Ein dunkler schmutziger Gang mit Türen, die wohl in Zellen führten
© Amnesty International

Introduction au thème de la torture

Qu'est-ce que la torture? Dans quelle mesure est-elle répandue? Et que fait Amnesty International contre la torture et les mauvais traitements?

Definition de la torture

Selon la Convention contre la torture de l’ONU, la torture est définie comme tout acte intentionnel :

  • par lequel une douleur ou des souffrances physiques ou mentales sont infligées à une personne ;
  • dans le but d’obtenir des informations ou des aveux, de punir, d’intimider ou de faire pression sur une personne ;
  • pratiqué par l’Etat ou avec son consentement.

Les méthodes de torture sont multiples. Elles peuvent être physiques, comme les coups et les électrochocs, ainsi que sexuelles, par un viol ou des agressions sexuelles. Elles peuvent également être psychologiques, comme la privation de sommeil ou l'isolement prolongé.

Condamnée dans le monde entier…

La torture et les mauvais traitements sont interdits dans le monde entier. Cette interdiction s'applique en toutes circonstances et sans exception. Elle fait partie des principes fondamentaux du droit international. La plupart des États ont adhéré à des conventions qui interdisent la torture et les mauvais traitements, par exemple le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ou la Convention des Nations Unies contre la torture. Amnesty International s'est d’ailleurs fortement engagée en faveur de son adoption.

Certains États, dont la Suisse, ne condamnent pas la torture dans leurs lois nationales. Amnesty International demande aux États d'intégrer l'interdiction de la torture dans leur législation afin de pouvoir prévenir et poursuivre plus efficacement les personnes qui y ont recours. (Link Text CH Vernehmlassung)

… mais répandue partout

Malgré son interdiction dans les conventions internationales, l’utilisation de la torture subsiste dans le monde entier. Entre janvier 2009 et mai 2013, Amnesty International a recensé des cas de torture dans 141 pays de toutes les régions du monde.

Il est impossible de justifier l’utilisation de la torture. C’est un acte barbare et inhumain, qui remplace l'État de droit par la terreur. Personne n'est en sécurité lorsque les gouvernements autorisent ou participent à son utilisation.

Des cas notables de torture dans le cadre de la “guerre contre le terrorisme” ont conduit à propager la croyance erronée selon laquelle la torture est principalement utilisée pour défendre la sécurité nationale.

Les enquêtes menées par Amnesty montrent toutefois que la torture peut toucher tout le monde : des membres de minorité ethniques, des délinquant·e·x·s, des manifestant·e·x·s ou simplement des personnes se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment.

Ce sont généralement les personnes pauvres et marginalisées qui sont battues, humiliées ou violées par la police, car personne n'est là pour les protéger ou entendre leurs appels à l'aide.

Un sondage d’opinion mondial sur la torture révèle que près de la moitié des personnes interrogées craignent d'être torturées après une arrestation.

Que fait Amnesty contre la torture?

La torture se déroule généralement secrètement, dans des cellules de police, des salles d'interrogatoire ou des prisons. Depuis plus de 50 ans, Amnesty International documente les cas de torture, dénonce les responsables et aide les victimes à obtenir justice.

Nous informons les gens de leurs droits et veillons à ce que les gouvernements qui recourent à la torture ne restent pas impunis.

Nous nous engageons également en faveur de la mise en œuvre de mesures visant à protéger les personnes contre la torture et à traduire les responsables en justice. Cela comprend notamment des contrôles indépendants de centres de détention, la surveillance d’interrogatoires, l'accès immédiat à des avocats et aux tribunaux, des visites et la communication avec les membres de la famille, ainsi que des enquêtes approfondies et efficaces sur les allégations de torture.

Enfin, nous luttons pour que justice soit rendue aux victimes de torture, comme Moses Akatugba : des policiers nigérians l'avaient contraint à avouer sous la torture, après quoi il a passé dix ans dans le couloir de la mort. Tout cela pour le vol de trois téléphones portables. Dans le cadre de la campagne Stop Torture d'Amnesty, plus de 800 000 personnes à travers le monde ont écrit au gouverneur compétent pour lui demander de libérer Moses. Avec succès ! Après sa libération, Moses écrit pour remercier tous ceux qui s'étaient engagés en sa faveur : « Je ne connaissais pas ces militants auparavant, je ne les avais jamais vus, mais j'ai appelé à l'aide et ils ont réagi massivement pour me sauver. Je ne savais pas que les gens pouvaient encore éprouver autant d'amour pour leurs semblables. »

Amnesty International a reçu le prix Nobel de la paix en 1977 pour son engagement en faveur des droits humains, en particulier sa lutte contre la torture.

La torture, c'est des outils...

Personne ne devrait tirer profit de la souffrance. Pourtant, des matraques à pointes aux gilets électriques en passant par les menottes pour les pouces, les « instruments de torture » continuent d'être commercialisés dans le monde entier. Des entreprises vendent également des équipements tels que des menottes, des matraques et des bombes lacrymogènes, à des forces de sécurité qui les utilisent à des fins de torture. 

Grâce aux campagnes menées depuis des années par Amnesty International, l'Union européenne a adopté en 2006 le premier règlement juridiquement contraignant au monde, qui vise à contrôler le commerce des « instruments de torture ». Nous militons désormais en faveur d'une réglementation internationale ayant pour but d’interdire la fabrication et la vente d'instruments de torture. Il est grand temps que la communauté internationale prenne des mesures pour contrôler ce commerce honteux.

... des méthodes

Lorsque nous pensons à la torture et aux mauvais traitements, nous avons souvent à l'esprit des méthodes telles que le maintien dans des positions inconfortables, les électrochocs et le waterboarding. Ces pratiques barbares sont malheureusement encore courantes dans de nombreux pays. Mais la torture et les mauvais traitements comprennent également des méthodes telles que les conditions de détention inhumaines, l'isolement cellulaire et le refus de soins médicaux.  

Voici un exemple de la prison de Saydnaya en Syrie. D'ancienn·e·x·s détenus ont rapporté avoir été entassé ·e·x·s dans des cellules sales et surpeuplées, sans accès à l'air frais, à la lumière du soleil ou à la ventilation, et avoir été torturé ·e·x·s dès leur arrestation. Des milliers de personnes sont mortes dans cette prison militaire. Beaucoup ont été pendues lors d'exécutions collectives secrètes, d'autres sont mortes de maladie ou de faim, ou ont été torturées à mort.

Les recherches menées par Amnesty International ont contribué à mettre au jour les horreurs qui se cachent derrière les murs de Saydnaya.

La torture dans la guerre contre le terrorisme

Dans le monde entier, les prisons secrètes de la CIA et le camp de détention de Guantánamo Bay sont devenus le symbole de la torture et d'autres violations graves des droits humains commises par le gouvernement américain au nom de la lutte contre le terrorisme. Des centaines de personnes ont été détenues sans inculpation et torturées à l'aide de méthodes telles que le waterboarding, la privation de sommeil, le maintien dans des positions inconfortables, la musique forte en continu et de faire rester les détenu·e·x·s dans des températures glaciales.

Amnesty International s'est engagée sans relâche pour la fermeture du centre de détention de Guantánamo et pour exiger la vérité sur les violations des droits humains commises dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Pourqoi abolir la torture?

Le recours à la torture impacte non seulement durablement et négativement les personnes qui la subissent, mais aussi l'État de droit. Elle contribue à affaiblir le système pénal et mine la confiance du public dans les institutions publiques et l'État qu'elles représentent.

Elle cause aux victimes des souffrances et des douleurs aiguës qui persistent longtemps après la fin des actes de torture.

Et cela ne fonctionne pas.

Pourqoi la torture ne fonctionne-t-elle pas?

Un mythe très répandu au sujet de la torture est qu'elle serait parfois le seul moyen d'obtenir des informations susceptibles de sauver des vies. 

Les États disposent d'une multitude de moyens pour recueillir des informations sur des crimes, passés ou futurs, sans pour autant perdre leur humanité. La torture est de ce fait un moyen abject et irraisonné d'obtenir des informations.

Partout dans le monde, certaines personnes ou régimes utilisent la torture pour obtenir des aveux. Or, les informations ainsi obtenues ne sont pas fiables. Sous la torture, les gens sont prêts à dire n'importe quoi pour que la douleur cesse, en l’occurence, ce qu'ils pensent que leurs tortionnaires veulent entendre.

Réparations pour les victimes de torture

Les victimes de torture souffrent d'une série de séquelles dévastatrices à long terme. Les souffrances physiques et psychologiques qui leur ont été infligées peuvent entraîner des douleurs chroniques et des handicaps, des troubles de stress post-traumatique (ou post-traumatic stress disorder, PTSD en anglais) ainsi que de la dépression. C'est pourquoi il est extrêmement important que les personnes qui ont été torturées aient accès à une forme de réparation et que les responsables de la torture soient traduits en justice.

La réparation peut inclure des soins médicaux, des conseils, une compensation financière, une réadaptation ou une aide à la réinsertion dans la société.

Amnesty International aide les victimes de torture à obtenir justice. Ángel Colón, libéré en octobre 2014, près de six ans après avoir été torturé et injustement emprisonné au Mexique, en est un exemple. Plus de 20 000 sympathisant·e·x·s d'Amnesty ont réclamé sa libération. Ángel nous a transmis un message : “A tous ceux qui me témoignent leur solidarité et qui luttent contre la torture et la discrimination [...] : « Restez vigilants. Un nouvel horizon s'ouvre. »”