles de la région ont maintenu, voire accru, leur niveau de production.
Principales violations recensées en 2025
Le génocide perpétré par Israël contre la population palestinienne de Gaza s’est poursuivi tout au long de l’année 2025, se traduisant notamment par la privation d’accès à une aide humanitaire suffisante et le déplacement forcé de la quasi-totalité de la population, sur fond de bombardements militaires dévastateurs et de destructions massives de biens et d’infrastructures de caractère civil.
En mars, Israël a mis fin unilatéralement à une trêve convenue le 19 janvier et a immédiatement intensifié ses attaques militaires sur Gaza. Un cessez-le-feu conclu en octobre a donné lieu à la libération de l’ensemble des 20 otages vivants détenus par des groupes armés palestiniens, et à celle de près de 2 000 Palestinien·ne·s qui se trouvaient aux mains d’Israël. Cependant, les attaques militaires israéliennes se sont poursuivies, faisant 415 morts supplémentaires parmi la population palestinienne entre le début du cessez-le-feu et la fin de l’année.
En 2025, Israël a tué 26 791 Palestinien·ne·s et en a blessé 64 065 à Gaza ; 60 % de ces victimes étaient des enfants, des femmes ou des personnes âgées. L’armée israélienne a continué d’attaquer des lieux civils très fréquentés, comme des cafés, des marchés ou des écoles abritant des personnes déplacées de force par ses opérations militaires.
Le 18 mars a été une date particulièrement meurtrière : ce jour-là, les frappes israéliennes dans la bande de Gaza ont tué au moins 414 Palestinien·ne·s, dont 174 enfants. Le 23 mars, les forces israéliennes ont attaqué des véhicules humanitaires clairement identifiés comme tels, y compris cinq ambulances, tuant 15 membres des équipes de secours, dont des secouristes du Croissant-Rouge. Le 30 juin, lors d’une attaque menée sans discernement, l’armée israélienne a frappé le très prisé café Al Baqa, faisant 32 morts (principalement des civil·e·s).
Les déplacements massifs causés par les ordres d’évacuation israéliens ou la destruction de quartiers entiers ont provoqué des préjudices physiques et psychologiques de grande ampleur. En mai, sans nécessité militaire impérative, Israël a détruit de façon gratuite la ville de Khuzaa, dans le sud de la bande de Gaza, où vivaient 11 000 Palestinien·ne·s. Le 5 septembre, les forces israéliennes ont lancé une campagne visant à démolir les bâtiments résidentiels et commerciaux de grande hauteur dans toute la ville de Gaza : au moins 16 tours ont été rasées en 10 jours et des camps de fortune avoisinants ont été détruits, ce qui a entraîné le déplacement de milliers de familles.
Le génocide commis par Israël comprenait le déclenchement délibéré d’une crise humanitaire à Gaza. À la mi-août, plus d’un demi-million de Palestinien·ne·s de Gaza étaient exposés à la famine, degré le plus élevé sur l’échelle de la faim (situation de catastrophe), tandis que 1,4 million d’autres se trouvaient aux deux échelons juste en dessous (situation d’urgence ou de crise). Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires [ONU] a indiqué que, pour le seul mois de juillet, près de 13 000 enfants supplémentaires avaient été admis à l’hôpital en état de malnutrition aiguë. Pour la troisième année consécutive, les autorités israéliennes ont interdit toutes les évacuations sanitaires depuis Gaza vers la Cisjordanie et Israël, en dépit d’actions en justice, et ont fortement restreint les évacuations sanitaires vers l’étranger, provoquant des décès qui auraient pu être évités.
Entre le 2 mars et le 19 mai, Israël a imposé un siège total à Gaza. L’assouplissement temporaire consenti à partir du 19 mai n’a pas concerné la livraison de certains biens indispensables, tels que le carburant et le gaz de cuisson. Le 9 mars, les autorités israéliennes ont coupé l’approvisionnement électrique de la dernière usine de désalinisation de Gaza. Faute de combustible, les générateurs électriques ne pouvaient plus alimenter les équipements hospitaliers. De plus, entre fin mai et août, au moins 859 Palestinien·ne·s ont été tués par les forces israéliennes et les entreprises de sécurité travaillant pour elles alors qu’ils tentaient désespérément d’obtenir de l’aide dans le cadre du programme de distribution militarisée géré par la Fondation humanitaire de Gaza.
Israël a détruit de nombreux bâtiments palestiniens à vocation culturelle, religieuse, médicale ou scolaire, notamment l’ensemble des universités et autres établissements d’enseignement supérieur de Gaza, ainsi que des centaines de mosquées et trois églises. La plupart des écoles ont été transformées en centres d’hébergement pour les personnes déplacées, puis ont été prises pour cible par des frappes aériennes israéliennes et des « robots » de démolition envoyés par Israël. Les forces israéliennes ont détruit des centres de soins et de santé reproductive à destination des femmes et bloqué l’aide destinée aux soins de santé reproductive.
À la fin de l’année 2025, les forces israéliennes étaient encore pleinement déployées sur plus de 58 % du territoire de la bande de Gaza. Amnesty International a mis en garde contre « l’illusion dangereuse d’un retour à la normale pour les gens qui vivent à Gaza » après le cessez-le-feu d’octobre, et a averti que « le monde ne doit pas se laisser berner. Le génocide perpétré par Israël n’a pas pris fin ».
Israël doit cesser son génocide contre les Palestinien·ne·s à Gaza, notamment en respectant son obligation au regard de la loi de permettre un accès sans entrave à l’aide humanitaire, en levant totalement son blocus illégal et en mettant fin à sa présence militaire contraire au droit international, comme indiqué par la Cour internationale de justice dans ses avis consultatifs.
Israël a continué d’imposer un système d’apartheid fondé sur l’oppression et la domination de tous les Palestinien·ne·s se trouvant sous son contrôle. Les lois, politiques et pratiques israéliennes ont abouti à une fragmentation géographique et politique de la population palestinienne, souvent paupérisée et vivant constamment dans la peur et l’insécurité. En 2025, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a dénombré 849 barrages routiers et postes de contrôle en Cisjordanie, qui entravaient les déplacements des Palestinien·ne·s entre les villes et villages palestiniens, et retardaient les interventions des services d’urgence.
Les autorités israéliennes ont continué à démolir des bâtiments, entraînant le déplacement permanent de civil·e·s palestiniens ; le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a enregistré les chiffres annuels les plus élevés depuis 2009, pour les démolitions comme pour les déplacements. Quatre-vingt-six nouveaux avant-postes illégaux ont été établis et
54 nouvelles colonies approuvées, en plus des quelque 371 déjà en place, selon Yesh Din, une organisation israélienne opposée à l’occupation.
Les représentant·e·s de l’armée et de l’État israéliens ont de plus en plus autorisé ou encouragé les colons à attaquer et terroriser les Palestinien·ne·s en toute impunité, des militaires participant même parfois aux violences gratuites et protégeant les colons. Ces attaques ont abouti à l’expulsion d’environ 220 familles de 19 villages de Cisjordanie, selon l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem. Les villages de Jinba et de Shib al Butum, dans les collines du sud d’Hébron, ont subi plusieurs attaques. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a enregistré plus de 1 600 attaques violentes commises par des colons au cours des 10 premiers mois de l’année 2025.
Tout au long de l’année, l’armée israélienne a mené des attaques de forte intensité, notamment des frappes aériennes dans le nord de la Cisjordanie, qui ont donné lieu à des homicides, à la destruction de nombreux logements et infrastructures et au déplacement de dizaines de milliers de Palestinien·ne·s, en particulier celles et ceux qui vivaient déjà dans des camps de personnes réfugiées. Sur des images filmées à Jénine fin novembre, on a pu voir des militaires israéliens exécuter sommairement deux hommes palestiniens qui étaient de toute évidence en train de se rendre.
Des membres de premier plan du gouvernement israélien ont continué à encenser et glorifier les violences contre les Palestinien·ne·s, notamment les arrestations arbitraires ainsi que la torture et les autres formes de mauvais traitements infligées aux personnes détenues par Israël, y compris les viols et les violences sexuelles et la privation de droits élémentaires, notamment à l’alimentation et aux soins de santé. Au moins 98 Palestinien·ne·s sont morts en détention aux mains d’Israël entre octobre 2023 et novembre 2025, selon Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits humains) Israël.
Dans les villages bédouins du Néguev/Naqab, dans le sud d’Israël, les autorités israéliennes ont démoli quelque 5 000 logements afin d’étendre des communautés juives. La police israélienne a détruit plus de 60 logements et structures dans le village bédouin palestinien d’Al Sir, expulsant environ 1 500 habitant·e·s. En novembre, la Cour suprême a approuvé l’expulsion de plus de 500 habitant·e·s du village bédouin palestinien non reconnu de Ras Jrabah.
Amnesty International demande aux États, à la communauté internationale et aux entreprises de faire davantage pression sur Israël pour qu’il respecte ses obligations internationales de démanteler son système d’apartheid contre tous les Palestinien·ne·s dont il contrôle les droits et de mettre fin à son occupation illégale du Territoire palestinien occupé.
Outre ses opérations militaires dans le Territoire palestinien occupé, Israël a mené des attaques contre l’Iran, le Liban, le Qatar, la Syrie, et le Yémen, dont certaines ont tué ou blessé des civil·e·s.
Le 13 juin, Israël a lancé une offensive de 12 jours contre l’Iran ; celle-ci a endommagé des infrastructures civiles et tué plus de 1 100 personnes, dont 45 enfants. Le 23 juin, les forces israéliennes ont pris pour cible la prison d’Evin à Téhéran, la capitale iranienne, tuant au moins 80 civil·e·s et provoquant d’importants dommages dans cet établissement pénitentiaire. Cette attaque constituait une grave violation du droit international humanitaire nécessitant l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre. En représailles, l’Iran a tiré des missiles et lancé des attaques de drones contre Israël, faisant illégalement usage d’armes à sous-munitions et tuant au moins 29 personnes, dont des enfants.
Le 9 septembre, des frappes aériennes israéliennes sur un complexe résidentiel de Doha, la capitale du Qatar, où se déroulaient des négociations en vue d’un cessez-le-feu, ont fait six morts.
En dépit du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le groupe armé Hezbollah, Israël a continué de mener régulièrement des attaques militaires et de causer de vastes destructions au Liban. Le HCDH a confirmé que 103 civil·e·s avaient été tués au Liban entre le début du cessez-le-feu de novembre 2024 et septembre 2025.
Des travaux de recherche menés par Amnesty International ont montré que l’armée israélienne avait détruit ou endommagé plus de 10 000 structures civiles ainsi que des terres agricoles dans le sud du Liban entre octobre 2024 et janvier 2025, soit avant et après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Le 18 mars, les Houthis, un groupe armé opérant au Yémen, ont repris leurs attaques de drones et leurs tirs de missiles contre Israël. Entre mai et septembre, Israël a mené des frappes contre des infrastructures majeures du nord du Yémen, tuant et blessant, semble-t-il, des centaines de civil·e·s.
Au Yémen, les conflits en cours ont continué d’aggraver les crises économique et humanitaire dévastatrices. Amnesty International a recueilli des informations sur une frappe aérienne états-unienne contre un centre de détention pour personnes migrantes de Saada, dans le nord-ouest du pays, qui a fait des dizaines de morts et de blessés parmi les migrants africains détenus là par les autorités houthies de facto – une attaque qui mériterait de faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre.
D’intenses combats ont éclaté sporadiquement en Syrie au cours de l’année 2025. Le
6 mars, des groupes armés affiliés à l’ancien gouvernement ont attaqué des sites des forces de sécurité et de l’armée dans les gouvernorats côtiers à majorité alaouite. Face à ces attaques, l’État, avec l’appui de milices, a lancé une contre-offensive, qui a conduit à des massacres dans lesquels environ 1 400 personnes, principalement des civil·e·s, ont trouvé la mort, notamment des membres de la communauté alaouite tués par les forces progouvernementales pour des raisons religieuses.
Des affrontements entre des combattants druzes et bédouins ont eu lieu dans le sud de la Syrie en juillet. Après l’intervention des autorités dans le gouvernorat de Soueïda, Amnesty International a recueilli des informations faisant état de l’exécution extrajudiciaire de 46 hommes et femmes druzes en deux jours, au mois de juillet, par les forces gouvernementales et leurs alliés. Israël a aussi mené des frappes contre Soueïda à la même période, et Amnesty International a reçu des renseignements dignes de foi indiquant que des violations avaient aussi été commises par d’autres parties aux combats. L’organisation a notamment eu connaissance de l’enlèvement d’un travailleur humanitaire par des groupes armés druzes. En Libye, des affrontements armés ont éclaté à Tripoli le 12 mai entre des milices rivales dans des zones résidentielles densément peuplées ; des armes de gros calibre, notamment des canons antiaériens, ont été utilisées de manière imprécise et inappropriée. Une ONG de Tripoli a fait savoir que 53 civil·e·s avaient trouvé la mort dans ces affrontements.
Toutes les parties à des conflits armés doivent respecter le droit international humanitaire, et en particulier cesser les attaques directes contre les populations ou les infrastructures civiles, ainsi que les attaques disproportionnées ou menées sans discernement. Les gouvernements étrangers doivent interrompre les transferts d’armes dès lors qu’il existe un risque prépondérant que celles-ci soient utilisées pour commettre ou faciliter un génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire et relatif aux droits humains.
Plusieurs États de la région ont eu de plus en plus recours à des pratiques autoritaires en 2025, sévissant contre un large éventail de droits humains et élargissant leur répression de la dissidence, notamment en ligne.
En Tunisie, les autorités ont intensifié les mesures de répression à l’encontre des personnes qui exprimaient des points de vue dissidents, s’attaquant notamment à des organisations et des personnes œuvrant en faveur des droits humains, ainsi qu’à des membres du personnel d’ONG. Des opposant·e·s au régime ont été condamnés à de lourdes peines au titre de la législation contre le terrorisme ou la cybercriminalité, à l’issue de procès collectifs motivés par des considérations politiques. En novembre, la cour d’appel de Tunis a confirmé les peines allant jusqu’à 45 ans d’emprisonnement qui avaient été prononcées contre des personnalités de l’ensemble du spectre politique d’opposition, des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s dans le cadre de la tristement célèbre « affaire du complot », à l’issue d’un procès entaché d’irrégularités. Le décret-loi no 54 a été utilisé pour réduire au silence des journalistes, des utilisateurs et utilisatrices de réseaux sociaux, des avocat·e·s et des militant·e·s qui exprimaient des opinions dissidentes. En Égypte, les autorités ont continué d’étouffer les associations indépendantes de la société civile et les médias et de punir toute critique du régime. Les forces de sécurité ont arrêté arbitrairement des journalistes, des chercheurs et chercheuses et des dissident·e·s, et les ont soumis à des disparitions forcées, à la détention au secret, ainsi qu’à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements.
La répression à la fois dure et généralisée de la dissidence s’est poursuivie dans les États du Golfe. L’Arabie saoudite a sévèrement restreint les droits à la liberté d’expression et d’association. Des détracteurs et détractrices du régime et des défenseur·e·s des droits humains ont été confrontés à des condamnations à de longues peines de prison, des procès manifestement inéquitables, des interdictions arbitraires de quitter le pays et un recours accru à la peine capitale. Le sultanat d’Oman voisin a adopté une nouvelle loi relative à la citoyenneté, qui permettait aux autorités de déchoir de sa nationalité omanaise toute personne ayant « offensé » l’État ou son sultan, ou appartenant à un groupe, un parti ou une organisation adhérant à des principes « portant atteinte aux intérêts du pays ». La liberté de la presse a aussi été soumise à davantage de restrictions.
En Irak, les autorités se sont appuyées sur des dispositions juridiques formulées en termes vagues, rendant passibles de poursuites les « contenus indécents » et les atteintes à la
« moralité publique », pour s’en prendre à des dissident·e·s, des militant·e·s et des médias indépendants. En mai, la Commission jordanienne des médias a bloqué 12 sites Internet de médias locaux et étrangers, pour « propagation de poison médiatique et attaque de la Jordanie et de ses symboles nationaux ». Selon le Centre palestinien pour le développement et la liberté des médias, 12 journalistes ont été détenus par la police palestinienne pendant des périodes allant de quelques heures à deux semaines, durant lesquelles ils ont été interrogés au sujet de leur travail.
Dans toute la région, les autorités ont réprimé des manifestations pacifiques en les interdisant ou en les dispersant de force.
En Algérie, la police a arrêté arbitrairement des manifestant·e·s pacifiques en janvier et en février, lors de grèves et de manifestations en faveur des droits des travailleuses et travailleurs. Pendant les manifestations qui ont commencé le 28 décembre à Téhéran et se sont rapidement étendues à tout le pays, les forces de sécurité ont eu recours à une force illégale (armes à feu, fusils à plomb, gaz lacrymogène et coups) pour disperser des manifestant·e·s majoritairement pacifiques qui réclamaient la chute du régime de la République islamique, faisant des morts et des blessés graves. En Palestine, les services de sécurité dirigés par le Hamas ont détenu arbitrairement et torturé des manifestant·e·s qui avaient organisé des manifestations pacifiques à Beit Lahia en mars et en avril.
Les gouvernements doivent respecter les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, notamment en veillant à ce que les journalistes, les défenseur·e·s des droits humains et les militant·e·s puissent jouir de ces droits sans subir de poursuites ni de harcèlement, et en libérant les personnes détenues pour les avoir exercés.
Des procès inéquitables et d’autres violations des droits humains ont entaché la probité des systèmes judiciaires de toute la région. En Égypte et en Libye, en dépit de quelques libérations attendues de longue date, des milliers de personnes étaient toujours détenues arbitrairement sans justification juridique ou à l’issue de procès inéquitables, dans un contexte marqué par des disparitions forcées, des actes de torture et autres mauvais traitements, et le recours à la détention au secret. En Iran, le pouvoir judiciaire n’était pas indépendant et se rendait complice de disparitions forcées et d’actes de torture.
En Tunisie, la justice manquait d’indépendance, et des tribunaux ont prononcé de lourdes peines à l’issue de procès collectifs inéquitables. En février, le tribunal de première instance de Tunis a décidé que les prochains procès pour « terrorisme » se dérouleraient en visioconférence et que les prévenu·e·s y participeraient depuis leur prison. Des avocat·e·s représentant des membres de l’opposition politique et des victimes de violations des droits humains ont été la cible d’enquêtes judiciaires sur la base d’accusations fallacieuses, notamment la « diffusion de fausses nouvelles ».
Dans la région du Kurdistan irakien, un tribunal a condamné en août Sherwan Sherwani, journaliste renommé, à une nouvelle peine de quatre ans et demi d’emprisonnement pour des accusations fallacieuses, quelques jours avant la date à laquelle il devait être libéré. Sa nouvelle déclaration de culpabilité relevait d’une pratique bien établie du pouvoir judiciaire qui consistait à prolonger, à la faveur de charges successives, la détention de journalistes, de militant·e·s et de personnes critiques à l’égard du régime.
Les autorités égyptiennes ont continué à renvoyer devant des chambres pénales spéciales chargées de juger les actes de terrorisme des journalistes, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et d’autres personnes qui se trouvaient en détention provisoire prolongée en lien avec des accusations de terrorisme, souvent pour le seul fait d’avoir exercé leurs droits humains. Ces tribunaux bafouaient systématiquement les normes relatives à l’équité des procès.
En Jordanie, des milliers de personnes ont été maintenues en détention administrative après avoir été qualifiées de « danger pour la population » par des gouverneurs locaux. Elles étaient détenues sans inculpation ni possibilité de contester la légalité de leur détention devant un organe judiciaire.
En Algérie, les autorités judiciaires ont bafoué à plusieurs reprises le droit à un procès équitable en plaçant des personnes en détention provisoire de manière injustifiée, en faisant comparaître des prévenu·e·s sans en informer leur avocat·e et en procédant à des audiences expéditives.
En Iran, les procès étaient systématiquement inéquitables, ce qui conférait un caractère arbitraire aux détentions et aux exécutions. Une nouvelle loi sur l’espionnage a fragilisé encore davantage les droits en matière d’équité des procès.
Les autorités doivent garantir les droits en matière d’équité des procès, respecter l’indépendance du pouvoir judiciaire et s’abstenir d’utiliser le système judiciaire de façon abusive pour réprimer la dissidence.
La plupart des pays de la région ont prononcé des sentences capitales en 2025.
En Iran, le nombre d’exécutions enregistrées a été le plus élevé depuis des dizaines d’années. Cette augmentation était due au recours accru à la peine de mort comme instrument de répression politique, et aux politiques meurtrières de lutte contre les stupéfiants. Des exécutions collectives ont déclenché des sit-in et des grèves de la faim dans les prisons. L’« adultère » restait passible de la lapidation à mort. Les membres de minorités ethniques étaient toujours touchés de façon disproportionnée par la peine capitale.
L’Arabie saoudite a exécuté des centaines de personnes pour de multiples infractions, notamment des infractions liées aux stupéfiants et au « terrorisme ». La plupart des personnes exécutées pour des infractions à la législation sur les stupéfiants étaient de nationalité étrangère, et avaient de ce fait encore plus de difficultés à bénéficier d’un procès équitable. Les chiites constituaient une proportion très importante des personnes exécutées pour « terrorisme ». De nombreuses exécutions étaient en lien avec des infractions au titre du tazir (peine discrétionnaire prononcée en vertu de la charia), alors que la loi n’imposait pas la peine capitale pour ces infractions. Fait particulièrement préoccupant, l’Arabie saoudite a exécuté au moins deux jeunes hommes pour des crimes qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient mineurs.
Des exécutions ont aussi eu lieu en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Irak et au Koweït. L’Algérie et le Koweït ont élargi le champ d’application de la peine capitale aux infractions liées aux stupéfiants.
Les États doivent instaurer immédiatement un moratoire officiel sur les exécutions, en vue d’abolir la peine capitale.
La région était le théâtre de graves crises économique et sociale, sur fond de conflits, de tensions financières et de changement climatique, et en l’absence de système universel de protection sociale. Les populations les plus durement touchées étaient celles qui étaient déjà défavorisées. Elles vivaient dans des conditions qui mettaient à mal leurs droits économiques et sociaux, notamment à la santé, à l’eau, au logement et à un niveau de vie suffisant. Les personnes qui manifestaient pour revendiquer leurs droits socioéconomiques se heurtaient souvent à la répression.
Les millions de personnes vivant dans la pauvreté en Égypte ont été confrontées à de nouvelles difficultés. En août, les autorités égyptiennes ont adopté une législation qui mettait fin aux baux de location conclus de longue date, et ont décrété d’autres mesures qui risquaient de rendre les logements inabordables pour les personnes à faible revenu. Des ouvriers du secteur de l’habillement qui avaient entamé une grève en janvier ont été arrêtés puis licenciés.
Les gouvernements de plusieurs pays, dont les États du Golfe, ont manqué à leur obligation de protéger les travailleuses et travailleurs migrants faiblement rémunérés contre des conditions de travail confinant à l’exploitation extrême et d’autres atteintes aux droits humains, et les ont privés du droit de constituer des syndicats indépendants.
L’arrêt brutal et irresponsable de l’aide internationale accordée par le gouvernement des États-Unis en début d’année a mis en danger la santé et les droits fondamentaux de millions de personnes qui dépendaient de l’aide humanitaire dans la région. Au Yémen, des travailleuses et travailleurs humanitaires ont expliqué à Amnesty International que la décision des États-Unis d’opérer des coupes dans le financement de l’aide internationale avait entraîné la fermeture de services d’aide et de protection vitaux, notamment en matière de traitement de la malnutrition chez les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes, de lieux d’accueil sécurisés pour les victimes de violences fondées sur le genre, et de soins médicaux à destination des enfants souffrant du choléra ou d’autres maladies.
Les États doivent respecter les droits économiques et sociaux, notamment en mettant en place des systèmes de protection sociale universelle permettant à tout le monde, y compris aux groupes marginalisés, d’accéder à un niveau de vie suffisant, en particulier à l’alimentation, à l’eau et au logement, ainsi qu’aux services essentiels comme les soins de santé et l’éducation. Les États doivent également respecter le droit des travailleuses et des travailleurs de former des syndicats indépendants ou d’y adhérer, ainsi que leur droit de faire grève, et étendre les protections prévues par le droit du travail à l’ensemble des travailleuses et travailleurs migrants.
La région a continué de subir les conséquences préjudiciables et souvent potentiellement mortelles du changement climatique, telles que les phénomènes météorologiques extrêmes et la pénurie d’eau, ainsi que celles de la mauvaise gestion environnementale. La Jordanie, le Liban, le Maroc et la Syrie figuraient parmi les pays confrontés à une grave crise hydrique, qui compromettait les droits à l’eau, à la santé et à un niveau de vie suffisant, et touchait de manière disproportionnée les populations rurales, les personnes réfugiées et les ménages à faible revenu.
Les autorités iraniennes n’ont pas pris de mesures suffisantes pour lutter contre les dégradations de l’environnement dans le pays, qui avaient un effet disproportionné sur les populations marginalisées. La crise se manifestait par l’appauvrissement des écosystèmes, l’épuisement de nappes phréatiques, la pollution de l’eau, la déforestation, des affaissements de terrain, la baisse des réserves en eau, le déclin de la santé des sols et la pollution de l’air – autant de facteurs qui ont contribué à des milliers de décès.
Dans le même temps, les États riches en pétrole et en gaz de la région n’ont pas pris de mesures adéquates pour mettre un terme au changement climatique, en atténuer les effets ou apporter une aide suffisante aux personnes les plus touchées. Bahreïn a augmenté sa production de pétrole et de gaz, le Koweït était toujours parmi les plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre par habitant·e, le Qatar est demeuré l’un des principaux exportateurs de gaz naturel liquéfié de la planète et l’Arabie saoudite s’est maintenue parmi les 10 premiers émetteurs au monde de carbone par habitant·e.
Les destructions provoquées par Israël à Gaza ont libéré des substances toxiques dans les systèmes hydriques, causant une pollution durable.
Les États doivent prendre de toute urgence des mesures pour atténuer la crise climatique, notamment en réduisant leurs émissions de carbone et en cessant d’extraire et d’utiliser des combustibles fossiles.
En 2025, les crises politique, humanitaire et économique aux effets dévastateurs ont poussé un nombre croissant de personnes à quitter leur foyer pour aller chercher la sécurité ailleurs. Pour beaucoup, cela s’est traduit par de nouvelles violations de leurs droits humains. Des millions de personnes sont restées ou devenues déplacées en Irak, en Israël, au Liban, en Libye, en Palestine, en Syrie et au Yémen. Dans un certain nombre de pays, les personnes déplacées voyaient couramment leurs droits bafoués par des acteurs étatiques et/ou non étatiques. Partout en Libye, les forces de sécurité, des milices, ainsi que des groupes armés et d’autres acteurs non étatiques, ont cette année encore commis des atteintes aux droits humains systématiques et généralisées à l’encontre de personnes réfugiées ou migrantes, en toute impunité. Au cours de l’année, les gardes-côtes libyens, qui opéraient avec l’appui de l’UE dans l’ouest du pays, ainsi que les Forces navales spéciales libyennes affiliées aux Forces armées arabes libyennes (FAAL) et le groupe armé Tarik Ben Zeyad, actifs dans l’est du pays, ont intercepté en mer plus de 25 000 personnes, soit plus que l’année précédente, et les ont renvoyées de force en Libye.
L’Irak comptait plus d’un million de personnes déplacées, qui ont vu leurs conditions de vie se dégrader encore à mesure que leur déplacement se prolongeait ; beaucoup peinaient en effet à accéder à des services indispensables, dont les soins de santé, l’eau et le logement. Les conditions de vie se sont détériorées aussi dans les camps de personnes déplacées du Kurdistan irakien.
Plus de 1,8 million d’Afghan·e·s, dont des mineur·e·s non accompagnés et séparés de leur famille, ont été expulsés illégalement ou renvoyés de force en Afghanistan par les autorités iraniennes. Cette campagne d’expulsions massives s’est accompagnée de violentes interventions des forces de sécurité dans des habitations, d’opérations d’interpellation et de fouille, et d’arrestations arbitraires. Les Afghan·e·s restés en Iran étaient confrontés à des violences et des discriminations généralisées.
En Tunisie, les politiques en matière d’immigration et d’asile étaient marquées par des violations généralisées des droits humains, dont les victimes étaient principalement des personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes noires. Des parlementaires et des personnalités étatiques ont tenu en public des propos qui ont alimenté les violences racistes à l’encontre des migrant·e·s noirs. Les expulsions collectives et illégales vers l’Algérie et la Libye au péril de la vie des personnes étaient courantes. Elles faisaient souvent suite à des interceptions en mer conduites de façon dangereuse ou à des arrestations ciblées s’appuyant sur critères raciaux, et s’accompagnaient fréquemment d’actes de torture et d’autres mauvais traitements, notamment des violences sexuelles déshumanisantes. L’État a maintenu la suspension de l’accès aux procédures d’asile, aggravant ainsi les violations des droits fondamentaux des personnes demandeuses d’asile ou réfugiées.
À partir du mois d’avril, les forces de sécurité algériennes ont multiplié les arrestations massives et les expulsions collectives de personnes migrantes, demandeuses d’asile ou réfugiées noires ou racisées. Après leur expulsion forcée et collective par les autorités tunisiennes et algériennes, des centaines de personnes réfugiées ou migrantes ont été arrêtées arbitrairement en Libye où, comme des milliers d’autres personnes réfugiées ou migrantes, elles ont été placées en détention pour une durée indéterminée dans des conditions cruelles et inhumaines et soumises à des actes de torture et d’autres mauvais traitements.
Les autorités doivent mettre fin aux détentions et expulsions illégales de personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, respecter les principes de « non-refoulement » et de non-discrimination, et aider les personnes déplacées qui le souhaitent à rentrer chez elles en toute sécurité.
Femmes et filles
Les femmes et les filles étaient toujours en butte à la discrimination dans la législation et dans la pratique, notamment concernant leur droit de circuler librement, leur droit à la liberté d’expression, leur droit de disposer de leur corps, leurs droits en matière de succession et de divorce, et leur accès aux fonctions politiques et à l’emploi. Les violences fondées sur le genre, y compris les féminicides, demeuraient une pratique courante et profondément ancrée, et dans aucun pays les autorités n’ont pris les mesures nécessaires pour remédier à l’impunité dont bénéficiaient les auteurs de ces crimes.
En Irak, le Parlement a renforcé l’autorité d’un courant religieux en matière de droit de la famille, notamment de mariage et de divorce, ce qui aggravait les tensions religieuses et augmentait les risques pour les droits des femmes. Par ailleurs, il n’a pas érigé la violence domestique en infraction, ni abrogé les articles problématiques et discriminatoires du Code pénal, comme ceux qui faisaient de « l’honneur » une circonstance atténuante pour les homicides et ceux qui autorisaient les châtiments corporels. La violence domestique et les autres formes de violences fondées sur le genre étaient toujours monnaie courante.
Les autorités iraniennes continuaient de traiter les femmes et les filles comme des citoyennes de seconde zone. Celles-ci étaient privées de l’égalité des droits en matière de mariage, de divorce, de transmission de nationalité et de garde des enfants, d’emploi, de succession et d’accès aux fonctions politiques. L’âge minimum légal du mariage était toujours fixé à 13 ans pour les filles. La résistance généralisée au port obligatoire du voile a obligé les autorités à cesser les arrestations collectives et violentes en public auxquelles elles s’étaient livrées les années précédentes et à suspendre la mise en œuvre d’une nouvelle loi relative au port du voile. Elles ont cependant continué d’utiliser les lois et réglementations existantes pour faire appliquer l’obligation de porter le voile sur les lieux de travail, dans les universités et dans d’autres institutions du secteur public. Les femmes et les filles qui ne s’y conformaient pas risquaient constamment d’être harcelées, agressées, arrêtées arbitrairement, soumises à des amendes, licenciées ou exclues du système éducatif.
Personnes LGBTQIA+
Dans de nombreux pays de la région, des personnes ont encore été arrêtées et poursuivies en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, et certaines se sont vu infliger de lourdes peines pour avoir eu de leur plein gré des relations sexuelles avec une personne du même sexe.
Les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe et les rapports anaux constituaient une infraction au regard du Code pénal yéménite, qui prévoyait notamment des peines d’emprisonnement et de mort par lapidation. En Algérie et au Maroc, les autorités ont continué à poursuivre des adultes pour des relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe ; en Tunisie, ces poursuites se sont intensifiées.
Minorités ethniques ou religieuses
Dans toute la région, les membres de minorités nationales, ethniques ou religieuses étaient en butte à une discrimination profondément enracinée à la fois dans la législation et dans la pratique, notamment en ce qui concernait le droit de pratiquer leur culte et celui de vivre à l’abri des persécutions et autres graves atteintes aux droits humains.
En Iran, les minorités ethniques subissaient toujours une discrimination qui entravait leur accès à l’éducation, à l’emploi, à un logement décent et aux fonctions politiques, ainsi que d’autres violations des droits humains. Des membres de minorités religieuses dans ce pays ont été visés par des détentions arbitraires, des poursuites judiciaires injustes, ainsi que des actes de torture et d’autres mauvais traitements, pour avoir professé ou pratiqué leur foi.
Dans le district de Koufra, en Libye, entre août et octobre, la police affiliée aux FAAL et le bataillon Subul al Salam, un groupe armé placé sous le commandement des FAAL, se sont rendus coupables d’homicides illégaux, d’arrestations arbitraires et de disparitions forcées sur la personne de membres de la communauté toubou en raison de leur appartenance ethnique.
Les États doivent mettre un terme à la discrimination fondée sur la nationalité, l’origine ethnique, la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre. Ils doivent mettre en œuvre des réformes juridiques et politiques destinées à garantir l’égalité des droits pour tous et toutes, sans discrimination, et visant à protéger, défendre et garantir les droits à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction.