Malgré des appels répétés au dialogue et à la réforme, l’arrestation et le maintien en détention de Menzi Bongeka Bhembe s’inscrivent dans un contexte plus large de répression systémique en Eswatini, caractérisée par la réduction de l'espace civique et par l’utilisation de plus en plus fréquente de la Loi relative à la répression du terrorisme de 2008, contre l’opposition politique pacifique et dans le but de criminaliser la liberté d’expression, d’association et de réunion, contribuant à un effet dissuasif sur les droits humains et l'état de droit.
Cette loi contient des définitions trop larges du terrorisme et a été largement dénoncée, car elle a permis la persécution d’opposants politiques, de responsables étudiants, de journalistes et de défenseur·e·s des droits humains. L’arrestation de Menzi Bongeka Bhembe relève de pratiques établies, dans le cadre desquelles le gouvernement de l’Eswatini qualifie l’opposition pacifique de «terrorisme» afin de justifier arrestations, surveillance et détentions provisoires prolongées. Cela inclut l’assassinat en 2023 de Thulani Maseko, avocat de renom, et la condamnation, en 2024, de Mduduzi Bacede Mabuza et Mthandeni Dube, députés favorables à la démocratie, à respectivement 85 et 58 ans de prison, sur la base de charges similaires relatives au terrorisme.
Amnesty International demande régulièrement l’abrogation ou la réforme en urgence de la Loi relative à la répression du terrorisme, afin de garantir le respect des obligations de l’Eswatini en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui garantissent les droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression et de réunion pacifique.
Défendez les droits de Menzi Bongeka Bhembe et envoyez une lettre d'appel → par e-mail ou X/Twitter ou par poste via l'ambassade (cibles/adresses voir sous ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX). Postez dans les réseaux sociaux.
→ Délai pour prendre action: 9 août 2026.
→ Veuillez écrire en anglais ou dans votre propre langue.
Veuillez ajouter votre nom (ou vos initiales) à la fin du message. Vous pouvez également adapter le message et/ou mettre p.ex. en évidence les revendications et le nom.
Pour éviter que les emails ne finissent dans les spams, il est conseillé de changer le titre du sujet.
Sous ADRESSES, vous trouverez d'autres personnes cibles importants à qui vous pouvez adresser un appel séparé.
Si l'envoi ne fonctionne pas: remplacez la virgule (,) entre les adresses email par un point-virgule (;) ou prenez une adresse par ligne à la fois.
Votre Excellence,
Je vous écris afin d’exprimer ma préoccupation au sujet de la détention arbitraire, depuis deux ans, de Menzi Bongeka Bhembe, étudiant et militant âgé de 26 ans, qui a été arrêté et inculpé en vertu de la Loi relative à la répression du terrorisme, adoptée par l’Eswatini en 2008.
Le 16 janvier 2024, des policiers ont arrêté Menzi Bongeka Bhembe à son domicile familial à Ka-Phunga, dans la région de Shiselweni, sans présenter de mandat et alors que ses proches étaient sur place. Initialement placé en détention en vertu de la Loi sur la procédure pénale et la preuve, et plus tard inculpé au titre de la Loi de 2008 relative à la répression du terrorisme, notamment de la section 11(1) (appel ou soutien à une organisation interdite), en relation avec son soutien présumé au parti politique interdit PUDEMO et avec la distribution de tracts, et de la section 20 (organisation d’une réunion de soutien à une organisation interdite ou participation à celle-ci). Ces charges semblent découler du militantisme étudiant pacifique de Menzi Bongeka Bhembe, et il n’existe aucune preuve qu'il ait commis, préparé ou prôné le moindre acte de violence.
Amnesty International déplore en outre la manière dont Menzi Bongeka Bhembe a été arrêté et incarcéré, qui est contraire aux garanties internationales d’équité des procès. Spécifiquement, les autorités n’ont pas respecté la section 23 de la Loi relative à la répression du terrorisme (autorisation, registres de détention, normes en termes de motifs raisonnables, et limites règlementaires), et des procédures ont été ouvertes sans le consentement écrit du procureur général, qui est requis par la section 28(4) de cette loi pour les infractions retenues. Des annexes montrent que l’enquête s’est poursuivie pendant plusieurs mois après l’arrestation (des activités de criminalistique et de collecte d’éléments de preuve ont été recensées entre mars et juillet 2024), indiquant que cette affaire n’était pas en état d’être jugée quand il a été privé de liberté. Le 30 septembre 2025, Menzi Bongeka Bhembe s’est vu refuser une libération sous caution, ce qui est contraire à la présomption d’innocence. Ces manquements étaient incompatibles avec la Constitution de l’Eswatini, en particulier avec la section 16 (liberté personnelle) et la section 21 (procès équitable), ainsi qu’avec les obligations de l’Eswatini en vertu de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment l’article 6 (liberté), et l’article 7(1)(a), (b) et (d) (droit d’être informé des charges, d’être jugé dans un délai raisonnable, et présomption d’innocence). Ils sont aussi en relation avec le droit à la liberté d’expression (Constitution, section 24 ; Charte africaine, article 9) dans la mesure où le comportement présumé concerne l’expression politique pacifique.
À la lumière de ce qui précède, je vous exhorte à veiller à ce que Menzi Bongeka Bhembe soit libéré immédiatement et sans condition, et à abandonner toutes les charges qui pèsent sur lui. Je demande par ailleurs que la Loi relative à la répression du terrorisme ne soit pas utilisée pour criminaliser l’opposition et le militantisme pacifiques.
Veuillez agréer, votre Excellence, l’expression de ma haute considération.
Dear Honourable Minister,
I am writing to express concern about the two-year arbitrary detention of Menzi Bongeka Bhembe, a 26-year-old university student and activist who was arrested and charged under Eswatini’s Suppression of Terrorism Act of 2008.
On 16 January 2024, police arrested Menzi Bongeka Bhembe at his family home in Ka-Phunga, in Eswatini’s Shiselweni Region, without a warrant and in the presence of his relatives. He was initially detained under the Criminal Procedure and Evidence Act and later charged under the 2008 Suppression of Terrorism Act (STA), including section 11(1) (soliciting or giving support to a proscribed organisation) related to alleged support for banned political party, PUDEMO and the distribution of political pamphlets, and (in the alternative) section 20 (arranging/attending a meeting in support of a proscribed organisation). These charges appear to stem from Menzi Bongeka Bhembe’s peaceful student organising, and there is no evidence that he committed, planned, or incited any act of violence.
Amnesty International is further concerned by the manner of Menzi Bongeka Bhembe’s arrest and detention, which failed to meet international fair trial safeguards. Specifically, authorities did not comply with STA section 23 (authorisation, custody records, reasonable-grounds standard, and statutory time limits), and proceedings were initiated without the Attorney-General’s written consent required by STA section 28(4) for specified offences. Annexed records show the investigation continued for months after the arrest (forensic and exhibit activity dated March–July 2024), indicating the case was not trial-ready when liberty was curtailed. On 30 September 2025, Menzi Bongeka Bhembe was refused bail, contrary to the presumption of innocence. These defects are incompatible with Eswatini’s Constitution, including section 16 (personal liberty) and section 21 (fair hearing), and with Eswatini’s international human rights obligations under the African Charter on Human and Peoples’ Rights, notably Article 6 (liberty) and Article 7(1)(a), (b) and (d) (being informed of charges, trial within a reasonable time, and presumption of innocence). They also engage the right to freedom of expression (Constitution section 24; African Charter Article 9) insofar as the conduct alleged concerns peaceful political expression.
In light of the above, I urge you to ensure the immediate and unconditional release of Menzi Bongeka Bhembe and to drop all charges against him. I further request that the STA not be used to criminalise peaceful dissent and activism.
Yours sincerely,
Eswatini Government: @EswatiniGovern1
Ministry of Justice: @MoJCA_Eswatini
Prime Minister: @RussellMDlamini
1.)
A Swazi student activist, Menzi Bongeka Bhembe, has been arbitrarily detained for over two years under the Suppression of Terrorism Act without due process. This is not justice. It is repression. We demand his immediate and unconditional release. #FreeMenziNow #JusticeForMenzi #Eswatini #HumanRights [Link to UA]
2.)
Students should be in classrooms, not in prison cells. Menzi Bongeka Bhembe’s arrest under Eswatini’s repressive terrorism law is unlawful. Join us in calling for his release. #FreeMenziNow #Eswatini #YouthVoicesMatter [Link to UA]
3.)
The world must not look away. Eswatini continues to abuse anti-terror laws to silence peaceful dissent. It has shown that when student activist Menzi Bhembe was arrested in January 2024 and remains held in arbitrary detention. Join the call to #FreeMenziNow and end the repression.
#JusticeForMenzi #AcademicFreedom [Link to UA]
#FreeMenziNow
#JusticeForMenzi
#Eswatini
#YouthVoicesMatter
#AcademicFreedom
#StopTheRepression
Ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles:
Minister of Justice and Constitutional Affairs
Hon. HRH Prince Simelane
E-mail: simelanedlamini4@gmail.com
avec copie à: Under Secretary, Ms. Gugu V.Nsibande
E-mail: nsibandegugu@yahoo.com
Cibles supplémentaires:
Cibles - à agir via les réseaux sociaux:
Eswatini Government: @EswatiniGovern1
Ministry of Justice: @MoJCA_Eswatini
Prime Minister: @RussellMDlamini
Cibles pour des appels:
Director of Public Prosecution
Ms Lomvula Hlophe
E-mail: hlomvula@yahoo.com
Inter-Ministerial Office
Mhlambanyatsi/Usuthu Link Road
P.O. Box 10
Mbabane
Eswatini
Fax: (+268) 2404 5617
Procureur général d'Eswatini (Attorney-General):
Mbuso Simelane
E-mail: simelaneme@gmail.com
→ La loi antiterroriste exige l'accord écrit du procureur général avant toute arrestation ou détention en vertu de cette loi. Dans le cas de Menzi Bhembe, cette garantie a manifestement été contournée. Il convient d'exhorter le procureur général à rejeter toute justification rétroactive de détention illégale et à faire respecter les normes constitutionnelles, procédurales et internationales relatives aux droits humains.
Ambassade du Royaume d'Eswatini
Chemin William Barbey 51
1292 Chambésy
Fax: 022 758 94 24
E-mail: contact@missionofeswatini.ch
→
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• MODÈLE DE LETTRE FRANÇAIS 007/26
• MODEL LETTER ENGLISH 007/26
CETTE ACTION URGENTE COMPLÈTE (WORD):
(Page 1 informations, page 2 modèle de lettre)
• UA 007/26 – FRANÇAIS
• UA 007/26 – ENGLISH
→ Utilisez un modèle de lettre à disposition ci-bas ou écrivez avec vos propres mots
→ Options d'envoi et personne(s) cible(s) voir: ADRESSES et GUIDE RÉSEAUX SOCIAUX
→ Frais d'envoi par poste: Europe = CHF 1.90 / tous les autres pays = CHF 2.50
→ Vous trouvez plus d'informations quant à la participation aux actions de lettre ici
English version (click on title to open):
Menzi Bongeka Bhembe, a 26-year-old university student and activist, was arrested on 16 January 2024 and charged under Eswatini’s 2008 Suppression of Terrorism Act. He has been held in arbitrary detention for over two years in violation of due process guarantees, in what appears to be a politically motivated attempt to suppress student activism. Eswatini authorities must immediately and unconditionally release Menzi Bongeka Bhembe and drop all charges against him as he is detained solely for the peaceful exercise of his human rights.
Despite repeated calls for dialogue and reform, Menzi Bongeka Bhembe’s arrest and continued detention takes place in a broader context of systemic repression in Eswatini, with a shrinking civic space and where the authorities have increasingly used the Suppression of Terrorism Act (STA) of 2008 to target peaceful political dissent and criminalise freedom of expression, association, and assembly, contributing to a chilling effect on human rights and the rule of law.
The STA contains overly broad definitions of terrorism and has been widely condemned for enabling the persecution of political opponents, student leaders, journalists, and human rights defenders. The arrest of Menzi Bongeka Bhembe is part of a larger pattern in which the Eswatini government labels peaceful dissent as «terrorism» to justify arrests, surveillance, and lengthy pre-trial detention. This includes the 2023 assassination of prominent lawyer Thulani Maseko and the 2024 convictions of pro-democracy MPs Mduduzi Bacede Mabuza and Mthandeni Dube, who were sentenced to 85 and 58 years respectively under similar anti-terrorism charges.
Amnesty International has consistently called for the repeal or urgent reform of the STA to ensure compliance with Eswatini’s obligations under the International Covenant on Civil and Political Rights and the African Charter on Human and Peoples’ Rights, which guarantee the rights to liberty, a fair trial, and freedom of expression and peaceful assembly.
Write an appeal in your own words or use the model letter below. You find a ready-to-print model letter under
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→ SOCIAL MEDIA GUIDE
→ Please take action before 9 August 2026.
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