Pour qu'il y ait rapport sexuel, il faut le consentement des deux partenaires.© Hayley Seibel / unsplash
Pour qu'il y ait rapport sexuel, il faut le consentement des deux partenaires.© Hayley Seibel / unsplash
Violences sexuelles

Mythes et réalités de la notion de consentement en matière de droit pénal

Depuis le 1er juillet 2024, le principe dit du « non, c'est non » s'applique en Suisse. Les actes sexuels sont désormais punissables s'ils sont commis contre la volonté manifeste d'une personne, même en l'absence de recours à la violence ou à la contrainte.

Malgré cette réforme, le droit pénal en matière sexuelle reste incomplet du point de vue des droits humains. Amnesty International et de nombreuses organisations spécialisées avaient réclamé une réglementation expressément fondée sur le consentement («Seul un oui est un oui»), selon laquelle tout acte sexuel sans consentement volontaire serait considéré comme une agression. Cette nouvelle loi constitue donc un progrès, mais elle ne répond pas encore aux normes internationales en matière de droits de l'homme, qui placent systématiquement la protection de l'autodétermination sexuelle au centre de leurs préoccupations. D'autres pays l'ont déjà fait, comme l'Espagne ou la France. 

Lorsqu'il est question du principe du « oui signifie oui », on entend régulièrement des affirmations concernant un prétendu « renversement de la charge de la preuve » ou une atteinte aux principes de l'État de droit. Ces débats montrent à quel point il reste important d'adopter une approche objective et pourquoi il est toujours nécessaire d'examiner d'un œil critique les idées reçues qui circulent autour du principe du consentement en droit pénal sexuel.  

Les arguments suivants ont été régulièrement avancés au cours du débat politique qui a précédé la révision du droit pénal en matière sexuelle. Un examen de la situation juridique après la révision de la loi montre que bon nombre de ces craintes étaient infondées.