Rapport annuel 2025/26

Résumé régional Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les conflits armés, le recours croissant à des pratiques autoritaires, les crises économique, sociale et climatique, ainsi que le génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, ont eu des conséquences dévastatrices pour des millions de personnes dans toute la région en 2025, en particulier les populations marginalisées.

Israël a commis de nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont un génocide, contre les Palestinien·ne·s à Gaza. Le génocide s’est poursuivi après le cessez-le-feu du 9 octobre. Israël a détruit ou fortement endommagé pratiquement tous les logements, bâtiments historiques et infrastructures civiles de Gaza, imposant délibérément des conditions de vie destinées à détruire physiquement la population palestinienne de Gaza. Il a notamment maintenu et accentué le blocus illégal en place depuis 18 ans, qu’il utilisait pour priver systématiquement les Palestinien·ne·s d’accès à l’aide humanitaire et à d’autres biens et services essentiels et orchestrer une catastrophe humanitaire. L’immense majorité des deux millions de Palestinien·ne·s de Gaza étaient illégalement déplacés, affamés et privés de soins médicaux adéquats et d’abri.

Par ailleurs, Israël a lancé des attaques militaires contre l’Iran, le Liban, le Qatar, la Syrie et le Yémen, dont certaines ont tué ou blessé des civil·e·s. Dans le sud du Liban, Israël a détruit de nombreux biens de caractère civil. Le système d’apartheid imposé par Israël à tous les Palestinien·ne·s a fait de nombreuses victimes, en particulier en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, du fait d’opérations militaires de haute intensité et d’une forte augmentation des violences commises par des colons avec le soutien de l’État.

Les manifestations de grande ampleur contre le génocide perpétré par Israël se sont multipliées dans le monde entier. Un large éventail d’organisations, d’organes internationaux et d’États ont reconnu qu’Israël était en train de commettre un génocide. Néanmoins, les États du monde entier n’ont pas pris de véritables mesures pour mettre un terme au génocide ou faire cesser l’occupation illégale de territoires par Israël.

Dans toute la région, des gouvernements et des groupes armés non étatiques ont réprimé l’opposition, et certains États ont eu de plus en plus recours à des pratiques autoritaires. Les autorités ont détenu, torturé et poursuivi injustement des détracteurs·trices et des opposant·e·s, auxquels elles ont infligé de lourdes sanctions, dont la peine de mort. Parmi les personnes fréquemment prises pour cible figuraient des journalistes, des dissident·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des militant·e·s en faveur des droits des femmes et des syndicalistes.

En Syrie, la chute du régime de Bachar el Assad fin 2024 a ouvert une brèche pour l’espace civique et la justice de transition. D’importantes difficultés demeuraient néanmoins, notamment s’agissant de rendre justice pour les homicides à caractère religieux et de créer un environnement propice à une société civile florissante.

Qu’elle soit fondée sur le genre, la race, la nationalité, l’appartenance ethnique, la religion, l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression de genre, ou encore la classe sociale, la discrimination a continué de briser la vie de millions de personnes dans l’ensemble de la région. Plusieurs pays ont intensifié les violations des droits humains à l’encontre des personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrantes.

En dépit des conséquences de plus en plus catastrophiques de la crise climatique, les principaux pays producteurs d’énergies fossiles de la région ont maintenu, voire accru, leur niveau de production.

Principales violations recensées en 2025