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Déclaration universelle des droits humains

La DUDH, transposée dans un langage plus inclusif et moins discriminatoire

À l'occasion du 75e anniversaire de la DUDH, nous publions cette version de la déclaration dans un langage plus inclusif et moins discriminatoire. En effet, la rédaction de la DUDH a eu lieu à une autre époque : le masculin générique allait de soi dans la langue française (excluant ainsi non seulement les femmes, mais aussi toutes les identités de genre non masculines). De plus, le monde était encore profondément marqué par le colonialisme, les représentations racistes étaient omni-présentes dans la langue et la reconnaissance des personnes LGBTQIA+ était encore lointaine.

Pourquoi une nouvelle version? Quels changements avons-nous introduits?

La Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) est née en 1948 de la volonté de ne jamais voir se répéter les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Avec la DUDH, l'Assemblée générale des Nations unies (ONU) a adopté des principes qui garantissent les droits de chaque individu·e·x partout dans le monde. Cette DUDH est considérée comme la base de la législation internationale en matière de droits humains. Elle a ensuite été concrétisée par une série de traités internationaux, tels que la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination (1965), la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979), la Convention contre la torture (1984) et d'autres encore.

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C'est pourquoi nous avons prudemment adapté la DUDH sous une forme qui inclut notamment tous les genres, évite la terminologie raciste et ne répète pas les stéréotypes de genre. Nous n'avons toutefois pas modifié les paragraphes qui auraient conduit à une réinterprétation de l'intention initiale. Le langage reste donc complexe en raison de la terminologie juridique − il ne s'agit donc pas d'une version vulgarisée de la DUDH. Notre version plus inclusive et non discriminatoire est une tentative de transposer les principes et les valeurs de la DUDH dans le monde d'aujourd'hui, afin de pouvoir en discuter, mais aussi de la remettre en question de manière critique.

La DUDH (version retravaillée dans un langage inclusif)

[1] L’adelphité est une alternative inclusive aux termes fraternité (solidarité entre frères) et sororité (solidarité entre sœurs), en ce qu’il englobe l’ensemble des genres.

[2] Race : Construction sociale et non une réalité qui visait à établir une classification entre les soi-disant différentes races. Le concept de race est utilisé ici, car bien que celle-ci soit une construction sociale, elle a des effets sociaux, en particulier en termes d’inégalités sociales et de discriminations.

[3] Couleur, voir colorisme dans le glossaire:  À la différence du racisme, même s'il en est issu, le colorisme est une discrimination basée uniquement sur le teint de la peau. Plus la peau d’un·e·x individu·e·x est claire, plus ce dernier est valorisé.

[4] Sexe : Le sexe d’une personne est l’ensemble des caractéristiques biologiques et physiologiques qui font que cette personne est considérée comme femelle, mâle ou intersexuée.

[5] Genre : Le genre d’une personne est déterminé par le rôle social, les comportements, les activités et les attributs qu’elle adopte et qui font qu’elle est considérée comme femme, homme ou androgyne, selon les normes en vigueur dans une société donnée à un moment donné.

[6] Cela pourrait notamment concerner l’orientation sexuelle, l’âge et la présence d’un ou de plusieurs handicaps (cette liste n’est pas exhaustive).

[7] Replacement du terme original de « maternité » afin d’inclure différents schémas familiaux.

[8] Dans la version originale, il est spécifié « qu'iels soient né·e·x·s dans le mariage ou hors mariage ».