Porträt einer alten Schwarzen Frau.
Viele Menschen werden wegen ihrer Hautfarbe diskriminiert. © UNHCR/E. Denholm © UNHCR/E. Denholm

Qu’est-ce que la discrimination ?

La discrimination s’attaque au principe fondamental de l’égalité et de la dignité de tous les êtres humains. Lorsqu’une personne est systématiquement désavantagée en raison de son origine, de son identité ou d’autres caractéristiques, ce sont les droits humains et la démocratie qui vacillent.

La discrimination repose toujours sur le même mécanisme : certaines personnes se voient attribuer moins de valeur, moins de droits et moins de possibilités de participation. Or, l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme consacre l’égalité et la dignité de touxtes comme fondement des droits humains.  

Les personnes discriminées subissent des désavantages en raison de caractéristiques individuelles ou collectives et se voient systématiquement privées de l’exercice de leurs droits. Les droits humains exigent l’égalité de traitement et la protection contre toute forme de discrimination ; ce principe est ancré tant dans les conventions internationales que dans la Constitution fédérale suisse. 

Une action constitue une discrimination au sens juridique si elle remplit les critères suivants : 

  • Une personne ou un groupe est désavantagé ou traité de manière moins favorable,
  • en raison d’une caractéristique individuelle ou collective,
  • sans justification objective et légitime,
  • et ses droits humains en sont restreints. 

La discrimination désigne un traitement inégal injustifié qui porte atteinte à la dignité des personnes, leur refuse des chances égales, les exclut systématiquement ou limite l’exercice de leurs droits. 

Le traitement inégal doit se fonder sur une caractéristique illégitime, telle que :

  • l’origine ethnique,
  • la religion,
  • l’origine nationale ou sociale,
  • la langue,
  • l’apparence physique,
  • l’ascendance,
  • le sexe, l’orientation sexuelle,
  • l’âge,
  • le handicap. 

Ces caractéristiques ne sont pas toujours identiques selon les sources juridiques. Dans le droit, la liste se termine souvent par une formule ouverte comme « ou d’autres caractéristiques ». 

Toutefois, toute différence de traitement n’est pas automatiquement discriminatoire. Si une action repose sur un intérêt public légitime (comme la protection de la santé publique), qu’elle est justifiée par des raisons objectives et proportionnée (adaptée, nécessaire et raisonnable), elle ne constitue pas une discrimination. La question de la proportionnalité est souvent controversée et doit être examinée avec soin. 

Les formes de discrimination 

La discrimination peut prendre différentes formes : 

  • Distinction : par exemple, lorsque les jeunes hommes noirs sont systématiquement ou plus souvent contrôlés. 
  • Exclusion : par exemple, l’absence de documents d’identité pour les Yéniches, les Sinti ou les Roms. 
  • Restriction : par exemple, le refus de la liberté de réunion pour les personnes LGBTIQ+. 
  • Préférence : par exemple, l’attribution prioritaire de logements aux personnes suisses. 
  • Séparation : par exemple, des classes scolaires distinctes pour les enfants réfugiés. 
  • Refus d’aménagements raisonnables : par exemple, des bâtiments publics non accessibles. 

La discrimination peut être ouverte ou subtile, individuelle ou structurelle, et se manifester dans tous les domaines de la vie : travail, éducation, logement, santé ou participation politique. 

  • Discrimination directe : une personne est désavantagée immédiatement en raison d’une caractéristique (ex. : refus d’accès en raison de son origine). 
  • Discrimination indirecte : une règle apparemment neutre désavantage en réalité certains groupes (ex. : des exigences qui excluent systématiquement certaines personnes). 
  • Discrimination structurelle : les inégalités sont ancrées dans les systèmes, institutions ou routines de la société. 
  • Diffamation raciste ou dévalorisante : des propos publics qui portent atteinte à la dignité humaine. 

 

Protection juridique contre la discrimination 

Les États ont l’obligation d’interdire la discrimination, de promouvoir l’égalité et de garantir aux victimes l’accès à des voies de recours efficaces. Les interdictions de discrimination et les obligations d’égalité, générales ou spécifiques à certains groupes, sont ancrées dans de nombreuses conventions internationales, ainsi que dans la Constitution fédérale suisse et les lois nationales. 

Conventions internationales contre la discrimination auxquelles la Suisse est liée : 

 


Discrimination et protection contre la discrimination en Suisse 

Législation nationale contre la discrimination : 

  • Constitution fédérale (art. 8) : interdit la discrimination fondée, entre autres, sur l’origine, le sexe, l’âge, la langue, la situation sociale, le mode de vie, la religion, les convictions ou le handicap. 
  • Loi sur l’égalité (LEg) : protège contre la discrimination fondée sur le sexe dans la vie professionnelle. 
  • Loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand) : impose l’accessibilité et protège les personnes en situation de handicap. 
  • Norme pénale contre la discrimination raciale (art. 261bis CP) : interdit l’incitation à la haine raciale et les propos discriminatoires publics. 

Un vide juridique persistant  

La Suisse manque cependant d’une loi générale contre la discrimination. Les mécanismes de protection existants sont complexes, fragmentés et laissent souvent les victimes sans recours. Cette lacune est régulièrement critiquée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. 

Vers une protection globale  

La Suisse a besoin d’une protection exhaustive contre la discrimination, incluant toutes les personnes et identifiant clairement les inégalités de traitement. Une loi générale contre la discrimination serait une étape décisive : 

  • elle créerait une sécurité juridique,
  • renforcerait les droits des victimes,
  • obligerait les institutions à agir,
  • et enverrait un signal clair. 

 


Enjeux sociétaux 

La discrimination ne blesse pas seulement des individus – elle affaiblit toute la société. Elle sape la justice sociale, la démocratie, l’État de droit et la confiance dans les institutions. Les États ont donc le devoir de prévenir la discrimination, de protéger les victimes, de garantir des recours juridiques efficaces et de promouvoir activement l’égalité réelle. 

Ce n’est qu’en reconnaissant la discrimination comme un problème fondamental commun – une atteinte à la dignité humaine et aux droits humains universels – que nous pourrons la combattre efficacement, ici comme ailleurs. C’est pourquoi nous nous associons à plusieurs autres organisations dans l’idée de faire tendre nos politiques vers une loi générale contre la discrimination.